Harris, p, i8o
Matabélés avaient pris leur formation de combat habituelle : deux corps en masse l'un derrière l'autre à un certain intervalle, puis en tête du premier corps, deux files d'éclaireurs. Les Boers à cheval usèrent de la tactique suivante : il couraient sus aux éclaireurs de tête, tiraient sur eux, puis tournaient bride, rechargeaient leurs fusils, revenaient, tiraient et renouvelaient leur manœuvre. Ils retardèrent ainsi les Matabélés, mais ne les arrêtèrent pas. Ils s'enfermèrent alors dans leur camp, entravèrent leurs chevaux, lavèrent leurs fusils et entendirent une courte allocution religieuse prononcée par Carel Cilliers. Les Matabélés se jetèrent sur le camp mais le rempart de voitures résista. Les Boers chargeaient leurs fusils à éléphant, leurs roers, avec du gros plomb, tiraient sans relâche et juste ; ils mirent rapidement beaucoup d'assaillants hors de combat. Impuissants à forcer le camp, les Matabélés lancèrent leurs sagaies en l'air, de façon à les laisser retomber au milieu et, par cette lactique, ils tuèrent deux Boers ; les toits des voitures ressemblerait en quelques minutes à des pelotes hérissées d'aiguilles. Enfin, après une demiheure d'assaut, ils lâchèrent pied et .emmenèrent le bétail des Boers, qui paissait dans le voisinage. Potgieter les poursuivit, mais sans réussir à le reprendre* et le i®"* novembre i836, Harris rencontra ces troupeaux, cinq à six mille bêtes environ, que l'armée matabélée poussait vers Kapaïn^. Cette bataille de Vecht Kop fut livrée pendant la dernière décade d'octobre i836^ (carte 5).
1. Mac Call Theal, Hislory of South Africa (i835-i854)f p. loi-