‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 60 sur 241 · CHAPITRE II LES MATABÉLÉS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II LES MATABÉLÉS

Vers i820,.Chaka, chef des Zoulous, avait fondé sur les bords de l'océan Indien, au Sud de la baie de Sainte- Lucie, une puissance militaire, irrésistible aux autres peuplades indigènes*. A une date que nous n'avons pas réussi à préciser, un de ses lieutenants, nommé Mosélékatsi^, se révolta contre lui^ et entraîna à sa suite les Zoulous placés directement sous son commandement ; il traversa les Drakensbergen, ravagea et dépeupla l'Est de la colonie actuelle de l'Orange et le Sud du Transvaal ; il s arrêta enfin près du Marico,

1. On trouvera plus loin Thistoire des Zoulous, 3^ partie, chap. i.

2. Les formes européennes de transcription du nom de ce chef indigène ont été extrêmement variées. MotFat le nomme Moselekatsi, Moselekatse ou Mousselckatsi ; Andrew Smith, Umsiligas ; Harris, Moselekatse; Isaacs, Umzilikat; Gardiner, Umselekaz; Delegorgue, Massilicatzi; Cloete, Mazulekatze \ les Boers qu'Harris rencontra en janvier 1887 l'appelaient Sillekat. Nous avons adopté la forme Mosélékatsi.

3. D'après MofTat, la rupture aurait été provoquée par le refus de Mosélékatsi de remettre à Chaka tout le butin rapporté d'une expédition de pillage accomplie « parmi les tribus du Nord ». Vingttrois ans de séjour dans le Sud de l'Afrique, p. 345. — Gardiner dit simplement: « Durant le règne de Gliaka, prédécesseur du présent roi [Dingan], une scission eut lieu. » Narrative of a journey ta the Zoolu country, p. 5i.

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affluent de gauche du haut Limpopo ou Krokodil rivier, où il fonda le village de Kapaïn.

Mosélékatsi a été considéré par les Européens en relation avec lui de 1829 à i836, par les voyageurs Andrew Smith et Harris, par les missionnaires Moffat et Wilson, comme le type du despote nègre gonflé de son importance, sanguinaire et superstitieux. L^adulation de ses sujets n'avait pas de bornes : pour passer devant lui, ils se courbaient en deux * ; pour l'approcher, ils rampaient sur le sol et en sa présence, ils s'agenouillaient. « Cieux ! roi des cieux ! rois des rois I grosse montagne ! lion I éléphant ! mangeur d'hommes * I » w Qui ne tremblerait devant le fils de Machobane, puissant dans les batailles ! Que sont les puissants de la terre en présence de notre grand roi.»^ Que devient la force des forêts devant le grand éléphant ^ ? » Tel était le style des formules dans lesquelles les Matabélés s'adressaient à lui.

Pendant les danses, auxquelles il assista en 1829, Moffat remarqua « que tous tenaient leurs regards fixés avec une admiration tremblante sur le monarque placé au centre, qui réglait les mouvements de ces milliers d'hommes par une agitation de la tête ou sur un signe delà main* ». Il appelait ses sujets ses « chiens" » et disposait à son gré de leurs femmes. « Tous sont également pauvres, dit Harris, et ils ne possèdent rien en

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