I. Alexander, Narrative^ I, p
3. Bunbury, Journal, p. 27. — Mac Gall Theal, Hisiory of S, Africa (i834-i854), p. 7.
L'INVASION GAFRE 85
fonctionnaire le pouvoir d'appeler les habitants de sa circonscription aux armes et de les former en commando en vue de la défense commune*, mais le parti négrophile prétendant que le moindre fonctionnaire aurait grâce à cette ordonnance la faculté de déclarer la guerre avait insisté auprès du secrétaire d'Etat des colonies, lord Stanley, pour qu'il en refusât la ratification, et il avait réussi. Le 27 novembre i833, lord Stanley avait ordonné au nouveau gouverneur, sir Benjamin d'Urban de rapporter l'ordonnance ^ La faveur dont les nègres jouissaient manifestement auprès du gouvernement paralysa donc la défense.
Alexander rapporte à ce sujet une scène bien significative qui se passa dans la première semaine de la campagne entre le colonel Harry Smith et un field commandant du Tarka, nommé van Wijk. Le colonel Smith avait ordonné au field commandant de rassembler les Boers de son district et de repousser l'ennemi. « Il faut monsieur, dit-il, que j'aie une permission. — Une permission I pourquoi? crie le colonel. — Une permission pour tirer sur les Cafres, monsieur. — Que diable, n'avons-nous pas la guerre .^. Allez y, tuez autant de Cafres que vous pourrez. — Plus souvent, reprit avec obstination le colon, en se tournant vers le major Mitchell [Michell] alors quarter master gênerai, je serais tué par le gouvernement, si je le faisais, et tous mes biens seraient confisqués. — C'est absurde, s'écria le colonel, entrez en campagne immédiatement. — Parfaitement, monsieur, et je vais le faire, mais avant de presser la détente de mon fusil, il faut que j'aie tout
I. Papers relative to the condition and treatment ofthe native inhabitants oj Southern Africa, part II, p. 61.
3 . Papers relative ...to the native inhabitants of Southern Africa, 11 , p. 64-65.
cela en noir sur blanc. » Et il ne partit qu'avec une autorisation dûment signée par le colonel Smith ^
Il y eut bien quelques cas isolés de résistance : un certain Jacobus Buurman et les deux frères Ferraira, cernés dans un buisson par plusieurs centaines de Cafres et n'ayant que deux fusils pour trois, se défendirent si courageusement qu'on eut le temps d'accourir à leur secours ^ ; mais il ne se forma pas spontanément de commandos de colons, pour arrêter l'invasion. Le sauve-quipeut fut général vers les petites places fortes de Port- Elizabeth, Uitenhage, Bathurst, Grahamstown, Somerset East^ (carte 4).
Sitôt que la nouvelle de l'invasion parvint au Cap^ sir Benjamin d'Urban envoya son subordonné immédiat, le lieutenant-colonel Harry Smith, à Grahamstow^n avec pleins pouvoirs pour organiser la défense. Parti du Cap le i^' janvier 1 835, Smith atteignit Grahamstown le 6, ayant couvert en six jours 6oo milles, soit plus de 960 kilomètres et accompli sans fatigue une chevauchée, dont il fut parlé en son temps *.
D'éléments disparates, fantassins et artilleurs anglais, troupes noires nommées « Cape Mounted rifles »,. Holtentots recrutés, armés et instruits en hâte, colons