LA BIRMANIE
Le bassin de l'Irawaddy comprend la majeure partie de la Birmanie. Le fleuve, dont le cours supérieur est fort peu connu, sort des hautes montagnes du Tibet. A BMmo, à 1,200 kil. de la mer, il commence à être navigable (ait. 215 m.). Il faut quatre jours pour la descente et neuf jours pour la montée. Bhàmo est un centre fort imporlant, à 200 kil, de la frontière chinoise, dont il est séparé par nn pays difficile et habile par une population belliqueuse et presque lonjours en état de révolte, les Kakhyens. Bhamo est en relations avec Calcutta par Manipour, chef-lieu d'un petit État protégé, qui (orme enclave.
Le haut Irawaddy est sujet à des crues de 10 à 11 m. Ses inondations s'étendent â 6 kil. des rives, et parfois jusqu'à 100 kil.
L'Irawaddy passe prés de Mandalay, l'ancienne capitale du royaume de Birmanie, puis h Pa'/mi, iiPnunr.h :±:\ ,(ii>'.i linb.); il forme un vaste delta sur la branche occidentale duquel est Rangoun (00,000 Lab.), capitale de la basse Birmanie. Ce port est le débouché de la vallée do l'Irawaddy; il communique par des canaui avec l'Irawaddy et le Sitlang, mais ces canaux ne sont navigables pour de petits buteauià vapeur que pendant la saison des pluies.
La population de la basse Birmanie est de 2,600,000 habitants.
Conquête de la Birmanie par les Anglais. — La Birmanie formait un royaume a peu près indépendant. Le roi recevait cependant Hn- 'fslilure de l'empereur de Chine et lui envoyait, tous les dis ans, un tribut et des présents. Cette situation avait élé réglée en 1700.
Les Anglais entrèrent en contact avuo, la Birmanie sur leur fron- 1 M orientale de l'Inde; ils furent autorisés à entreprendre l'exploitation îles forêts de teks, fin diflicultés amenèrent une première ■2i-f 82(1), à la suite de laquelle ils acquirent les provinces fAnon) et d'Arakan.
En 1852, —eut lieu une nouvelle expédition à la suite de laquelle 1i s'emparèrent du Pêgou (basse Birmanie) et du Tenasseritn avec 'archipel de Mergui.
En 1862, — les trois provinces réunies prirent le nom de Birmanie
*"glaïse, et la nouvelle colonie fut rattachée admînistrativemenl au
i. ''ment de l'Inde, qui ne l'accepta que malgré lui, considérant
1 ■ ■ 1 1 r- .ïiinexion comme onéreuse. Mais le commerce se développa
■ ni, et, loin d'avoir été une charge pour le gouvernement de
flnde, la Birmanie anglaise lui rapporta de beaux revenus. « Il est
évident que si l'on compare la Birmanie anglaise aux autres provinces lie l'Inde, l'enfant ado pi if :i Inrïrc nient jiayû son adoption1. »
Une fois maîtres de tout le littoral, [es Anglais longèrent à s'ouvrir les routes de l'intérieur et a se mettre en relation avec la Chine. I, 'établissement des Français en Cochinchine, et la mission Doudart de Lagrée2 éveillèrent leurs préoccupations jalouses.
En 1868, le major Sladen chercha à gagner les provinces méridionales chinoises en parlant de Bhamo, mais il fut arrêté sur la frontièro chinoise par l'insurrection du Yun-nan. La tentative fui reprise en 1874. Lin agent anglais, 11. llaiyaiy, parli de Chang-hai, remonta le Yang-tsé-kiang, et réussit à atteindre Bhûmo (janvier 1873). Il en repartit quelques jours après avec une mission commandée par le colonel Browne pour suivre la même route en sens inverse. A la frontière chinoise, ries bandes armées s'opposèrent à leur passage; M. Margary fut assassiné, et le reste de la mission dut rétrograder en toute hâte, en combattant.
Le gouvernement anglais accusa le roi de Birmanie de complicité dans ceguet-apens;ilenvoyaun détachement d'une centaine d'hommes à Mandalay.
De son côté, M. Wade, ministre d'Angleterre à Pékin, demandait aussi des réparations à la Chine et, ne pouvant les obtenir, il se relirait sur un navire anglais et menaçait d'une déclaration de guerre. Le gouvernement chinois consentit^ entrer en négociations, L'nc convention fut signé.: à Telie-fou, le tO aoûll87G. Lue indemnité de 1,500,000 francs dut être payée. Des excuses officielles durent être apportées h. Londres par un fonctionnaire de haut rang. La Chine s'engagea à faciliter l'ouverture d'une voie commerciale avec la Birmanie; un consul anglais fui installé à Tali; quatre nouveaux ports furent ouverts au commerce étranger : Y-tckang, sur le Yangtsé-kiang, Wau-hou, Vcn-tchéou, et Pakhoï.
En 1884, la Birmanie conclut des traités de commerce avec la France, l'Allemagne, et l'Italie; ces traités ouvraient complètement le pays aux nations européennes. Mais l'Angleterre s'était habituée
t. Colqhoun, Acros» Chri/sê. — M. Colqhoun, voyageur anglais, a parcouru les provinces méridionales de la Chine et cherché les voies cie communication entre elles et ta Birmanie. Parti île Caritou, il remonta 1<ï Sikiaiig jusqu'il fesé, traversa le Yunnnn, et rentra en llinnanie par Tali, Homeln, et Bhamo. — Sou vojnga a été publié a Londres sous le titre
itérait Ckrysi, 1 2. Yoirpayc 2Ui.
ni
h considérer la Birmanie comme devant faire partie de ses domaines; elle craignait l'influence que la France, déjà maîtresse des rivages orientaux de l'Indo-Chîne, pourrait prendre dans ces régions. ■ Celte influence aurait des conséquences tellement graves pour nos possessions en Birmanie et dans l'Inde, qu'il faut l'empêcher, même lu pris d'une guerre avec la cour de Mandalay. ■■■ (Dq.u'che de lord DulTerin, août 1885.)
1885. — Saisissant le prétexte peu sérieux de dissentiments entre la gouvernement birman et une compagnie anglaise qui était accusée d'avoir coupé un nombre d'arbres de teks1 supérieur à celui qnelui accordait son traité, le gouvernement anglais fit envahir la Rirmanie.
Une flottille remontait jusqu'à Mandalay (28 nov.). Le roi était (»it prisonnier, déposé, envoyé aux Indes, et le pays occupé parles Anglais, Quelques chefs opposèrent cependant une assez vive résistance, et maintiennent encore les provinces éloignées du fleuve en 'lit de rébellion (1802). Les Anglais ont réglé avec la Chine l'abandon de ses droits de suzeraineté.
L'Angleterre prétend étendre son autorité sur les États cbàns an- !■ lit tributaires de la Birmanie J, et, par convention de 1892 avec le roi de Siam, elle s'est réservé les pays de la rive droite <lu .Mékong supérieur, où elle arrivera inévitablement, un jour ou l'autre, à Être en contact avec la France.
La Birmanie relève de !a présidence île Madras.
En résumé. l'Empire indien a pris le contact direet avec la Chine sur une frontière qui est loin d'être pacifiée, et que, d'ici longtemps, il sera difficile d'ouvrir a des échanges commerciaux réguliers; il est séparé des territoires de protectorat français par Siam et par le Laos. Ces Elats auront vraisemblablement le sort de l'Afghanistan. Serrés entre deux inents européens, destinés à être pénétrés, dans un avenir prochain, par les voyageurs, les commerçants, les spéculateurs des deux pays, ils deviendront le théâtre de leurs .et seront, tôt ou tard, disputés entre eux.
.' - ik tel; i>t rrdiL.Ti'ln' j r L: s ç(nis|.ni.-:ti"!i* mari limes, parée
■ - attaqué par les animalcules des caers t'<"[untoriale9. 2. Voir la note de lu pnge ISO.