‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 51 sur 241 · Mac CallTheal, History of South AJrica (i834-i854), p · texte numérisé non relu

Mac CallTheal, History of South AJrica (i834-i854), p

LA FORMATION DES BANDES D'ÉMIGRANTS i07

mena son fils Paul, le futur président de la République Sud-africaine. Jacobus Uys composa une bande uniquement de sa famille, de ses fils, filles, gendres, brus, et petits-enfants. C'était en abrégé l'exode d'une nation .

Nous rie connaissons que dans quelques cas le nombre des individus qui composèrent ces bandes ; celle de Trichard comprenait 97 personnes, celle d'Hendrik Potgieter environ 200, celle de Pieter Retief

Comme moyen de transport, les Boers se servirent du chariot à quatre roues traîné par des bœufs. La bande de Trichard n'en possédait qu'une trentaine, mais celle de Gerrit Maritz plus de cent. Ce chariot, large d'un mètre et long de cinq et demi, est fait d'une planche horizontale et de deux autres, placées perpendiculairement à la première, qui sont fixées sur le train de derrière, et pivotent sur celui de devant. Les diverses parties sont maintenues ensemble non par des écrous de fer, mais par des courroies et des taquets, de sorte que dans les chutes, le chariot se disloque, mais ne se brise pas. Quinze cerceaux supportent deux toiles superposées, la première peinte et imperméable, la seconde blanche,; à l'intérieur quatre caisses, une devant qui sert de siège, une derrière, deux sur les côtés. Ce chariot, qui peut transporter des charges de i 5oo à 2 000 kilogrammes, est. traîné par dix bœufs au minimum, et souvent, par dix-huit ou vingt, parmi lesquels on attelle au timon les deux bêtes les plus intelligentes et les mieux dressées. Il y a généralement deux conducteurs, l'un qui guide le joug de tête, l'autre qui reste assis sur le siège, lance des interjections, interpelle les bœufs par leurs noms et le^ touche de son immense fouet. « Les Boers Sud-africains tiennent à honneur de bien savoir

suprême et difficilement accessible de « field commandant*. »

Au moment où éclata la guerre cafre de i834, il possédait sur la frontière orientale un domaine, qui, comme tant d'autres, fut ravagé par les sauvages. Estimant qu'en conséquence des ordres de lord Glenelg, ceux-ci pourraient dorénavant impunément accomplir leurs méfaits, il se décida à le vendre et à émigrer ^.

Il était relativement bien plus instruit que la majorité de ses compatriotes ; il parlait l'anglais et l'écrivait ; son Manifeste du 22 janvier 1887 dont nous avons cité des extraits au chapitre précédent est précis, net, et même éloquent dans sa simplicité. Si la qualification d' « homme extraordinaire », que Delegorgue lui applique', est exagérée, il est certain que sa supériorité s'imposa à ses compagnons d'émigration, qui, on le verra plus loin, le choisirent pour chef.

Les fonctionnaires anglais du Cap n'usèrent pas de violence pour retenir les colons. Le bruit s'étant répandu parmi ces derniers qu'on interdirait leur départ en vertu d'une certaine loi de ne exeàt regno, quand Andries Stockenstrom, nommé par lord Glenelg lieutenant gouverneur des provinces de l'Est, arriva à Uitenhage, ils l'interrogèrent sur ce sujet. Il répondit qu'il ne connaissait point de loi défendant à un sujet du roi de

1. Nous ignorons combien il y avait de « field commandants » en i835, mais en 181 5 il y en avait 4 pour le district de Graatf Reinet, i pour celui d*Uitenhage, 2 pour celui de Tulbagh, i pour celui de George, soit 8 pour toute la colonie. Extracts from ihe Court calendar for the year 181 5, in Leibbrandt, Tke rébellion of i8i5, p. 981 et suiv.

2. Henry Gloete, Five lectures on the émigration of the dutch farmers from the Colony of the Cape of Good Hope, etc.^ p. 79-80.

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