‹ L'expansion européenneChapitre 156 sur 160 · J> L'EXPANSION E · texte numérisé non relu

J> L'EXPANSION E

Actuellement il semble que la possession du haut et du moye sin du Niger est reconnue à la France. Uu coté de la Guinée portugaise, de Sierra-Leone, de Libéria, les délimitations sont définies [Y. la carte), et l'hinterland de ces colonies s'arrête à. la zone délimitée,

Les zones litigieuses, où l'hinlerlanii est encore discuté et les droits de chacun réservés pour le moment, sont : les Aekantu, le T'ji/olawl, le Liahtvm'-y, le prolectomi de J-Miiin ut le lias Niger (Compagnie anglaise du Niger).

Soudan français. — L'influence française dans le bassin du Ni---: a fait un progrés considérable par l'occupation de Timbouhlcm.

Le 10 janvier 1894, le lieutenant-colonel Bonnier, se portant H secours d'une canonnière française, qui avail descendu le Niger jusqu'à Rabara, cntrail à Tiinboiiktou et y plantai! le drapeau français. Il fut massacré malheureusement par les Touareg, avec une partie de sa colontie, dans une reconnaissance qu'il opérait au sud-nui'-i de Timbouktou. Les Touareg, maîtres incontestés du mai TimbouUtou, menaçaient la petite garnison française laissée dans la ville. L'arrivée rapide de la colonne J offre, qui opérait dans le haut Niger, assura In prise de possession de Timbouktou. Ce fait a eu un grand retentissement dans les régions sahariennes.

Le -36 janvier 1897, le lieutenant Wirth, chef du poste de Hnx-,-1- M't, â l'ouest de Tiinlii.ukkiii, <esl emparé de vive force de Basjtiliounoit, sur les contins du Sahara méridional, à mi-chemin de .Nioro à Timbouktou. llas-el-Mà, ISassikounou, àlDokolo, deviennent les postes avancés au nord du Soudan.

Le pays entre le haut Niger et te Sénégal a été à peu près débat rassé des bandes de Samory, qui a reculé au sud du Niger dans U région moyenne, et occupe le pays de Kong, nominalement placé sous le protectorat français. C'est lui qui a arrêté, en! 895, l'cxpédi lion Mouteil. H barre pour te moment l'hinlei'land de la cote de l'Ivoire et s'entendrait, semble-l-il, avec les Anglais de la côte de l'Or.

Le Fouta-Djallon a élé soumis au protectorat français en !*!"'' Un résident français, avec quelques soldats, est installe à Timbû.

De nombreux officiers ont parcouru et parcourent actuellement les vastes territoires de la boucle du Niger, recoupanl les niiri< niti nérai res el leurs itinéraires respectifs, reconnaissant la valeur du pays, fondant des postes, luttant de vitesse et d'activîtij arec les explorateurs allemands et anglais, particulièrement dans les régions avoisinant le bas Niger. (Voir le cbapilre des Missioni et explorations.)

Dahomey. — A la suite de l'occupation d'Abomey (1892), le roi Béhanzin s'était retiré vers le nord. Poursuivi sans relâche, abandonné par ses partisans, il se rendit le 21 janvier 1894, et fut interné à la Martinique.

Le décret du 22 juin 1894 a organisé l'administration du Dahomey et des établissements du Bénin, sous la dénomination de Dahomey ci dépendances.

Les frontières en ont été réglées avec l'Allemagne et l'Angleterre jusqu'au 9e parallèle. L'hinterland est actuellement en litige.

Le Dahomey a été divisé en deux zones :

1° Territoires protégés, petits royaumes de Abomey, Allada et Porto-Novo, résidences de Oualcher, de Toué, et d'Ouéré-Ketou ;

2° Territoires d'hinterland, au nord du 9e parallèle, petits États indigènes, avec lesquels négocient les agents et explorateurs français, allemands et anglais.

L'Allemagne, établie au Togoland, revendique l'hinterland au delà du 9° parallèle. Des traités signés par le commandant Decœur et le lieutenant Baud en 1895 ont mis sous l'influence française la région au nord du 10e parallèle, entre la côte de l'Ivoire et le Dahomey, barrant ainsi l'hinterland des Achantis et du Togoland. (Voir Les Allemands en Afrique, p. 53.)

La convention de 1890 avait délimité les zones d'influence et de pénétration anglaise et française, sur la rive gauche du Niger et vers le Tchad, par la ligne générale Say-Barroua, mais rien de précis n'avait été conclu au sujet de la rive droite.

Les reconnaissances françaises se portèrent rapidement du Dahomey vers le Niger. Le capitaine Toutée, ne trouvant aucune trace de l'occupation anglaise à Badjibo, au sud de Boussa, y fondait, en 1895, le poste à'Arenberg.

Sur les réclamations de la Compagnie royale du Niger, le gouvernement français a ordonné l'évacuation de ce poste.

Mais la priorité de l'intervention française dans le \Borgou a été affirmée, et les reconnaissances récentes du capitaine Baud dans le Gourma n'ont pu que la confirmer.

Carnotville, fondé en 1894 au nord du 9e parallèle, paraît devoir être le point de départ des routes vers les régions du moyen Niger, et le centre politique et commercial de l'hinterland dahoméen.

En dernier lieu, le lieutenant Hourst a reconnu les conditions de navigabilité du Niger. (Voir Missions et explorations.)

Congo et Ûubanghi. — La convention du 4 février 1894 a règle la délimitation de frontières et de zone d'influence entre la colonie allemande du Cameroun el le Congo français. (V. la carte.)

rota est laissé en dehors de la tons du Cameroun, mais le poste français, qui y avait élé laissé par M. Mizon, a été retiré, cl l'expan-

n française dans l'Adamao un smhI.Ii; .abandonnée.

La frontière entre le C Congo a élé également rëf

i français et l'État indépendant du pur la convention du a février 189ï.

Celte frontière, après avoir suivi le cours de l'Oubanghi jusqu'au 1 du M'bomou et du Quelle, esl constituée par le thalweg du M'Lomou jusqu'à sa source; par une ligne droite rejoignant la crête de partage du Congo et du Nil ; à partir de ce point, la frontière de l'État indépendant est constituée par cette crête de partage jusqu'à son intersection avec le 30" de longitude est de Greenwich (27° 40' de Paris). L'Étal indépendant s'est engagé à n'exercer auaclioo ni occupation au nord et a l'ouest de !a ligne ainsi déterminée : le 30° de longitude est de fireenwicii, à partir de soo intersection avec la crête de partage jusqu'au point où ce méridien rencontre le parallèle o° 30', puis ce parallèle jusqu'au Nil.

A la suite de ces conventions, les possessions françaises du C ont été divisées admintstralivement en deux parties ; 1° le Gabon et Congo français, ch.-l. Libreville; 2° les Territoire! de l'Oubanghi, placés sous l'autorité politique,

'nislrative et financière d'un commandant supérieur. L'ensemble des deux régions, qui forme une colonie d'exploitation, est sous la haute administration d'un commissaire . assisté d'un lieutenant-gouverneur.

Les territoires de l'Oubanghi ne sont pas délimités au noid-esl. Ils touchent aux régions du liahr-e] -Chacal et du Soudan égvplicn, sur lesquelles l'Angleterre prétend étendre son inlluence, et qui ouvrent les roules du l'Afrique centrale vers l'Abyssinie el les possess françaises de la mer liouge.

Le poste de Zemio, établi sur la rive droite du M'bomou, poste avancé de la colonie du Congo.

itfndng'asoai'

Le traité de 1980 n'avait pu modifier les sentiments d'hostilité

des Hovas, et les efforts des résidenla qui se succédèrent à Tananarive, échouèrent devant la force d'inertie qu'opposait à l'application du traité le goorememeat hova, soutenu, d'ailleurs, par les missionnaires et audits anglais.

En 1694, le ^ouvei ueinenl français, à boni de patience, envoya M, Le Myre de Villers porter u:i ultimatum à Tunanarive. Il ne put s'entendre avec le premier ministre, ïtainilaiarivony, et se relira sur Majunga, rompant les relations diplomatiques et entraînant avec lui le personnel et les troupes de la résidence, ainsi que les colons et commei^anis établis ,;i Tananariv*.

Un corps eipûditioiinairi.! fui aussitôt formé en France et dirigé sur Madagascar, sous les ordres du général Duchesne, Il comptait un effectif de 13,000 h., répartis en deux brigades.

On choisit comme point de débarquement et base d'opération le port de Majimyti, quoiqu'il fût plus éloigné de Tanunarive que Tamalave, et cela pour deux raisons :

1" Parce que la route de Tamatave h Tananarive traverse un pays 1res montagneux et très difficile ;

2° Parce qu'on comptait se servir, à partir de Majunga, des rivières Betâbohi el Ikopa, navigables aux hautes eaux, pour transporter sur chalands les troupes jusqu'à Suberbieville.et leur épargner ainsi la traversée de la zone cùlière, insalubre el marécageuse.

Une avant-garde, sous le commandement du général Melzinger, précéda le corps expéditionnaire, et, dès avril, débusquait les Hovas de leurs premiers postes autour de Majunga.

Les troupes débarquèrent à partii- de la fin d'avril. Mais des retards el des contre-temps, survenus dans le transport et le débarquement du matériel, ne permirent pas d'utiliser au moment opportun la route fluviale, el il fiillut ouvrir une route à travers une plaint: empesta.'. La fièvre et la dysenterie ne tardèrenl pas à faire de nombreuses victimes, surtout parmi les jeunes soldats du 200° régiment, formé en France. La marche en avant s'exécuta néanmoins, avec lenteur, au fur et à mesure de l'avancement de la route et de la constitulion des approvisionnements. Suberbiemlle fut transformé en grand magasin, et les troupes s'y rassemblèrent peu a peu, à la limite des plateaux. Le 25 août seulement, l'avant-garde prenait pied

L'EXPANSION FX'RflPÉENNE

sur les hauteurs, à Andrittn, et entrait dans une région difficile, mail plus salubre et plus tempéré*.

Le corps expéditionnaire était alors réduit de moitié. Le général Duchesue, devanlla gravité de la situation, qui excitait déjà en France do vives inquiétudes, comprenant qu'il fallait eu finir rapidement, forma, avec les troupes qui avaient résisté, une colonne légère île •1,000 hommes, et se lança hardiment sur Tananarive.il n'em portail que 21 jours de vivres. En quinze jours de marches pénibles et de combats, sinon meurtriers, du moins incessants, le 30 septembre, la colonne attaquait Tananarive, qui se rendait après un court bombardement.

Le 1er octobre, lo reine Ranavalo signait un traité reconnaissant définitivement l'occupation Française. Le 18 janvier 1890, ce traité était inodilié et consacrait la pris':' rie possession do l'Ile par la France. l'Ius tard, juin 1M0G, Madagascar était déclarée colonie française.

Un résident civil représenta d'abord le gouvernement de la France; mais des insurrections éclatèrent, des bandes de fahavalos, encouragées par la complicité des fonclionn aires liovas, menaçaient nos soldat3 et nos nationaux jusqu'aux portes de Tananarive. II fallut rapidement remettre tous lus pouvoirs entre les mains de l'autorilr militaire.

Le général Gallieni, gouverneur actuel, a déjà obtenu des résultats remarquables dans l'œuvre qui lui a été conliée de pacifier Madagascar et d'en assurer l'exploitation. Mais il a été obligé, en avril dernier, de déposer la reine llanavalo et de l'exiler à la Réunion, ainsi qu'une partie de son entourage. Ces mesures sévères et h haute impartialité du général auront raison des dernières marques de résistance des liovas et des agents anglais.

C'ùte (Vaneaise «les Soniiilîs et <li:i>ciifliutcc$>

Un décret de mai 18116 a réuni les territoires d'OÈooA*. de I et des Danakit* au protectorat de-i Soinalis, sous le nom de Côte de( Soinalis et dépendances, ch.-l. Djibouti, résidence du gouvi nient

Djibouti, avec une excellente rade, est le dépôt maritime do» chatbons et des vivres. Il ouvre la roule du Harrar et du Choa. Un projet de chemin de fer, reliant Kntotlo h Djibouti, a été accepté pai I négus Ménélik, sur la proposition d'un agent fiançai-, ,\l ( : / nieux, depuis longtemps en relation de commerce >■! d'ami l'Abyssinie.

Desmissionsoflicielles'Lagarde-Bonvalot) affirment actiu I

entre le négus et le gouvernement français, une entente déjà ancienne, et qui pourrait nous faciliter l'accès de la région du haut ISil et la liaison avec les établissements de l'Oubanghi.

Missions et explorations françaises (1894-1897).

Sahara.

Foureau (1894 et 1895), deux voyages. — Parti dans la direction d'In-Salah, dont il s'approche à 80 km., il parcourt le plateau de Tademaït, détermine la position d'In-Salah, passe par Temassinin, et cherche à franchir le Tasili des Azdjer; mais il est obligé de reculer devant l'hostilité des Touareg; 850 km. d'itinéraires nouveaux.

D'Attanoux (1894) traverse à peu près les mêmes régions que Foureau, mais ne peut dépasser le lac Menkhoug; retourne sur ses pas et découvre une route nouvelle à travers le grand Erg.

Fabert et Donnet (1894) explorent l'Adrar.

Soudan français.

Le commandant Decœur (1894-96), parti de Garnotville, après avoir exploré le Borgou, passe à Sansanné-Mango, Fada-N'gourma, Say, suit le Niger jusqu'à Léaba et revient à Carnotville, après avoir reconnu l'hinterland du Dahomey jusqu'au Niger.

Les lieutenants Baud et Vermersch parcourent le pays situé entre l'hinlerlarid du Dahomey et celui de la côte de l'Ivoire, et arrivent à Grand-Bassam, après avoir contourné le Togoland et la côte de l'Or.

Le capitaine Marchand (1894) explore toute la région de Kong entre le Bandamma et le Zini, fonde un poste à 200 km. de la côte.

Le capitaine Toutée (1895) part de Porto-Novo, atteint le Niger en face de Badjibo, fonde le poste d'Arenberg1, remonte le Niger jusqu'à Say, Sinder, Tibi-Farka, et le redescend jusqu'à son embouchure.

Alby (1895) remonte de Carnotville jusqu'à Ouaghadougou.

Hourst (1896), lieutenant de vaisseau, parti de Timbouktou le 21 janvier avec mission de reconnaître le Niger jusqu'à Say et de se

1. Ce poste a été abandonné depuis, sur les instances de la Compagnie du Niger.

exp. eur. (Append.) 3

relier ainsi aux itinéraires de Decœur et Toutée, arrive le 27 février à Tosage, séjourne à Say, où il fonde le fort Archinard, descend le Niger par Boussa et Ouari, et rentre en France par le rio Forcados, reconnaissant ce fleuve, inconnu en partie, jusqu'à son embouchure. Les résultats de cette mission établissent la navigabilité du Niger, de Bamako à Ansongo (1 ,700 km.) ; d'Ansongo à Boussa, une série de rapides l'interrompt, et elle ne peut se continuer qu'avec de nombreuses difficultés jusqu'à Lokodja. Le Niger ne forme pas le coude accentué qu'on lui attribuait vers Tosage, mais incline sa courbe vers le sud-est.

Les lieutenants Voulet et Chanoine (4896), partis de Bandiagara (Soudan), gagnent le Mossi, fondent les postes de Ouaghadougou, dans le Mossi, et de Sati, dans le Gourounsi.

Le capitaine Baud (1896), parti du Dahomey, se dirige vers le Niger et, après avoir fondé une série de postes entre Carnotville et le Gourma (Fado, Niki), gagne le Mossi et opère sa jonction avec la mission Voulet à Tagba. Ces deux explorations établissent d'une façon définitive l'union du Dahomey et du Soudan.

Le lieutenant Bretonnet (1896), parti en même temps que la mission Baud, se dirige à l'est vers le moyen Niger, et atteint Boussa, après avoir créé des postes et établi des résidents à Bafilo, Bouay, Kirikri, Kandi, Ilo. Il a été nommé résident au moyen Niger.

Congo français.

M. Clozel (1895) a remonté la haute Sangha, atteint Berberati et découvert la rivière Wom, affluent du Gbari, déterminant ainsi la ligne de faîte entre le bassin du lac Tchad et celui du Congo.

Le capitaine Decazes a relevé le cours de la rive française de l'Oubanghi, remonté un affluent du M'bari jusqu'à 5° de latitude.

Les lieutenants Vermot, Comte, François, explorent le Chinko, l'Ouellé, le Kotto.

M. Liotard, commissaire du gouvernement, organise l'occupation des postes du M'bomou vers le Dar-Banda.

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