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Du aperçu îles distances juTnicllia d'en juger

De Tachkent a Omsk, 2.5U0 kilomètres;

De Tachkent ù Orenbourg, 4,UU0 kit- Un courrier, marchant nuit e* jour, et trouvant des relais préparés 6ur la route, met 11 et 20 jours pou* franchir cette distance;

De Tachkent a Kazalinsk, 355 kilomètres;

Dans les circonstauces les plus favorables, une colonne de troupe» ayant un convoi, ne meltait pas moins de 4 mois et demi pour aller du renbourg à Tachkent.

PROVINCE TRANSCASPIEWNE

Soumission des Turkmfnes-Tekkés.

Sur la rive gauche de l'Amou-daria, dans les steppes comprises entre la mer Caspienne, la mer d'Aral, et les montagnes du Khorassan, habitent des populations demi-nomades , auxquelles on donne le nom général de Turcomans ou Turkmènes. C'est une race d'hommes de lielle taille, montés sur <le beaux chevaux et dont l'éoergie contraste avec la servilité et la lâcheté ordinaire des populations sédentaires de l'Asie centrale. Ils vivaient de pillage, dévastaient les frontières de la Perse, enlevaient les habitants, qu'ils allaient vendre, comme esclaves, sur les marchés de l'Afghanistan et de la Houkharie; les Persans étant des musulmans chiites, c'està-dire considérés comme hérétiques, la religion autorisait et encourageait ces violences.

Les Turkmènes étaient pour les Russes des voisins fort gênants, d'autant plus que les Anglais avaient songé à s'en faire des auxî- Ulirtt et leur avaient offert des subsides. Il était donc nécessaire à la sécurité même des pays russes du Turkestan, d'imposer l'obéissance à ces tribus remuantes et guerrières.

Après la prise de Khi va, les Russes tentèrent, sur la rive gauche dal'Ainou-daria, plusieurs expéditions qui ne réussirent pas. Les distances étaient si grandes de l'Oural à l'Amou-daria qu'il était, en outre, 1res difficile de renforcer et de ravitailler l'armée du Turkestan, comme l'exigeaient ces nouvelles entreprises.

les Russes changèrent leur base d'opération; ils la transportent de l'Oural sur la Caspienne.

Ha terminèrent le chemin de fer transcaucasique de Tiflis à Baltou «firent éludier les directions qui, partant de la Caspienne, pénè- Irent vers l'est. Deux roules s'offraient n eux : l'une, par la vallée del'Atrek, conduit à Medikhed et de là dans le Turkestan; on y touYiit des ressources, mais elle était sur le territoire persan; l'antre route longe le pied septentrional de la chaîne du Kopet-dagh, I ■■ .tu nord la vallée de l'Alrek. Elle traverse les villages des Akkul Tekkés.une des principales fractions des Turkmènes, dont

on estimait le nomhre à 40,000 tentes , c'est-à-dire à 200,000 individus, pouvant fournir 40,000 hommes armés.

En marchant de l'ouest à l'est, les villages [aouls) principaux sont : Ki/zyl-Arvat • (à 230 ki!. environ de Krasnovodsk), Garni, Geok-Tepê, Dentjhil-Tepé (à 380 kil. de Krasnovodsk), Askhabad, et plusieurs lolables. Ces villages fortifiés, habités |>jl r quelques agriculteurs sédentaires, servaient de places de sûreté aux nomades. La manière de vivre et de combattre de ces peuplades a uoe certaine analogie avec celle des Arabes du sud de l'Algérie, dont la force réside surtout dans leurs infatigables et nombreux cavaliers, 9 qui savent aussi résister derrière les murailles de leurs ksour*.

Les Musses avaient plusieurs postes sur les eûtes orientales de la mer Caspienne : à Tckikisliar, à l'embouchure de l'Atrek; àJiiA/wilovsk, plus au nord, et à Krasnovodsk.

Depuis 1810, plusieurs reconnaissances partant de ces postes avaient été dirigées vers Kyzyl-Arval.

1" expédition (1877), général Lomakin. — Au printemps de 1817, une colonne, conduite par le général Lomakin, partit de Krasnovodsk et s'avança jusqu'à Kyzyl-Arvat. Les chefs firent des protestations de soumission; mais des bandes de Turkmènes assaillirent les détachements isolés, coupèrent les communications, et déterminèrent le général Lomakin à ramener dans leurs cantonnements ses troupes, qui souffraient beaucoup des privations et des maladies. L'audace des Turkmènes s'en accrut; il vinrent aux portes de Krasnovodsk enlever des troupeaux au pâturage, et même quelques femmes.

Les Russes, alors engagés en Arménie, dans une guerre contre les Turcs, ne pouvaient, en ce moment, poursuivre leurs projets dans la Transcaspienne.

En 1878, la guerre d'Arménie étant terminée, les Russes, qui avaient de nombreuses troupes disponibles dans la Transcaucasie, reportèrent leur attention sur le pays transcaspien. Ils terminèrent les forlilicati'Uis du 'l'cliikisliar et ^onstrui-ireriL un fort à Tehat, au eoiiilueiit du Sambarel de l'Atrek.

). Kyzyl-Arimt, la fille au teint rouge, ce qui est un fies caractères de litMiili' du a leujincs du pays.

2. Voir pour les expéditions contre les Tekkës : les Russes dans l'Asie centrale: — la Dernière Campagne <l,' Sfcoiefeu,par B. Prioui, sous-intendant militaire; Paris, Baudoin, 1S8t'.; — la Tourkmenie et les Tourkmines, par le capitaine Wellj Paris, Baudoin, 18S0.

TRANSCASPIENNE

2* expédition (1879), général Lazarev. — En 1879, une forte expédition (22,000 hommes, dont 18,000 combattants), fut organisée sous les ordres du général Lazarev, qui venait d'acquérir un grand renom par sa victoire d'Aladja, dans la campagne d'Arménie1. Tombé malade, il dut remettre le commandement au général Lomakin et mourut quelque temps après, a Tchat. L' expédition partit de Tcbikislïar et s'avança jusqu'il ilonghil-T'-pé, près de fieok-Tepé. Les villages étaient dérendus par 13,000 hom. env. Le S sept., la colonne d'attaque, forte de 3,000 hommes, donna l'assaut sur plusieurs points, franebit les murs de Vaoul, mais ne put s'y maintenir. Elle perdit 200 lues et près de 300 blessés.

Les Uusses durent se retirer; leur retraite fut rendue difficile par l'insuffisance de leurs magasins et de leurs convois, dont les bêtes de somme mouraient par centaines et dont les conducteurs désertaient. C'était un échec grave; il fallait le réparer.

3° expédition (1880-1881), général Skobelev. — L'année suivante I18B0), le général Skobelev reçut la direction des opérations (mai 1880). II commença par réunir avec soin ses moyens d'action. 11 choisit pour port, sur la Caspienne, Mikhaîlovsk, dans la baie de Krasnovodsk ; il rassembla un convoi de 20,000 chameaux, fit commencer un chemin de fer (système Deçà avilie), de Mikh.ailovsk à Kyzyl-Arval; puis, le fit prolonger jusqu'à Kami, où il organisa une «talion-magasin. An mois de juillet 1880, il alla personnellement reconnaître les défenses de Geok-Tepé (1 14 kil. de Bami], les trouva fort sérieuses, et, pendant six mois encore, il continua ses préparetits. Il renouvela ses reconnaissances au mois de décembre.

L'n détachement de 900 hommes et 400 chevaux de l'armée duTur- ^Mlan, sous le commandement du colonel Kouropalkîne, concourut 4 Cette campagne. Il partit de Pelro-AIexandrovsk et, passant par lp5 puits d'Igdy, arriva à Bami, fin décembre, ayant exécuté une

Marche remarquable sans avoir un malade.

Prise de Geok-Tepé. — Au mois de janvier, le général Skobelev ■ porta sur Geok-Tepé. Les défenses consislaient en une enceinte en pisé, formant un rectangle de 1,200 m. sur 600 m., autour du tertre **D«ngb,îl-Tepé. 30,000 individus, avec femmes et enfants, étaient •^mis dans cette enceinte, mais il n'y avait que S, 000 combattants »nnis de fusils et 10,000 cavaliers.

On commença les attaques d'un siège régulier par l'ouverture

d'une première parallèle {4 jaiiY.). — L'artillerie ne pouvait avoir i effet insuffisant, parce que les projectiles perçaient les murs de terre sans les renverser. Elle réussit pourtant à ouvrir une première brèche. Une deuxième fut pratiquée à la mine, et l'assaut fut donné avec fureur, le 24 juin. Plus de 10,000 hommes périrent, dit-on, dans cette défense. Les liusses eurent 300 tués et "00 blessés gra-

imeot1.

Le combat de Geok-Tepé fut le seul do la campagne.

Le général Skobelev se hâta de tirer parti de celle victoire; quelques jours après, il s'avança jusqu'à AskliaLid ; il négocia aussitôt la soumission du pays, fit revenir les habitants dans leurs demeures, accorda des honneurs partie ul iers aux chefs qui l'avaient si bravement combattu el leur attribua des grades dans l'armée russe1; il donna une organisation à leurs troupes dont il se lit des auxiliaires; enfin, il envoya à Saint-Pétersbourg les principaux d'entre eux rendre hommage au tsar. Depuis lors, la Russie a pu compter les Tekkés parmi ses plus fidèles sujets.

L'annexion de leur territoire fut prononcée, el l'empire russe s'accrut d'une nouvelle province sous le nom de Province transcaspienne, avec Askhdbad pour chef-lieu. Cette campagne eut un grand retentissement dans toutes les tribus; les conséquences en furent considérables. L'ascendant moral delà Russie s'établit d'une manière définitive sur les populations de l'Asie centrale; l'autorité du tsar blanc, dont elles avaient éprouvé la puissance et dont elles connaissaient la clémence, s'imposa à leurs respects ".

Occupation de Merv (1884). — Les Tuxkmènes-Salors, auxquels appartient l'oasis de Merv, se soumirentquelque temps après. Leur eiemple fut suivi par les Sariks, qui sont sur la frontière des kbanats afghans. — Merv futoccupéaunomdu tsar, le 28 février 1884.

t. Le combat fut terrible d'acharnement. Longtemps après, les femmes éclataient encore en gémissements eu entendant les musiques militaire; russes, qui leur rappelaient les terreurs de l'assaut.

2.0a raconte que, quelque temps après la prise de firok-Tepé, le général Skobelev, faisant une reconnaissance avec une sotnia de cosaques, tomba sur un parti de cavaliers turkmènes. Ceux-ci protestant de leur soumission, il renvoya ses cosaques et les prît comme escorte. Ces procédés frappaient vivement ces peuples impressionnables.

3, D'abord rattachée au gouvernement de ïnrkestan, la Province transrn^piemie a été postérieurement ennslitiié" en commandement militaire distinct. Sa population est évaluée A 100,0(10 hab.

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