Isaacs, I, p
Isaacs voyageait alors en pays zoulou ; de la baie de IVatal, son ami Henry Francis Fynn, s'inquiète de le savoir au milieu de ces forcenés, il lui mande de revenir au plus tôt « les chefs et le peuple étant partout massacrés pour ne pas avoir pris part au deuil de Chaka qui soupçonne ces indifférents d'avoir contribué à la mort de sa mère ». Pendant plus de quinze jours, le sang coula à flots*. Comme Chaka abandonnait aux bourreaux les biens des victimes, il ne manquait pas d'exécuteurs des hautes œuvres.
Il était donc en proie à une sorte de frénésie de meurtre, qui alla toujours croissant. On nommait sa résidence principale,; située sur la rive droite de l'Umvolosi, Umboulalio, c'est-à-dire « la place d'exécution », nom bien choisi, car on s'y ingéniait à enlever la vie à de pauvres misérables, après les avoir torturés (carte 6).
Maître de l'existence de milliers d'hommes, se livrant à son gré à ses' caprices sanguinaires, Chaka était plein d'un orgueil immense. Ne sachant rien du monde en dehors du champ d'exploration de ses armées, il s'imaginait naïvement être l'homme le plus puissant de la terre.
Il fut très surpris d'apprendre qu'il existait des hommes blancs, et davantage encore quand il sut qu'il y en avait par delà les mers, bien plus encore qu'au couchant de ses Etats, c'est-à-dire au Cap. Il s'inquiétait fort de leur chef qu'on lui dit se nommer « George ». Il se plut, dès lors à se comparer à ce rival en puissance et exprima souvent le désir de le voir personnellement ^.
Un jour, il s'obstina à faire dire à Farewell que sa maison était plus belle que celle du roi d'Angleterre,