‹ L'expansion européenneChapitre 30 sur 160 · LE TURKESTAN RUSSE · texte numérisé non relu

LE TURKESTAN RUSSE

La colonne principale (général Kaufmann) partit du Turkeslao. Elle suivi! la route de Tachkent, Samarkand, el traversa l'Amou-daria, en amont de Khiva, à CkouraVwn, après avoir opéré sa jonction avec la colonne du Syr-daria. Sa marche avait été des plus pénibles ; elle perdit presque tous ses animaux, et, en arrivant sur l'Amou-daria, elle n'avait plus ni vivres ni pontons.

Il n'y avait aucune relation entre ces diirircutes colonnes, qui devaient recevoir, par Saint-Pétersbourg, communication ries instructions du commandant en cbef; mais le calcul des marcbes avait êlé si exactement fait que les troupes arrivèrent simultanément devant Khiva. Au moment où la colonne d'Orenbourg (Verekin), qui avait rallié à Koungrad la colonne de Krasnovodsk (Skobelev), alla • qaait Khiva du coté nord-ouest, elle entendit les sonneries du corpi J u io'iH'T al Kaufmann, qui arrivait par l'est. Khiva fui pris (14 mai). Celte expédition, combinée avec une prudence minutieuse, restera, à bon droit, célèbre dans les annales des guerres de l'Asie centrale ; il sera toujours intéressant de s'y reporter pour voir dans quelles conditions la Russie peut organiser la guerre dans ces proiiaces éloignées '.

Par le traité du 24 août 1813, le khan de Khiva se reconuul vasla! de la Russie; le territoire, au nord de l'Amou-daria, fui annexé lu Turkeslan, sauf une petite portion donnée à l'émir de Houkhara, q'n avait montré des dispositions amicales et qui, depuis lors, n'est i ''alité, qu'un préfet russe.

Us forls de PHto-Alexundrovak (!B73j et de Nnithous (1874) furent construits sur la rive droite de l'Amou-daria. A l'ouest, la frontière lut laissée indécise, à travers le pays des Turkmènes, depuis l'extrémilé sud de la mer d'Aral, jusqu'à l'embouchure de l'Atrek, dans lu mer Caspienne.

annexion dn Kokan (1876;. — Les Russes trouvèrent bientôt l'oc- Miiou d'intervenir dans les affaires du Kokan, oit régnait la guerre ■(Ol Les Kokandiens, ayant attaqué Khodjent, furent repoussés BWL et tout le khanat définitivement annexé (2 mars 1876).

Celte conquête, en rendant les Husises maîtres du Ferghana, c'est-à-dire des seules régions fertiles de la haute Asie, leur a

li I! est a remarquer que. pour un elfeetir total de 14,000 hommes, on

ftvjit employé que 10,000 chameaux, soit un peu plue de i chameau par

■■ ::i.' d'un chameau e*l de iHMl h 2SU kiliig.J. Dans les guer-

6 tan, les Auglais ont emmené 3 chameaux par homme, eau 9

'-''mptir les jtoiubi'cuï coolie;- eurùiês pour l: luu-port Jijs bagages.

permis de créer des centres agricoles el commerciaux qui sont la base principale de leur colonisation asiatique ; ils ont fondé, au centre du Fcrgliana, une ville nouvelle, Novo-Mavghelan, qui en est le chef-lieu.

Le Ferghana est en contact avec la Chine, et peu s'en fallut que le règlement de la frontière ne mit aux prises les deux puissances. Vers cette époque, en effet, la Chine était troublée par de grandes insurrections musulmanes, dont trois foyers principaux étaient au Yunnan, en Kachgarie, et en Dzouugarie. L'insurrection du Yunnan ne fut pas sans influence sur les événements dont le Tonltin allait devenir le théâtre; celles de la Kachgarie et de la Dzoungarie, provinces voisines des frontières russes, devaient être l'origine de difficultés graves avec la Russie.

Occupation de la Dzoungarie. — Les musulmans de la Dzoungarie avaient chassé ou massacré les autorités et les garnisons chinoises ; la Chine étant alors impuissante à rétablir l'ordre, les Russes avaient fait occuper la vallée de l'ili, qui est limitrophe de leur province sibérienne, en promettant de la rendre dès que la Chine serait en état d'y faire la police (1868).

Kouldja, qui en est lu ville principale, est le centre d'une région cultivée, entourée d'une zone montagneuse d'une grande richesse forestière, avec de beaux pâturages et un climat tempéré, dont la moyenne de température annuelle est de 10°; on y trouve des gisements de houille et des mines de toutes natures.

En 1878, les Chinois, après avoir rétabli leurautorité dans la Kachgarie', réclamèrent à la Russie la restitution du territoire de Kouldja. A la suite de longues négociations, un traité fut signé à Livadia' (1879). La Russie devait conserver une portion assez notable du pays, et recevoir une indemnité de S millions de roubles ; mais le traité fut desavoué par la cour de Pékin, et le négociateur condamné à mort- La guerre enire la lîu'si'ï et la Chine semblait imminente (mai 1880). Des préparatifs furent faits de part et d'autre dans la région i ■; ..i;i li ■ île l'Empire chinais, le développement.

Page 1