‹ L'expansion des Boers au XIXe siècleChapitre 8 sur 241 · Ministre des relations extérieures · texte numérisé non relu

Ministre des relations extérieures

5. Ambassadeur de la République française près la République batave.

ment. . . il est temps que la révolution finisse et qu'on vive tranqmlle en Europe*. »

A mesure que les relations se tendent avec le gouvernement anglais, il se préoccupe davantage de l'armement de la Hollande : ordres pour la défense de Tîle de Walcheren et pour la concentration des troupes à Breda ^ ; envoi de son aide de camp Lacuée en mission pour prendre « des renseignements sur la force positive actuelle de l'armée hollandaise et sur son esprit '* » ; ordres pour l'armement des forts de Goeree, Brielle et Voorn*. Enfin, une fois la rupture accomplie et l'ambassadeur d'Angleterre hors de France ^ il ordonne au» général Victor de prendre le commandement de toutesles forces françaises et bataves en Hollande, notifie au gouvernement batave que l'ambassadeur d'Angleterre ait à quitter la Haye et l'informe qu'il « doit compter,, pendant la guerre sur 26000 hommes à. entretenir^ »..

Le gouvernement d'État de la République batave ' aurait bien voulu se soustraire à l'étreinte brutale du

I. Correspondance, t. VIIÏ, n^ 6364. — Voir aussi t. VU». n» 6255.

3. 4 germinal an XI (25 mars i8o3). Correspondance, t. VIIU no 6654.

3. 9 germinal an XI (3o mars i8o3). Correspondance, t. VIII ^ no 6658.

4. 3o germinal an XI (30 avril i8o3). Correspondance, t. VIII ^ no 6703.

5. L'ambassadeur d'Angleterre quitta Paris le 33 floréal an XL (la mai i8o3)..

6. 17 prairial an XI (6 juin i8o3). Correspondance, t. VIII,. no 6793.

7. « Depuis le i4 septembre 1801, le pouvoir central était déféré à une régence ou gouvernement d'État (Staalsbewind) comprenant douze membres. » Louis Legrand, La Révolution françaiseen Hollande. La République batave, in-80. Paris, 1895, 36 édit.,. p. 274.

Premier Consul, rester neutre, assister, et non participer à la lutte qui se préparait. Mais les velléités d'indépendance qu'il manifesta lui attirèrent une réprimande. Semonville fut invité par Talleyrand à lui rappeler que la désobéissance exposait le pays à une seconde conquête, « le Premier Consul étant résolu à tout faire plutôt que de souffrir que les Hollandais manquent à leur engagement, à leur honneur et aux intérêts les plus chers de la France S).

Le gouvernement d'État fut contraint de signer, le 6 messidor an XI (26 juin i8o3), une convention stipulant qu'il prêterait pendant la prochaine guerrp le concours de son armée à la République française *. La fortune des deux gouvernements restait donc solidaire.

Mais Napoléon fut incapable, malgré ses victoires continentales, de conserver à la République batave sa colonie africaine : un mois après Austerlitz, le Cap retomba au pouvoir de l'Angleterre et les Boers furent de nouveau soumis à la domination britannique.

Le 4 janvier 1806 une flotte de 63 vaisseaux, commandée par sir Home Popham et portant 6 65o hommes de troupes, sous les ordres du major général David Baird, arriva à Robben Island au Nord de la baie de la Table. Une partie de cette flotte avait quitté Falsmouth en juillet i8o5, ostensiblement pour les Indes orientales, en réalité ppur Madère, où elle avait mouillé jus-

I. Dépêche du i5 prairial an XI (4 juin i8o3). L. Legrand, p. 3io.

a. L. Legrand, ouvr. cité, p. 3ia-i4'

qu'à l'arrivée d'une seconde escadre partie de Cork quelques semaines plus tard.

Il était impossible au gouverneur général Willem Janssens de repousser des forces aussi puissantes. Deux ans auparavant, en février i8o4, il avait reçu l'ordre d'envoyer un régiment à Batavia ; il avait ainsi perdu son meilleur élément de défense. En outre, l'arrivée delà flotte anglaise coïncidant avec l'époque de la moisson et avec une période de chaleur extraordinaire qui immobilisait bêtes et gens, il n'obtint pas des colons l'aide qu'il en aurait certainement reçue en des circonstances plus favorables.

Il avait cependant réurti une petite armée de deux mille hommes composée d'éléments très disparates : colons au nombre de 224, mercenaires recrutés dans toute TEurope et représentant l'armée régulière, compagnies de débarquement de deux bâtiments français en rade, VAtalante et le Napoléon, commandées par le colonel Beauchêne, Javanais, Hottentots, nègres de Mozambique*.

Le 7 janvier 1806, l'armée anglaise acheva son débarquement, le 8 elle marcha sur la ville du Cap. Janssens essaya, nonobstant son infériorité numérique, de lui barrer la route à Blaauwberg (carte 2). Aux premiers projectiles qu'elles reçurent, les troupes régulières s'enfuirent. Les colons, les Français, les auxiliaires de couleur tinrent ferme, mais Janssens se rendant compte de l'inutilité de faire tuer ces braves gens ordonna la retraite. A Rietvlei, au Sud de Blaauwberg, il rallia ses troupes ; il envoya au Cap les mau-

I. Le icr fructidor an XII (19 août i8o4). le capitaine du génie Déhon estimait que pour défendre la colonie du Gap une force de 4 65o hommes était nécessaire. Déhon, Mémoire militaire sur la position du Cap de Bonne-Espérance. Service hydrogr. de la marine. Archives. "Vol. 83 6ts, pièce 20.

vais soldats qui avaient fui, pour être compris dans la capitulation, qu'il savait inévitable, et lui-même se retira à Hottentots HoUand avec les troupes dont il avait éprouvé la valeur*. Le 9 janvier 1806 au matin, le général Baird reprit sa marche vers le Cap, mais il ne tarda pas à recevoir du commandant de la place, le lieutenant- colonel von Prophalov^, des propositions d'armistice. Il demanda à être mis immédiatement en possession des défenses extérieures de la ville, ce qui lui fut concédé ^. Les articles de la capitulation rapidement négociés furent signés dans l'après-midi de cette même journée du 9 : les principales clauses comportaient la reddition du château, la reddition des troupes régulières et des marins français qui devenaient prisonniers de guerre, la remise au gouvernement anglais de toutes les propriétés appartenant au gouvernement batave. Il faut remarquer combien dans cette capitulation les colons sont ménagés : tous leurs droits leur sont garantis, leur culte public est respecté; il est spécifié qu'on ne logera pas de troupes dans les maisons des habitants de Capetown ^.

Le général fiaird, inquiet des résolutions qu'allait prendre le général Janssens, lui fit des avances. Dès le 1 1 janvier, il lui écrivit une lettre dans laquelle en substance il rendait hommage au courage déployé par sa petite armée, lui représentait que la supériorité numérique des' forces anglaises assurait d'avance leur succès et qu'en conséquence une continuation des hostilités ^'amènerait qu'une effusion de sang inutile*.

I . Toutefois, le colonel Beauchêne et les marins français se rendirent aussi à Capetown.

a. Annual register, 1806, p. 577-580.

3. Mac Call Theal, History of South Africa (1795* i834), p. 121.

4. On trouvera le texte de la lettre du général Baird in extenso dajïs Annual register, 1806, p. 581-82.

Le général Janssens avait ordonné aux colons de Slellenbosch et de Drakenstein de retourner dans leurs fermes pour empêcher la confiscation dont Baird avait dans une proclamation datée du 1 1 janvier menacé ceux qui continueraient à combattre. Avec le reste de ses troupes il se porta au sommet du col de Hottentots Rolland, où il s'arrêta* (carte 2).

Le i3 janvier, Baird envoya le général Beresford occuper le village de Stellenbosch ; il lui confia la lettre écrite le 11 janvier, lui donnant plein pouvoir pour traiter. Janssens reçut la lettre de Baird le i3 au soir, mais il refusa d'accepter les propositions qui lui étaient faites. Alors Baird fit occuper le Roodezand Kloof, par deux régiments, Hottentots HoUand par un autre et en même temps il en embarquait un quatrième pour Mossel Bay, avec mission de prendre position sur l'Attaqua's Kloof. La tactique de Baird consistait évidemment à isoler Janssens et à l'empêcher de s'appuyer sur les colons du district de Graaff'Reinet, dont la levée en masse aurait pu prolonger les hostilités jusqu'à une date indéterminée. Mais les négociations ayant été reprises aboutirent et le 23 janvier 1806 Janssens signa la capitulation par laquelle la colonie du Cap était rendue au roi de la Grande-Bretagne ^ Le 6 mars 1806, le général Janssens, le dernier gouverneur hollandais du Gàp, s'embarqua pour l'Europe.

La possession du Cap de Bonne-Espérance fut définitivement reconnue à l'Angleterre par la convention signée à Londres le i3 août 181 4 entre Sa Majesté Britannique et le prince souverain des Provinces-Unies des Pays-Bas.

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