‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 52 sur 241 · Voyage, I, p · texte numérisé non relu

Voyage, I, p

LA FORMATION DES BANDES D'ÉMIGRANTS Hl

quitter le territoire britannique et qu'une telle loi, si elle existait, serait tyrannique et oppressive. Vattorney gênerai, Anthony Oliphant, dont l'opinion en matière de droit faisait autorité, déclara de même qu'il ne serait pas juste d'empêcher des gens mécontents de leur sort d'aller chercher ailleurs une vie plus agréable, que des émigrants quittaient en grand nombre l'Angleterre pour les États-Unis, et qu'il n'y avait aucun moyen légal de s'opposer au départ des Boers *.

D'ailleurs, après la décision de lord Glenelg, qui équivalait à laisser la frontière orientale ouverte aux Gafres, le départ des colons ne dut pas causer un grand étonnement à sir Benjamin d'Urban. Il les plaignait ouvertement, et le 8 juin i836, quoiqu'il dût certainement se sentir déjà en disgrâce, il demanda au secrétaire d'État des colonies « une compensation pour les dommages inouïs éprouvés par ces fidèles sujets ».

Il déplora que la frontière fut privée de défenseurs dont la valeur lui était bien connue, mais il ne donna aucun ordre pour les contraindre à rester. Il savait qu'il n'y avait qu'un moyen de les retenir, qui était de les protéger. Il y avait entre eux et lui identité de vue sur la politique à appliquer aux nègres et quand, en i835, il avait, la guerre finie, traversé les districts précédemment envahis par les sauvages, les colons s'étaient empressés, nous l'avons dit', de lui témoigner leur approbation. Il écrivit donc simplement, le 19 août i836, au lieutenant-gouverneur Stockenstrom « qu'il ne voyait pas d'autre façon d'arrêter l'émigration des fermiers que

1. Voigt, Fifty years of the history of the Republic in South Africa (1795-1845), I, p. 260 et 268.

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