N EUROPE EN N'B
élevée, ont un plus grand confortable. Un certain nombre d'hommes de troupe sont mariés et se fixent dans le pays.
La colonisation n'est pas dense; on pourrait dire qu'elle est sporadique, c'est-à-dire qu'elle procède par bonds1; c'est pourquoi elle a été si rapide. Les dislances ne sont rien pour le Russe ; il est habitue aux grands espaces qui, en Russie même, séparent les centres habites ; bien que le pays soit peu peuplé, la pacification est dès maintenant si complète qu'il n'y a rien a craindre de la part des populations indigènes1.
11 n'y a aucune comparaison à faire entre l'établissement des Russes en Asie et celui des Français en Algérie. Le pays est loin d'avoir les mêmes beautés pittoresques; le désert esl sans charme; l'oasis n'est qu'un îlot de pâturages dépourvu d'arbres. La race indigène n'a ni la fierté ni la beauté de no3 Arabes. Sans ressort moral, incapable de révolte, sans fanatisme même, si l'on en excepte quelques centres religieux, comme Boukhara par exemple, elle est asservie depuis de longs siècles par les mœurs orientales, humble et humiliée.
Les Turkmènes seuls ont montré quelque énergie. Détrousseurs de caravanes, ils semaient la terreur autour d'eux, mais, pour cette raison même, ils étaient habitués à se faire craindre et à se faire respecter. La transformation, pour ainsi dire immédiate, de leurs mœurs après leur soumission aux Russes est un juste sujet d'étonnement. Us ont abandonné leurs habitudes de pillage, cultivent la terre, et élèvent des chevaux. En leur laissant la liberté de la vie nomade, en leur allouant une solde régulière, les Russes ont fait, de ces anciens pillards, de fidèles serviteurs. Aucun préjugé de race ne séparait les vainqueurs des vaincus ; l'assimilation pouvait se faire complète. Entre le Cosaque, le Kirghiz, et le Turkmène, il n'y avait pas grande différence de mœurs ni de sen-
). Kyzijl-Arnat, ville moderne, centre îles travail! du chemin de fer, éclairée, dés le début, à l'éJecli'icilé, Afkkabad, Mt-rr, Tdiaidjoui, etc., pour ne parler qui' des v ■ ] 1 ■■ ^ de la ïivmsiiiisi'H'iiTie, sont drs ceuln^ i'ii;si?.5, actifs, ayant de l'aveuir. mais séparés par d'immenses espaces que ]n colonisation D'ûLorilei'ii pas d'iii longtemps.
2. Nous pouvons, disent les olliriers i ii~-i<. si une guerre nous rappe lait en Europe, laisser, en toute sécurité, nos familles et nos biens.
ï PROVINCE TBANSCASPIENXE
lîments, et la loi russe s'applique avec une merveilleuse souplesse aux musulmans, comme aux chrétiens.
La Russie a imposé aux khans de Khiva et de Boukhara un protectorat qui n'est tempéré que par l'intérêt qu'elle-même en retire. Ces Étals sont désormais dans l'impossibilité de lairela moindre résistance. Quant aux populations paisibles: elles préfèrent certainement l'administration des fonctionnai res russes, quels que puissent en être les abus, aux violences, au* pillages, aux guerres civiles incessantes dont elles souffraient. Les Russes ramènent donc la civilisation dans ces coni.p.:i '- '!i\a-lées depuis les incursions des Mongols. Grâcea eux. le IraQc d'esclaves disparait du centre de l'Asie, Les Turkmènes ae feront plus ces abominables excursions à la suite desquelles ils enlevaient les populations de villages entiers, qu'ils trali les marches du Kokan et de la Boukharie.
Les Anglais peuvent s'alarmer des progrès des Russes, mais l'humanité doit s'en réjouir. Les Slaves sont dans l'Asie centrale les porte-flambeaux de la civilisation.
Les motifs qui dirigent la conquête anglaise, et les moyens qu'elle emploie, sont tout différents. La politique anglaise est hautaine et dominatrice. L'orgueil de race se manifeste dans tous les rapports avec les population s sujettes. Les Anglais ne cherchent pas une assimilation impossible; il y a entre eux ei les populations soumises, incompatibilité absolue; ils ne se préoccupent que de le3 maintenir dans l'obéissance et à les eiploiler commercialement.
Si, un jour, un grand conflit éclate dans l'Asie, entre Russes Bt Anglais, que deviendra la puissance anglaise? Les Anglais peuvent-ils compter sur le concours des rajahs de l'Inde, tandis que les Turkmènes, peut-être les Afghans eux-mêmes, marcheront aux avant-gardes russes, avides de se jeter sur l-i riche et superbe proie des Indes , si souvent pillées par leurs ancêtres?
Et) 1839, la fronliére russe était à 1,500 kilomètres des Indes; elle n'en est plus qu'à 500 kilomètres aujourd'hui.
VSXPl
Nota sur la chemin de fer transcaspien.
La première sr/clion :i f-.U; eséeutée eu tssn, rU-puis Mikhaïlovsk ju Kyzyl-Arvat, a l'entrée de l'oasia des Akkal-Tekkéa (230 kil.).
La ligne a été continuée pu juillet 18s:i, et, un au après, jour pour jo le premier Iruia est arrivé a Merv (56* kit.).
Eu trois mois, la distance de Merv à l'Oxus a été franchie, et la ligu poussée ju.-<|ii';i Ti'tj.'ii'ilioni ;2ii2 kil.).
A Tchardjoni. dont la population est de 30,000 habitants, la largeur de l'Oxus est de plus de l,S0u mètres, et la profondeur des chenaux varie sans cesse par suite de ta grande quantité de limon qui se déplace. Le pont a été terminé en septembre 1SS7 ; il est en hois, a une longueur de a, 500 m. et h coûté 30U,<JO0 roubles; la ligue a été inaugurée a Samarkand, le 21 mai i88fi.
La tfite de ligne sur ta Caspienne a été reportée (mai 1886) a Ouzoun- Ada, ù 26 kil. de Mikhaïlovsk, où se trouvent des fonds de 3a 4 mètres (a Mikhaïlovsk, 2 m. à 2™ ,50 seulement]. Il n'y a pas d'eau potable.
Les stations principales de la ligne aont (distances comptées de Mikhni-
Kazandjîk, petite o,isi.j, premier pniut d'eau 1S8 kilomètres.
Kyzyl-Arvat, oaais des Akkal-Tekkés , centre de
l'ad mini a t ration du chemin de fer 230 —
Geok-Tepé, oasis des Akkal-Tekkés 403 —
Askhabad, oasis dea Akkal-Tekkcs 450 —
(La traversée de l'oasis des Akkal-Tekkés est de 237 kil.) Doucbak, point d'attache de la ligne projetée sur
Serachs; oasis de l'Atek 620 —
Merv (pont de S0 m. sur le Mourgbab) 7Di —
(La traversée de l'oasis de Merv est de 75 kil.)
Repetek, station du désert 969 —
(Traversée du désert de sable, 250 kil. envir.)
Tchardjoui (pont de 2,500 m. sur l'Oxus] 1,046 —
Sur la rive droite de l'Oxus, il y aune zone de sables de 50 kil. env., puis le paya est fertile et peuplé.
Boukhara(la station estât* kil. env. de ta ville}. 1,155 —
Katla-kourgnti, premier pu? le russe 1,351 —
Samarkand 1,425 —
Le chauffage dos machines ae fait nu moyeu Art résidus i!p pétrole. La dépense de rnnstnidion a été évaluée fi environ E«,0ÏO Iraucs par verste (1,067 m.), et celle d'eutrclieri a 3,000 francs.
La région entre Merv et l'Oxua eat particulièrement effrayante. Les sableB se déplueeut >■■ ■ n 1 i il 1 1 > ■ 1 1 ■ ■ m ■ut sous l'acti'in .!■■■ veuU. Cependant tin cantonnier par verste en temps calme, et trois lorsque le veut souffle en tempête, suffisent pour assurer la liberté de lu voie.