Livadia. est ut près de Yalta
rJ-i Itsi - ;iii;iérîalc de ta cûte sud-est de la Crimée,
LE TDRKKSTAN RUSSE
de Kouldja et sur les rives du fleuve Amour. Une flolle russe fut envoyée dans les eaux du Pe-tchi-ii, avec des troupes de débarquement. Les Chinois y répondirent en armant l'embouchure du Peï-ho, et en se procurant plusieurs navires cuirassés et des torpilles.
Cependant Ja fmerre n'éclala pas. La Russie consentit, en fin de compte, à céder aux réclamations de la Chine ; elle ne conserva qu'un petit territoire dans la vallée de Kounguez, où se réfugièrent ceux des habitants du Kouldja qui craignaient la vengeance des Chinois. La Chine paya une indemnité de 9 raillions de roubles. D'autre part, la Russie acquit certains avantages commerciaux, la liberté de circulation pour ses nationaux, et le droit d'avoir des agents consulaires dans plusieurs villes do la Chine occidentale.
Le succès diplomatique ainsi obtenu par la Chine, grâce h la ferme altitude montrée par ses ministres, ne fut pas sans influence sur la conduite qu'elle devait tenir, plus tard, à l'égard de la France lu sujet du Tonkiu.
Tels sont les derniers événements qui ont fixé la frontière entre la Chine et la Russie. Les Russes sont maîtres de toute la région située au nord du bassin de l'Amou-daria. Ils occupent même une notable partie de ce bassin par la vallée du Zeravtlian. Les possessions de l'émir de Boukhara les séparent du l'ours moyen du fleuve et de la frontière afghane, mais l'émir n'est, en réalité, qu'une sorte de gouverneur aux ordres de la Uu86Îe, auquel on laisse temporairement une indépendance de forme. Dans un avenir plus ou moins rapproché, le khanat de Boukhara subira le même sort que ses voisins. Déjà, les explorations de Cosaques remontent les vallées boukhares jusqu'aux plateaux élevés du Pamir et entrent en contact, et même w conflit, avec les postes chinois et les postes afghans, dans des niions désertes et glacées où le tracé d'une frontière n'aguère
Ti'iui intérêt théorique'.
■ y fut uni' escarmouche entre des ATghnns et un parti de nel Yanov),suruo territoire, où, quelque temps auparavant, avaient tu un poste provisoire.
Au poinl de vue administrai! F, le Turkestan forme un gouvernement général, dont le chef-lieu est Tachkent et qui comprend :
1° La province du Syr-daria, 1 million d'habitants, de laquelle dépend la section de YAmou-daria, ch.-l. Tckimbdi, (0,000 hab.;
2" La province de Samarkand, 330,000 babilanls ;
3° La province du Ferghana, ch.-l. Nùvy-Harghelan, 730,000 hab.
La population totale du gouvernement du Turkestan est de 2,li00,000 hab. environ, sur une superficiedouble de celle de la France.
La colonisation russe est encore peu développée; cependant, il arrive quelques cultivateurs, et le commerce prend, d'année en année, pins d'extension. L'Asie centrale fournit des laines et du coton. Elle tire de la Russie les objets manufacturés, et les rnétaux précieux, dont elle a besoin pour sou commerce d'échange avec la Chïne;maislapopulalion est si clairsemée et si pauvre que ce serait une erreur de considérer ces régions comme un marché sur lequel le commerce européen puisse opérer fructueusement sur une large échelle. Ce sera, dans tous les cas, un marché eiclusivement russe.
La Russie entretient, en temps ordinaire, dans ce gouvernement, une armée de 30 à 3.ï,000 tommes, tout â fait distincte de l'armée d'Europe, et ayant un corps d'officiers particulier.
La frontière khivienne est surveillée par le fort de Pclra-Alexandrovsk, sur l'Amou-daria, à 33 lui. de Khiva, et par celui de JVoakatts, plus en aval.
Du cûlé de la Boukharie, la frontière est gardée, sur la vallée du Zeravchan, par le fort de Katta-Kaitrtjan.
Avant l'ouverture du chemin de fer de Samarkand, les relations avec la Russie s'établissaient par Orenbourg à travers des steppes désertes et au prix des plus grandes fatigues '.
L'achèvement du chemin de fer transcnspien a complètement modifié les conditions économiques et militaires de ces contrées; la Russie peut maintenant y préparer des moyens d'action formidables, et lancer, un jour, une puissante armée sur les Indes.