Voici la curieuse réponse de Schir-Ali au Sultan
h L'ambassadeur extraordinaire de Votre Hautcssc m'a cotnm
' — s relativement aux Anglais. L'objet de la lettre expédiée pjr D
recevoir une mission anglaise, conduite pargir Neviile Chamberlain
(août 1878), et accompagnée d'une escorte armée de 2,000 hommes;
il envoya, au contraire, à Tachkent (sept. 1878) des officiers qui se
rendirent ensuite àPétersbourg.
Mais la guerre élait terminée en Europe et le traité de Berlin Tenait d'être signé (juillet 1878). Le Tsar ne voulut pas s'engager dans des complications nouvelles et ne consentit pas h ratifier les promesses d'assistance que les officiers russes avaient faites au khan do Kaboul. Schir-Ali Tut abandonné à ses propres forces, que, d'après les documents anglais, on évaluait à 37,000 hommes d'infanterie et 6,000 cavaliers réguliers, avec une centaine de canons.
avec l'agrément do Votre Hautesse, était le suivant : me procurer des nouvelles sur les événements d'Europe A. vrai dire, je n'ai pus rencontré pour cela de bien grandes difticultés. Des nouvelles que j'ai recueillies de différentes sources, je conclus que les troupes rosses se sont approchées de la résidence de Votre Hautesse, taudis que les Anglais, après «voir, plus d'une fois, affirmé leur hou vouloir pour nous, restent jusqu'à présent neutres et suivent la politique qu'ils avaient dés l'origine résolu d'adopter. Comme tout le monde sait qu'une vieille amitié unit les n;
lions ottomane et anglaise, j< Anglais s'obstinent a ne pas voi rifile plus besoin de leur appu temps, désertent volontiers le t efforts tendent constamment à :
Ms ont autant d'énergie ■
puis m'empficher de regretter soutenir précisément lorsque vous au- Sachaut que les Anglais, depuis quelque Tain de l'amitié et de la franchise, mes 3 tenir a distance. J'estime que les Rus- Anglais, et qu'eu tout cas, ils les surpas-
sent lorsqu'il s'agit de bonne foi. Je suis positivement incapable d'ac der la plus légère coulianec aui promesses des Anglais.
> Je sais bien que Votre llaulesse ne m'a pus approuvé quand je lui ai dit dons ma dernière lettre que l'amitié dp? Anglais n'était qu'un mot, un mat écrit sur la glace ; mais maintenant Votre Hautesse a pu se convaincre, par sa propre eipérience, du peu de fond qu'on doit faire sur cette tniili>\ et elle voit que les An y I nid ;i h nu donnent aus coups du destin tous leurs amis dans te malheur. Je uo doute donc pas que vous n'accordiei l'.itti'iilioïi requise a ma très humilie opinion sur les Anglais. Si leur conduit'.' était conforme ila justice, toutes les difficultés seraient levées de nif.D i-i'ité, sans aucun doute ; mais, confiants dans leur puissance, ils ont toujours agi avec nous d'une manière iin Mg.-mte ef dédaigneuse.
Pur mes nombreux entretiens avec l'envoyé russe qui se trouve ici depuis quelque temps, j'ai acquis lu persuasion que les Russes sont en tout «s, plus honorables et plus siucèies que les Anglais. Voilà pourquoi je trois de mon devoir d'engager Votre Hautesse h quitter l'alliance anglaise et t l'entendre avec les Busses.
Première guerre de l'Afghanistan (1878-1879). — Les troupes anglaises concentrées Idée. 1818) sur la frontière, y Peshawer, Kohat, et Quetla, envahirent l'Afghanistan sur trois colonnes.
La colonne principale (général Browne, 0,000 h.) s'avança par le Khyber-pass, enleva le fort d'Ali-Muzgid et occupa le débouché occidental du défilé.
L.i colonne île k'jlial (iiénér-al liobi'ris, 'j.OOi) h.) remonta la vallée du Kouroum, et, après quelque iv-islance, réussit à s'emparer des passes de Peiwar et de Schulnr-gardan.
La troisième colonne, sous les ordres du général lîiddulph (5,006 h.), se forma à QueLta ; elle occupa Kandahar sans coup férir et s'avança jusqu'à Girichk.
Une réserve de G, 000 h. fut organisée à Moultan.
Les troupes étaient alourdies par des convois considérables, dont la marche était très difficile-
Schir-Ali se réfugia sur le territoire russe, où il mourut quelque lemps après. Son fils Yakoub-khan entama des négociations avec les Anglais, et la paix fut rétablie parle traité de Gandamak ' (26 mai 1 S'il). Les Anglais rendirent Kandahar et Jelalabad. Us se réservèrent seulement le droit de garder militairement les détilés des mon tagnea, Ils imposèrent à l'émir une sorte de protectorat sous la surveillance d'un résident anglais. Us ne lui réclamèrent aucune indemnité el lai allouèrent, au contraire, un subside annuel de "2,!i00,000 fr.
Deuxième guerre de l'Afghanistan (1879-1880). — Les populations afghanes n'acceptèrent point les conséquences de ces arrangements. Une insurrection éclata à Kaboul. Le major Cavagnari, résident anglais, et les memLres de la mission furent massacrés.
Une nouvelle expédition fut au^si (.01. résolue; les colonnes anglaises marchèrent simultanément sur Kaboul et sur Kandaiiar : général ISriglit, par la passe de Khyber; général Roberls, par le Kourouul (6,000 h.); général Slewarta-vec 13,000 h. parQuella et Kandahar.
Le général Roberls entra à Kaboul, le 2 octobre, après plusieurs combats. Une partie de la ville fut rasée, les coupables furent châtiés, et le khan emmené prisonnier.
Kandahar fut réoccupé.
Les opérations reprirent au printemps 1880. Le général Stewarl, après une bataille livrée à 20,000 Afghans, entra a Ghazni et rouvrit ainsi la roule de Kandahar à Kaboul.
1. Gaudstnak, à l'est de Kaboul, à moitié distance de Jelalabad.
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Cependant une armée, relativement nombreuse, sous les ordres de Ayoub-khan, attaqua, le 27 juillet 1880, une colonne mixte angloafghane, à 75 kil. à l'ouest de Kandahar, sur la route de Girichk. Elle lui ût subir un désastre près de Maiwan ( 1 ,200 b. tués , 2 drapeaux, 2 canons perdus), à la suite duquel Kandahar fut assiégé.
Le général Roberts accourut de Kaboul, battit les Afghans (1er sept.
1880) et dégagea la place.
L'occupation militaire de l'Afghanistan imposait à l'armée anglaise de lourdes charges, et pouvait encore exposer à des échecs les trop faibles détachements qu'on y laisserait. Kaboul lut évacué le 30 sept. 1880; Kandahar fut abandonné au mois d'avril suivant. On ne conserva qu'une forte garnison à Quetta et des postes de surveillance dans quelques localités voisines, de manière à tenir les débouchés des montagnes. /
Cest à cette même époque que les Russes commençaient à s'établir dans la Transcaspienne. En 1881, ils soumettaient les Turkmènes. En 1884, ils occupaient Merv, et étendaient leur influence sur les populations voisines de l'Afghanistan.
Les Anglais réclamèrent alors un règlement de la frontière afghane et manifestèrent leur intention de soutenir le nouveau khan de Kaboul, Abd-er-Rhaman, qui, de son côté, déclara solennellement son alliance avec les Anglais1.
Si l'on compare la puissance militaire de la Russie et celle de l'Angleterre ; si l'on compare les distances que les Russes et les Anglais auraient à franchir pour porter sur leurs frontières asiatiques des troupes venant d'Europe, si Ton examine enfin la valeur et le nombre des forces que l'Angleterre et la Russie pourraient mettre en ligne, on ne peut contester la supériorité de la Russie.
Il est donc de l'intérêt de l'Angleterre que la politique russe reste engagée dans les questions européennes pour qu'elle n'ait pas liberté d'action en Asie. — Il serait encore mieux dans ses intérêts de s'en-
J.« L'Afghanistan ue connaît plus maintenant qu'un seul ennemi, à savoir les Russes, qui sont déjà sur les bords de l'Amou-daria. S'ils osaient jamais franchir cette rivière, je marcherais alors contre eux avec une grande armée, et, comme réserve, j'aurais les troupes de ma voisine et amie l'impératrice des Indes. »
Si l'on rapproche cette déclaration de la lettre de Schir-Ali citée plus haut, on se rendra compte des fluctuations de la politique des princes de l'Afghanistan et du peu de confiance que les Anglais comme les Russes doivent avoir dans leur amitié.
tendre avec la Russie, qui, de longtemps encore , ne sera ni une rivale maritime, ni une rivale commerçante. — Telle n'est pas cependant l'orientation actuelle de la politique britannique et, quant à présent, en Europe, comme en Asie, elle est disposée à considérer comme ses amis les ennemis de la Russie, et inversement.