Royaume-Uni
Empire Indien 289,132,000 —
Dominion of Canada 4,829,000 —
Australie et Tasmanie 3,730,000 —
Autres colonies 14,041,000
Sur ce chiffre, la langue anglaise est parlée par plus de 100 millions d'hommes, auxquels il faut ajouter 50 millions dans les États-Unis.
3. En 1583, Philippe II avait commencé de grands préparatifs en vue de venger la mort de Marie Stuart et de restaurer la foi catholique en Angleterre. En 1588, une flotte de 135 voiles, la Grande Armada, portant 8,000 matelots et 19,000 soldats, sans compter 30,000 hommes de troupe sur des bateaux plats, quitta l'embouchure du Tage. Assaillie par deux
IXP. EUR. 2
L'EXPANSION EUBOPÉEN'SE
En 1648, lors du traité de Westphalie, la France était encore prépondérante dans le monde. Le prodigieux développement de la race anglo-saxonne et l'extension de sa puissance datent donc de deux siècles à peine. Ils sont le résultat d'une politique poursuivie avec sagesse et persévérance ; aussi les Anglais admirenl-ils avec orgueil leur empire qui embrasse le monde' {World-Hlaie),el, grâce à la vapeur et à l'électricité qui suppriment les dis tances, l'Atlantique est aujourd'hui un fossé à peine plus large que ne l'étaient autrefois la mer d'Irlande ou la Manche.
L'Angleterre a, comme colonies d'exploitation, les Indes et les plus belles lies des Anlil les. Elle possède, comme colonies de peuplement, les terres les plus fertiles et les plus salubres, dans l'Amérique du Nord, dans l'Afrique australe, et dans l'Australie. Des peuples plus nombreux que ceux de la vieille Europe trouveraient place pour vivre sur ses domaines.
Cet immense empire colonial sert de déversoir au superflu de la race anglaise. Depuis no siècle, les îles Britanniques ont triplé leur population; tous les trois ans, elle gagne 1 million d'âmes, et cependant, entrente-deux ans, de 1833 à 1885, il en est sorti 7 millions et demi d'émigrants, et de 1815 a 1885, plus de 11 millions !.
1. « La diane matinale, suivant la course c aux heures, entoure le globe d'une chaîne d guerrières, « dit un poète anglais.
« J'ai vu la force, la richesse, l,i jiuiâ^aiice de ce paya augmenter au delà île toute nlU'utr, p ri: *. i ijf au <li:ki <]'; L ■ ■ i j t l' imagination. Vous pouvez regarder, sans crainte, n'importe quelle puissuiGe, n'importe quelle nation, du inonde. » (GuoMiwe.)
2. La population de toutes les ponealioDe réunies des autres nations européennes formerait, tout an plus, I': cinquième de l'Empire britannique, qui occupe la tùiUme partie de la terre hafiital/U.
Pour 1 Anglais de la aAtrapofe , il y a 1 colons.
— 1 Hollandais — 6 —
— î Portugais - 1 —
— 2 Espagnols — t —
li'KUPIBB BHITANNIQU]
Le facteur principal de la puissance anglaise est son commerce; c'est par lui qu'elle a grandi, c'est dans un but commercial qu'ont été entreprises toutes les guerres. Les Anglais ne s'en cachent pas. « La conquête toute nue n'a jamais eu de charme pour nous, » disent-ils.
L'Angleterre s'est assuré l'exploitation des plus riches marinais ses clients les plus sûrs et les meilleurs sont ses colonies. Celles qui se sont rendues indépendantes, comme les États-Unis, continuent a entretenir avec elle des relations basées sur l'analogie des goûts et la communauté de langue.
Un écrivain anglais énumère et classe de la manière suivante les causes principales du développement du commerce anglais:
La position insulaire de la Grande-Bretagne;
Le développement de ses eûtes, sur lesquelles on ne trouve pas moins de 530 ports;
L'abondante des voies de transport : canaux et chemins de fer;
Une marine marchande qui dans le Itoyaume-Uni comptait, en (suit, 11,000 navires à voiles, eL environ 7,000 vapeurs, montés par 100,000 marina; dans les colonies, environ 13,000 voiliers et 3,000 vapeur a ;
L'importance de la production industrielle et agricole du pays el particulièrement la richesse de ses dépôts de charbon;
Des colonies qui envoient à la métropole les matières premières nécessaires à son industrie, et qui consomment une grande partie de ses produits manufacturés;
L'ne grande puissance monétaire appuyée sur l'abondance des capitaux et l'existence de nombreux établissements de crédit d'une grande importance;
Des traités de commerce avantageux;
]>.'s lois de navigation et de commerce plus simples et plus pratiques que celles des autres pays1 ;
■ autres disposition? avantageuses, les contrats des équipages
des bâtiments qui se rendent dans les mers de Chine ne comprenneut
que la durée du voyage d'aller. Arrivés au port, les matelots sout débar-
■mplaeés par des Malais, dont l'entretien est beaucoup moins
■li-p tieui. Lee bâtiments anglais peuvent donc naviguer dans ces
i.' îles coudilious d'économie toutes spéciales ; quant aux équilais, grâce au nombre des navires anglais qui sout toujours ■ les ports, ils trouvent promptemeut des engagements pour leur
Une efficace protection accordée aui nationaux dans toutes les parties du monde;
El, surtout, l'esprit de commerce et d'entreprise qui anime tous les Anglais.
Ces chiffres expliquent comment les colonisations de la race anglo-saxonne sont le fait le plus important de notre époque et peutêtre de l'histoire.
Mais les forces industrielles et productives de la nation se sont développées d'une manière excessive et même dangereuse. Plus que partout ailleurs la production dépasse les besoins de la consommation. Et l'Angleterre est condamnée à une production incessante pour alimenter ses fabriques, et faire vivre les millions d'ouvriers dont l'existence en dépend. 11 lui faut se préoccuper, sans cesse, d'ouvrir à ses manufactures de nouveaux marchés et de chercher pour ses produits de nouveaux consommateurs, d'autant plus que les autres nations, perfectionnant leur outillage industriel, cherchent non seulement â se suffire à elles-mêmes, mais encore à faire pénétrer leurs produits sur les marchés étrangers.
L'expansion coloniale de la Grande-Bretagne est donc la conséquence absolument forcée de sa situation industrielle.
Depuis trois siècles, sa politique intérieure et extérieure a été dirigée vers ce seul but : ouvrir de nouveaux marchés; mais, si les grandes entreprises extérieures ont réussi, c'est surtout grâce aux habitudes d'initiative privée et de responsabilité individuelle, qui sont nne des principales caractéristiques du peuple anglais comme de la famille anglaise.
Si l'on veut se rendre compte de la puissance anglaise, si l'on veut comprendre les mobiles qui dirigent la politique anglaise, ce n'est pas seulement sur les lies- Britanniques et suie Parlement anglais qu'il faut porter son attention, mais il faut embrasser du même regard le monde entier depuis le Canada jusqu'à l'Afrique australe, depuis les Indes jusqu'à l'Australie. A côté de l'Eut anglais, qui peut paraître, suivant les
tenir. Les lUTÎres français Mat. «a contraire, obQgfs de coraerver les même* équipages pendant toute la campagne, ce qtrî les net dus nne
époques, plus ou moins puissant, plus ou moin3 heureux dans ses négociations diplomatiques ou dans ses entreprises militaires, il y a la race anglaise, qui semble, pour de longs siècles à venir, devoir rester prépondérante dans les affaires du globe. Il peut arriver que l'Angleterre soît affaiblie comme Élat, qu'elle soit, comme l'Espagne, dépossédée un jour de son empire colonial, mais la race anglo-saxonne n'en dominera pas moins le tiers du inonde.
Depuis qu'ils ont été éclairés par l'émancipation des colonies d'Amérique, les Anglais se sont beaucoup plus préoccupés de l'extension de la race anglaise que de l'accroissement de la puissance de l'État.
Le gouvernement anglais ne prétend nullement exercer sur les colonies une tutelle politique cl administrative indéfinie. Il limite ses dépenses au strict nécessaire, mais il n'hésite pas cependant à s'imposer, au moment opportun, celles qui paraissent nécessaires aux intérêts généraux. Si le trésor de la Grande-Bretagne est obligé de faire quelques sacrifices, l'opération se soldera, en fin de compte, par un avantage au profit de la communauté.
L'expression de possessions anglaises, dont on a coutume de se servir en parlant des grandes colonies anglaises, est très inexacte pour désigner ces pays exploites par des hommes de race anglaise, sortis de l'Angleterre, mais jaloux aussi da ne demander à la métropole que le minimum d'appui dont ils ont besoin, et désireux de grandir vite pour acquérir leur autonomie.
Loin d'imposer à ses colonies un outillage administratif
compliqué et un formalisme oppressif, l'Angleterre se borne à
leur demander le respect des grands principes inscrits dans
. et semble, au contraire, préoccupée de les amener à
une émancipation progressive.
Les colonies sont dotées d'un système représentatif plus ou
moins complet, suivant les conditions dans lesquelles elles se
iéretoppent. Les unes ont des ministres et un parlement; les
autres, seulement un conseil législatif, et l'on a vu, dans des
Muces récentes : à Terre-Neuve, pour la question des
pêcheries françaises; en Australie, au sujet des Nouvelles- Tlébrides, les parlements locaux entraver, par leur opposition, des négociations que le gouvernement anglais avait engagées avec la France.
Sans en prendre ombrage , la mère patrie s'enorgueillit de !a croissance rapide de ses colonies, comme un père de famille se réjouit delnprospéritéd'une maison fondée par ses fils, encore que celle-ci puisse devenir une rivale. Elle les encourage, au contraire, et prévoit même, avec une mélancolie qui n'est pas sans grandeur, le jour possible où celles-ci réclameront une indépendance complète.
« La Grande-Bretagne possède tant de dépendances d'outremer qu'elle serait incapable, le voulût-elle, de leur fournir à toutes des administrateurs, des soldats, des subsides. Ce sont des enfants qu'elle élève, chacun suivant les dispositions qu'il montre et qu'elle émancipe au plus vite, afin de ne plus être responsable de la conduite qu'ils tiendront dans le monde'. »
Cependant cette trop rapide émancipation ne laisse pas de causer parfois quelque souci aux hommes d'Étal, anglais. En abandonnant aux grandes colonies le libre emploi de leurs revenus, il est arrivé que quelques-unes, comme le Canada et la colonie australienne de Victoria, qui sont protectionnistes, ont défendu leurs industries naissantes par des tarifs prohibitifs, même contre les marchandises anglaises, et ont causé ainsi d'assez graves préjudices aux intérêts économiques de la Grande-Bretagne.
D'autre part, dans l'éventualité d'une grande guerre, il peut arriver que les colonies soient tentées de se soustraire au danger en proclamant leur indépendance ou du moins leur neutralité? On a essayé, il est vrai, de prévenir celte rupture en établissant entre elles et la nie'lropole un lien fédératif, et l'on a proposé de constituer l'empire britannique avec un parlement fédéral, des lois douanières communes, des intérêts militaires solidaires, sous cette devise : Freedom, Fraternité/, Fédération*.
, par A. Gerçai», Bspim
L'EMPIRE DRITANNIQUE
Ce sont les habitudes et les traditions mêmes de la famille anglaise qui ont servi de modèle à l'organisation et au développement des colonies. Tant que les enfants sont jeunes, ils restent sous l'égide maternelle; la famille est, en quelque sorte, condensée, sans toutefois que la sollicitude du père s'immisce dans les défails des soins ou de l'éducation du jeune âge, tomme il arrive souvent dans les familles françaises.
Dès que les enfanls grandissent, chacun tire de son cote', suivant ses ressources ou ses aptitudes, et apprend a ne compter que sur lui-même. Le lien familial se détend. Dans la société française, le père de famille n'abdique jamais ses droits de conseil, de tutelle, de réprimande; dans la société anglaise, au contraire, il se désintéresse, dans une large mesure, de la direction de ses enfants parvenus â l'âge d'homme, et dont il ne trouve pas que la responsabilité doive lui incomber.
Il en est ainsi des colonies devenues grandes ; elles réclament bientôt leur liberté d'aclion, leur self 'government ,"la métropole est toute disposée à la leur octroyer; tandis que la colonie française, trop habituée à demander à la mère pairie une part au budget et â recevoir d'elle des fonctionnaires de tout ordre et des règlements minutieux, serait, sans doute, aussi malhabile a jouir de sa liberté, qu'elle serait surprise si on la lui offrait. Elle ne la sollicite ni ne la désire, et personne ne songe à la lui proposer. Sa plus haute ambition sera d'être traitée en grande personne, c'est-a-dire d'être dotée d'institutions communales et politiques sem blables à celles de la mère patrie, et, surtout, d'avoir des représentants qui siégeront au Parlement sur le pied d'égalité uvec ceux des vieux déparlements français, partageant avec eux la responsabilité du gouvernement de la France.
Il y a de grandes différences entre le régime administratif ^ diverses possessions. Les unes ne sont que des postes militaires et maritimes, comme Gibraltar, Malte, Sainte-Hélène, etc., administrés par des fonctionnaires anglais. D'autres sont de tes colonies ayant, soit un conseil législatif, comme la Ja-
maïque, la Trinité, Maurice; soit une assemblée législative élue, comme Terre-Neuve, les Bermudes, les Antilles.
Le Dominion of Canada, Y Australie et la Nouvelle-Zélande, les colonies de l'Afrique australe, les Indes, forment quatre groupes qui jouissent d'une grande autonomie, et qui, sous la tutelle plus ou moins directe de la mère patrie, grandissent, pourvoient a leur propre défense, et se préparent, les Indes exceptées, au self government, à la vie responsable et indépendante des peuples libres.
Les possessions anglaises se répartissent ainsi [1891) : Dans la Méditerranée :
Gibraltar (dont 6,000 hommes de garnison) 24,000 hai.
Malte (dont 10,000 hommes de garnison) 115,000
Chypre 200,0011
~4iiS,lHHI
En Asie :
Empire Indien et dépendances 289,732,000
Établissements du détroit de Malacca, Ceylan, Hong- Kong , etc 5,027,000
2»4,7S9,flUQ En Afrique :
Colonie du Cap et territoires voisins, environ 3,842,000
Càte de Guinée ( Niger, Bénouê , Sierra-Leone , Gambie, etc.) 1 ,675,000
lies (Suiute-Hclèue, Aâcenaiou, Maurice, etc.) 400,000
5,917,0im En Amérique :
Dominion of Canada 4,829,000
Terre-Neuve 197,000
Antilles, Dennudes, Honduras, etc 1 ,400,000
Guyane 283,000
6,711,000 En Oc é a nie :
Australie et Tasmanie 3,730,000
Nouvelle-Zélande 668,000
Nouvelle-Guinée et petites iles 135,000
4,a-J3,0OO " Total, wtvnuw 312,348,000 hab.
Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
(United Kingdom of Great Britain and ïreland).
315,000 kil. car.; 37,888,000 hab. (1891)».
Le Royaume-Uni comprend :
La Grande-Bretagne (Angleterre, dont fait partie le Pays de Galles, et Ecosse, réunies en 1707) ;
L'Irlande, incorporée en 1800;
Les archipels et lies voisines :
Orcades (Orkney), Shetland, Hébrides, au nord de l'Ecosse;
Anglesey etMan, dans la mer d'Irlande;
Les Sorlingues (Sciily) et Wight, dans la Manche;
Les îles anglo-normandes (Channel-Islands) : Aurigny (Alderney), Guernesey, Jersey, Serch et quelques îlots.