GRANDE-BRETAGNE
Le relief du sol.
La carte géologique montre que la ceinture jurassique du bassin de Paris se prolonge de l'autre côté de la Manche, au nord d'Oxford et de Cambridge. On doit donc retrouver au delà du détroit, dans le sud de l'Angleterre, les traits généraux des pays du nord de la France. En effet, aux falaises crayeuses de la Normandie et aux granits de la Bretagne correspondent symétriquement des terres analogues.
Une ligne tirée de Portland sur la Manche à Newcastle sur la mer du Nord, indique, à peu près, la séparation entre la région agricole du sud-est et la région industrielle du nord-ouest; c'est-à-dire entre les terres basses (formations crétacées et jurassiques) du sud-est de l'Angleterre et les pays accidentés
i. Voir dans l'ouvrage de M. Vidal-Lablache : États et Nations de l'Europe (Paris, Delagrave), le chapitre des Iles-Britanniques.
2. 162 hab. par k. c. en Angleterre ; 70 hab. dans le Pays de Galles; 71 fcab. en France.
:XPANSIOK EUROPEENNE
de l'ouest et du nord : Devon (G21 m.}, Cornouailles, Pays de Galles [Snowdon, 1,094 ni.), chaîne Pennine et monts Gheviol (frontière d'Ecosse).
Les montagnes de l'Angleterre appartiennent aux formations sédimentaires les plus anciennes : étages devoniens et cambrions, appelés ainsi , d'après le nom des pays où on les a étudiés,- et étage carbonifère. Elles contiennent les plus riches gisements de houille de l'Europe, et de grandes mines de fer.
Le sol de l'Ecosse est formé de gneiss et de granités, analogues a ceux de la Norvège qui lui fait face. La configuration des cotes est semblable, et la population est aussi, en partie, de même race que celle de la Norvège.
La frontière entre l'Ecosse et l'Angleterre est marquée par la chaîne des monts Cheviot, mais la véritable limite devrait cire prise, plus au sud, à l'isthme, large seulement de cent et quelques kilomètres, que barrait l'ancien mur dus Pietés, et que traverse le canal de Carlisle à Newcastle.
Les terres d'Ecosse se distinguent en basses terres ou Lowlartds et hautes terres ou Hightands. La partie la plus creuse des Lowlands est l'isthme de 48 kil. que traverse, à l'altitude de 48 m., le canal de Glascow à Edimbourg, entre le Firlh of Clyde à l'ouest et le Firlh of Fort h à l'est. G'est dans ce creux qu'on trouve le plus abondamment le fer, le plomb, la houille, et que se condense l'activité industrielle de l'Ecusse.
Au nord de cette dépression et de celle du Strathmore (la grande voie), autre grande vallée orientée du sud-ouest au nord-esl, de Perth à Aberdeen, commencent les Hightands, dont les monts Grampians sont la chaîne maîtresse; a leur extrémité occidentale est le Ben Nevis(i,340m.), point culminant de la Grande-Bretagne.
Les Highlands se distinguent en Highland méridional et Highland septentrional, séparés parle Gtenmore; remarquable coupure longue de 128 kil., orientée, comme les précédentes, du sud-ouest au nord-est. Le fond en est occupé par un chapelet de lacs que réunit le Caledonian canal, et que dominent des falaises de 400 mètres.
Les ciilcs.
Le développement des cûles est de près Ue 8,000 kil., c'est-à-dire environ le double du développement dos eûtes françaises, pour une superficie moitié moindre. On y compte 550 ports alimentes par une industrie puissante et des voies de communication multiples.
Côtes de la Manche. — Les eûtes de la Manche, c'est-à-dire du ■ ifftisA clt'timrf, suivant l'espression anglaise), sont relativement peu creusées. Elles se terminent à l'ouest par les caps Latufs isterre) et Lixtrd, a l'extrémité de la Coruoiiailles, et sont prolongées par l'archipel des iks Sfilly (ou Sorlîngues), où l'on exploite, comme en Coruouailles, des mines d'étain1. Les côtes sont baignées par le Gtllf-ttream; elles jouissent d'un climat fort doux.
Les principaux ports des côtes méridionales sont : Plymouth, port de guerre, symétrique de Brest, avec le port de commerce de Ddvonport;
Portsmouth, 139,000 hab., port de guerre, en face de Cherbourg, au fond d'une superbe rade fortifiée que protège l'Ile de Wight, et où se trouve également le grand poil marchand de Southampton (;i 8 heures du Havre);
■i en est à 4 heures de Dieppe; Folhestone, à moins de 2 heures de [".oulogne; Dojiwï-cs, à 1 heure environ de Calais.
Le Pas de Calais {Stra'd of Dover) n'a que 32 kil. de large.
Tout près des côtes françaises du Cotentin sont les lies anglo-normandes (fihannelMartds) : Jersey, ch.-\.Sainl-il^!'nr, Guernesey, Aurigny (Aldemey)etSerclc,avec quelques llnts. Elles faisaient partie du duché doNormandîe lors de la conquête de l'Angleterre par les Normands (en 1066), et lorsque le duché ût retonr à la France elles res- Hrwl à l'Angleterre.
Cotes orientales. — Elles sont creusées par le profond estuaire de la Tamise, dont l'entrée est défendue par une série de forts et de batteries (Skœburyness au nord, Sneraess au sud),
: i ou vent (r. d,) tes chantiers de construction et le port de ■ i.7wM.m, à l'embouchure de la Medway, Granesend, l'arsenal de Wooiwich, l'observatoire de Greenwich.
i. I> r.i'i le nom d'Ile!- Ciissilr,-i/l':'r. .lu ern: ïjïi'TîfOî (élain).
:■:■■:: /■!<i!ii:h-:< île lu cAte voisine ont été l'origine du d Albion donné a la grande Ue.
Au nord de la Tamise, la cûle es! basse ; elle ressemble à celle des Pays-Bas qui lai fait face. Jusqu'à l'estuaire du Uumber, où se trouve Ihdl (200,000 hab.), gui est le principal port pour les relations avec le nord de l'Europe, il n'y a que des ports de pêcheurs.
Au cap Flamhorough, la côte redevient rocheuse, et l'on a projeté l'établissement d'un port militaire à Vileij, qui est le point le plus rapproché des embouchures de l'Elbe et de la Weser.
Il est à remarquer qu'il n'v a sur les côtes orientales aucun port dont les installations permettraient la réparation des grands navires de guerre.
Newcastie (180,000 hab.), à l'embouchure de la Tyne, est un des principaux ports d'exportation de la houille.
La côte d'Ecosse est très profondément creusée par : le Firtk of Forth avec Edimbourg (261 ,O00 hab.) , le Firth of Twj avec Dundee, (156,000 hab.). Plus au nord, sont : Aberdem (122,000 hab.) ; Inverness, à l'entrée du Caledouian canal.
Côtes occidentales. — La cûte pittoresque du Pays de Galles est comprise entre les deux superbes estuaires qui conduisent à Bristol au sud, à Liverpool au nord. Le canal de Bristol forme une magnifique entrée à la Severn et au port de Bristol (221,000 hab.). Sur ses rives du nord, le grand port charbonnier de Cardiff (129,000 hab.) et, à la pointe sud du Pays de Galles, la rade militaire de Milford- Haven, et le port de Penbroke.
L'ile i'Angtesey n'est séparée de la côte voisine que par un étroit bras de mer que le chemin de fer traverse.
Liverpool (lil8,000 hab.), à l'embouchure de la Mersey, est le grand port d'importation du coton ; mais c'est la traite des nègres qui, au xvm* siècle, a commencé la richesse de ses armateurs. Ses docks s'étendent aujourd'hui sur une longueur de plus de 40 kil.
Le Solwaij firth creuse la côte h la frontière d'Ecosse; c'est là, près de Carliste, que commence le mur des Pietés.
La côte occidentale d'Ecosse est encore plus déchiquetée que la côte orientale; elle est bordée d'archipels, d'Iles nombreuses. Prés de l'ile de Huit, dans l'Ilot Staffa, à l'entrée du Caledonian canal, est la célèbre grotte basaltique de Fingal,
A l'extrémité du profond estuaire de la Clyde, Glascow (.jG6,000 hab.), la deuxième ville du Itoya unie- Uni par sa population, est la métropole commerciale et industrielle de l'Ecosse.
La Grande-Bretagne a trop peu de largeur pour que de grands fleuves aient pu s'y former. Aussi le réseau hydrographique n'a-t-il joué qu'un rolc secondaire dans le développement économique du pays. Les rivières, soit naturellement navigables, soit canalisées et reliées entre elles par des canaux, n'ont été utilisées pour les communications que dans une mesure relativement restreinte ; mais elles acquièrent une grande importance par les superbes, estuaires de leurs embouchures. De très fortes marées les balayent à de grandes distances { 125 kil. pour la Tamise) et permettent aux navires de haute mer de les remonter fort loin. C'est là que s'est déla prodigieuse activité commerciale et maritime qui a fait la grandeur de la nation anglaise.
Telles sont, sur le versant de la mer du Nord :
La Tamisa, que les vaisseaus remontent jusqu'au pont de Londres (London Bridge) ; elle commence a peu de distance de la cote occidentale et coule, près de Gluirccahir, de l'ouest a l'est, par Oxford. I • ■ rsi i.airi?, Wiu'Sïur, résidence royale; sa navigation maritime commence à Londres.
Dans l'estuaire tombe (r. d.) la Medway, sur laquelle sont les établissements maritimes de Chalitm.
Dans l'estuaire de l'Humber {IIull}, finissent leTrent qui vient du ■Ut, et l'OasB [York) qui vient du nord. A .\ wcattle s'ouvre l'estuaire de la Tyne. L;i Tweed (Bct'H'i'cS) marque la frontière d'Ecosse. Le Forth et le Tay (Perth, Dundee) traversent les Lowlands d'É-
l'i' de l'estuaire du Forlli, Edimbourg, dont le port estLeilh, est ne capitale de l'Ecosse et, après Londres, le principal cen- ■ !■ de la Grande-Bretagne.
Sur le versant occidenlal : la Severa forme, à peu près, la limite tud-esl de la région accidentée du Puys de Galles. Dans son eslinil l'Avon, qui l'orme le port de Bristol. Sur l'estuaire de la Mersey, h dr., Lira-pool; à g., BirkcnluaU.
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