Harris, The wild sports, p. i8i
3. Sur la date du combat, Harris se contredit. Il le place, (p. 356) au 29 octobre i836, mais le 26 octobre pendant qu'il ré-
Les Matabélés avalent fait de lourdes pertes. « Lorsque leur armée fut de retour de cette expédition » écrit le missionnaire américain établi à Mosega « on n'entendit dans le pays pendant plusieurs semaines que lamentations au sujet des hommes morts dans le combat. Une bonne partie des habitants des villages voisins, que nous connaissions, avaient été tués, plusieurs étaient revenus blessés ; quelques-uns eurent recours à moi pour des opérations chirurgicales*. » Le commandant en chef, Kalipi avait été blessé au genou. Sept ans plus tard, en i843, le voyageur Delegorgue passant fortuitement sur le champ de bataille, y vit encore « un grand nombre de crânes cafres... blanchis par le soleiP».
Le combat de Vecht Kop avait laissé les Boers dan» une extrême détresse : la capture des attelages immobilisait les chariots. Des bœufs de trait furent envoyés do la mission wesleyenne de Thaba Ountchou par le missionnaire ArchbelP, par le chef barolong Moroko et par les Boers de la bande Gerrit Maritz, qui précisément y arrivait à cette époque : toute la bande Potgieter revint à Thaba Ountchou.
aidait à Kapaïn il vit « des messagers accourir hors d'haleine pour annoncer au roi le succès de l'attaque de Kalipi » (p. i36). Le combat aurait donc eu lieu le a a ou le a 3 octobre i836. Les Matabélés ayant capturé le bétail des Boers se considérèrent comme victorieux.
I. Journal des missions évangéliqucs^ 1837, p. 34i-4a. Le nom du missionnaire américain, auteur de cette lettre, n'est pas donné» c'est probablement Wilson.
a. Delegorgue, II, p. 319.
3. Archbell accompagné de sa femme avait essayé, dès iSag, do fonder une station missionnaire chez les Matabélés, mais n'avait pas réussi. MofTat, Vingt-trois ans de séjour ^ p. 334. Plus tard, ik fonda une mission à la baie de Natal.
Jusqu'alors, dans cette lutte, Toffensive avait été prise par les Matabélés ; les rôles désormais vont être renversés.
Pour rentrer en possession des enfants, du bétail et des voitures capturés par les Matabélés, Maritz et Potgieter organisèrent, pendant le mois de décembre i836, un commando, qui fut composé de cent sept Boers, de soixante Barolongs et de quarante Griquas*, dont le chef, Peter David, avait un grief personnel à venger, sa fille Gertrude et son neveu William avant, deux ou trois ans auparavant, été emmenés captifs par les Matabélés*. Quoique Hendrik Potgieter ait joué un certain rôle dans la campagne, elle fut dirigée par Gerrit Maritz^, qui, dans une assemblée générale des émigrants tenue le 2 décembre i836 à Thaba Ountchou avait été nommé landdirost, et qui conduisit les opérations contre les Matabélés, ces nouveaux ennemis, comme les landdrosts de la colonie avaient la coutume séculaire de le faire contre les Boschimans et les Cafres.
L'armée boer partit de Thaba Ountchou dans les
I. Harris, The wUd sports, p. 358. — Cloete attribue au cornmando un effectif d'environ a 00 hommes. Five lectures on the émigration of the Dutch farmers, p. 78.
a. Harris, The wUd sports, p. i/|5. — Ces Griquas habitaient le village de Lichuani, où était établie une mission weslejenne. Andrew Smith, Report, p. 9-10. Vingt ans plus tard, en i85^, Moffat vit ces captifs griquas, pendant une visite qu'il fit à Mosélékatsi dans son village de Matlokotloko ; ils avaient adopté coiyplètement les mœurs et le langage de leurs maîtres ; William était même devenu un chef. Moffat, Visit lo Mosclekatse, kiag of the Matabele. Journal of the Royal Geographical Society, i856, p. q/i-qS.
3. Harris, p. 358. Il s'éleva d'ailleurs, soit avant le départ du commando, soit pendant l'expédition, une querelle entre Maritz et Potgieter.
premiers jours de janvier 1887 * guidée par un individu qui ayant naguère servi dans Tarmée de Mosélékatsi donna de précieux renseignements topographiques. La destruction de Mosega, la principale agglomération matabélée formait le but de l'expédition. Pour surprendre l'ennemi, les Boers au lieu de se diriger droit vers le Nord, firent un détour par l'Ouest, franchirent la rivière Hart, puis suivirent la piste de Kuruman au Molopo (carte 5). La manœuvre réussit, et ils arrivèrent à proximité de Mosega, dans la nuit -du 16 au 17 janvier 1887, ^^^^ î^® l'alarme y eut été donnée. Le 17, à l'aurore, les Boers attaquèrent. Ni Mosélékatsi, ni Kalipi, le plus habile de ses chefs, ne résidait alors h Mosega. Surpris et sans chef pour les rallier, les Matabélés, chassés à coup de fusil, s'enfuirent dans toutes les directions*.
La matinée suffit aux Boers pour détruire les seize villages qui composaient l'agglomération de Mosega. Ils rentrèrent en possession de la plupart des chariots enlevés à Stephanus Erasmus et à Liebenberg en août i836 et s'emparèrent de six mille têtes de bétail. Aucun d'eux, aucun de leurs auxiliaires de couleur, ne fut blessé et ils remportèrent une « vraie victoire sans
1 . « Le I Cl" janvier », d'après le missionnaire américain de Mosega. Journal des missions évangéliqueSy 1887, p. 343. a Le 3 janvier », d*après Harris, The wild sports ^ p. 358.
2 . Le missionnaire américain, Wilson (?), raconte ainsile combat : a Le matin de bonne heure [le 17 janvier 1837], elle [Farmée boer] commença l'attaque contre les indigènes, qui ne s'attendaient & rien moins qu'à un combat. Je fus réveillé de bon matin par le bruit des armes à feu. Je me levai et étant allé voir ce que c'était, j'aperçus les fermiers & cheval, poursuivant les natifs et faisant feu sur eux. Ces derniers fuyaient dans toutes les directions. » Journal des missions évangéliqueSy 1887, p. 343.
larmes* ». Les pertes des Matabélés furent certainement élevées *.
Sur rinvitation de Gerrit Maritz, qui leur représenta le danger de rester à Mosega, les trois missionnaires américains partirent le jour même sous sa protection^.
Quand, avec leur butin, les Boers eurent repassé le Vaal, Hendrik Potgieter établit près de la Vet un camp auquel il donna un nom de circonstance : Winburg, « la Victoire ». Des maisons permanentes remplacèrent graduellement les tentes et les chariots, et c'est ainsi qu'en dehors des limites de la colonie un premier village boer fut fondé.
Le jour même où il remportait cette victoire, le 17 janvier 1887, Gerrit Maritz avait exprimé à l'un des missionnaires américains son intention de revenir pour anéantir la puissance de Mosélékatsi*.
Pieter Retief, qui à la tête de sa bande d'émigrants était arrivé à Thaba Ountchou en avril 1887, tenta une réconciliation avec Mosélékatsi : il lui fit savoir que les Boers étaient disposés à faire la paix, moyennant qu'il restituât les enfants et le bétail qu'il leur avait pris ^.
1. « Nous lui [à Mosélékatsi] infligeâmes une bonne défaite et lui prîmes 6 000 bêtes, et aucun de nous ne fut touché. » Garel Gilliers, fragment de son journal, cité par Mac Gall Theal, History of South Africa (i834-i854)» p- 107, note.
2. (( Dans cette guerre, Mosélékatsi a perdu plus de mille hommes d'entre ses meilleurs guerriers. » Journal des missions évangéliques, 1837, p. 344'