Lichtenstein, Reisen im siidlichen Africay I, p. i6o
3. Région située entre le rivage de l'océan indien et la rive droite de la Great Fish river (carte 4).
4. Lettre de Jennings et Bresler, membres de la Commission of Circuit, à lord Somerset, ao septembre i8i6. Leibbrandt, The rébellion o/ i8i5> p. 854*
tée. Quand on est inslruit de leurs mœurs nomades, on s'étonne moins qu'ils se soient résignés à émigrer.
Pendant que ses compatriotes se dispersaient sur le plateau transorangien, Hendrik Potgieter accomplissait une expédition lointaine dans le Nord.
Des expéditions du même genre, ayant pour objet l'exploration du pays, la chasse à l'éléphant ou le pillage des nègres étaient depuis longtemps en usage parmi les colons du Cap. La plus anciennement connue eut lieu en 1702 : quarante cinq colons partis de Stellenbosch s'avancèrent jusqu'au delà de la Groot Visch rivier [Great Fish river] et restèrent. sept mois absents. Or, comme les Boers, après avoir quitté la colonie, ne changèrent rien à leurs mœurs, ils entreprirent dans l'immense région inconnue qui s'ouvrait devant eux, des expéditions analogues à celles qu'accomplissaient leurs ancêtres en Cafrerie et dans le pays des Namaquas.
Le 24 mai i836, Hendrik Potgieter partit donc, avec onze compagnons d'un camp voisin de la Zand rivier, pour explorer le pays jusqu'à la baie de Delagoa.
Ils arrivèrent dans le Zoutpansberg et retrouvèrent le camp de Trichard ; tournant ensuite vers le Sud-Est, ils franchirent l'extrémité septentrionale des Drakensbergen et arrivèrent à un village de Magouambas, qu'ils surnommèrent Knobneuzen, les nez boutonneux, à cause de certains tatouages en relief, dont ces indigènes s'embellissaient le visage. Ils y virent des produits européens, venus de Lourenço Marquez, et des nègres qui parlaient portugais. Pendant leur voyage, Potgieter et ses compagnons remarquèrent que le pays situé au Nord du Vaal était couvert de pâturages propices à l'élevage du bétail, très giboyeux, ce qui leur permettrait de se livrer à la chasse, leur exercice favori, et enfin à peu
LA FORMATION DES BANDES D'ÉMIGRANTS ii9
près complètement inhabité. Ils ne descendirent pas jusqu'à la baie de Delagoa, mais reprirent la direction du Sud pour rejoindre leurs familles.
En arrivant, le 2 septembre i836, au Sud du Vaal, ils apprirent que deux groupes de leurs compatriotes avaient été massacrés par les Matabélés, une peuplade dont les rares indigènes rencontrés sur leur route leur avaient déjà parlé, et toujours avec terreur \