E TURKESTAN RUSSE
frontière rosse et offrait maints prétextes de conflits. Une incursion d>; Turcomans suffisait à justifier l'organisation d'une colon ni'1, la prise ni l'annexion d'un nouveau territoire.
Prise de Tachkent (1865). — C'est ainsi que, sans raison bien précise, le général Tchernaïev, chargé Je la direction des affaires militaires dans le Turkestan, fil inopinément marcher une colonne
ir Tachkent, qui appartenait au khan de Kokan. Il échoua (1864), fut officiellement désapprouvé) niais néanmoins nommé gouverneur de la province de Turkestan.
Peu de temps après, il reprenait son projet do conquête. A la tête de 3,000 hommes, tandis que les Kokaudtens en avaient plus k 20,000, il s'empara définitivement de Tachkent (1865).
Prise de Khodjent (1866) et de Samarkand (1868). — L'émir de Bookhara occupa, de son coté, Khodjent, qui est à six marches au sud Je Tachkent, et envoya une sommation insolente au général russe. Celui-ci y répondît en faisant emprisonner les sujets boukhares (au nombre de 138) qui se trouvaient dans la province d'Orenbourg, ; bieu inutile pour qui connaît l'indifférence des princes mululmans à l'égard de leurs sujets, et qui fut d'ailleurs bientôt rapportée. L'émir, de son coté, fil jeter en prison les membres d'une mission russe, moitié scientifique, moitié diplomatique, qui avait «léarroyée à Boukhara.
U général Tchernaïev, avec une colonne de 2,000 hommes, tenta mis pointe sur Samarkand, ruais il ne put dépasser Djizak; le manque de fourrages l'obligea à battre eu retraite.
Celte expédition avortée, entreprise avec des moyens insuffisants, tut un effet fâcheux. Les cavaliers boukhares se répandirent dans jusqu'aux environs de Tchlmkent et de Turkestan.
Lp général Romanovsky, qui remplaça le général Tchernaïev, réussit alors à faire remonter le Syr-daria jusqu'à Tchinaï, par deui bâtiments à vapeur de la flottille du lac d'Aral, et organisa plus complètement ses moyens militaires.
L'émir s'avançait avec 3,000 réguliers et un contingent mal armé 'l"3^.U'iii Turkmènes. Le général Romanovsky l'attaqua avec 2,000 h. «le battit complètement à Irdjar, à 33 kil. de Tachkent (20 mai 1 866). U attaqua ensuite Ehodjent et s'en empara en huit jours, malgré ;■ défense [juin 1806).
Khodjent était le point central du commerce du Turkestan avec la i, l'Afghanistan, l'Inde, et la Chine. Les Russes acquirent ainsi
une position 1res importants, à la croisée des routes de caravanes de Samarkand, Kokan, Tachkenl, et Khiva. Au mois d'octobre suivant (1866), ils s'élablirent à Djizuk, à trois étapes de Samarkand. L'émir se décida à renvoyer les membres de la mission, qu'il retenait prisonniers.
. En 1868, le général Kaufmann enleva Samarkand, puis il se rendît maître du pays montagneux où se trouvent les sources du Zé-
Après avoir inyoquë, en vain, l'appui de la Sublime Porte et du gouvernement de l'Inde, l'émir s'avoua vaincu; les Russes assirent leur autorité sur le territoire conquis; ils construisirent le fort de Kalta-Kourgm cl placèrent une garnison à Samarkand.
Le Turkesian fut définitivement séparé du gouvernement d'Orenfcourg, et Tachkenl fut désigné pour la résidence du gouverneur.
Expédition de Khiva (1873). — Enfin, en 1873, les [tusses, après avoir ainsi, pendant plus de trente ans, patiemment tracé un cercle enveloppant autour de Khiva, reprirent leur premier objectif.
Les circonstances étaient bien changées depuis 1840. L'oasis était isolée et, pour ainsi dire, cernée à grande distance par le nord et par l'est. Une flottille russe naviguait sur la mer d'Aral et pouvait remonter l'Amou-daria. Maîtres du Turkestan, les Russes avaient une excellente base d'opérations; puis, ils s'élaient familiarisés avec les difficultés de la guerre dans ces régions.
Des cavaliers khiviens, ayant capturé quelques cosaques, et le khan refusant, à cette occasion, les satisfactions que l'on prétendait exiger de lui, le général Kaufmann obtint l'autorisation de marcher sur l'oasis.
Cinq colonnes devaient converger sur Khiva .
La première, partant A'Orenburg par Embinsk (colonel Verehin), devait suivre la cûte occidentale de la mer d'Aral.
La deuxième (colonel Lomakin), rassemblée dans la presqu'île de Mani/ichtak, sur la cote orientale de la mer Caspienne, devait se diriger sur Khiva, en marchant de l'ouest à l'est; elle ne putparvenir à traverser le désert.
La troisième, formée à Erasnovodsk, était commandée par le colo— nel Skobelvv.
La quatrième, prenant sa base d'opérations sur le cours inférîenr du Syr-daria, aux forts de Kitzatinsk et de Perovski (colonel Ktuilbars), devait longer la cûte orientale du lac d'Aral ; la flottille mar— à sa hauteur.