‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 28 sur 241 · I. Annual regisler, i8a6, p. i4o-i, i · texte numérisé non relu

I. Annual regisler, i8a6, p. i4o-i, i

a. Charles G. F. Greville, A journal of Ihe reigns of King George IV and King William /V, 3 vol. in-8°, Londres, 1876, II, p. 347-49.

restaient favorables à l'émancipation, en disant: a Fiat justitia, ruât cœlum ! »

Les mœurs de la génération anglaise qui arrive au pouvoir vers i83o sont plus douces que celles de son aînée ; il lui est pénible de savoir que l'on contraint par force des créatures humaines à travailler, car alors, comme le dit Spencer Walpole, « l'humanité et le libéralisme commencent à devenir à la mode*».

Cependant les colons, prévoyant la perturbation que la suppression de l'esclavage allait jeter dans leurs exploitations, s'y opposaient énergiquement. Aux pétitions abolitionnistes, les planteurs de Trinidad opposaient en i832 des contre-pétitions et les adressaient à la Chambre des Communes ; ceux de Maurice contraignaient un fonctionnaire partisan de la réforme à quitter l'île, et ceux de Sainte-Lucie suspendaient toute relation avec leur gouverneur*.

Mais leur cause était, en dehors de toute considéralion philanthropique, compromise par un motif économique : la diminution de leur commerce avec la métropole. Alors qu'en i8i4, il représentait un sixième du trafic total de la Grande-Bretagne, en i833, il ne compte plus que pour un quinzième. Les colons, propriétaires d'esclaves, sont devenus des clients de second ordre pour lesquels on cesse d'avoir des égards'.

On connaît l'issue de la lutte. Le i6 mai i833, le secrétaire d'État des colonies, lord Stanley, présenta à la Chambre des Communes, un bill d'abolition graduelle, qui ne satisfit entièrement ni les (( West In-

I . A hislory of England, from the conclusion of the great war in iSiJy 8 vol. m-8o, 1878-90, III, p. 174. a. Annual registePt i83a, p. 271-72.

Page 1