‹ L'expansion européenneChapitre 52 sur 160 · FRANÇAISE · texte numérisé non relu

FRANÇAISE

(branche du centre), et de Mytho (branche de l'est); celte dernière i = l 1 1 [ 'lus imporLante; c'est par elle que s'écoule la plus grande partie des eau* du Mékong, qui, en face de Mytho, atteint, pendant Il crue, une largeur de 1,300 à 2,000 m. Elle forme deux bouches : h Cto-doi et le Cua-thien; celle-ci est praticable pour les bâtiments calant 4 mètres.

Quatre autres rivières profondes, quoique de peu d'étendue, coulent parallèlement entre elles et au Mékong, à l'est de celui-ci. Elles se réunissent deux par deux et sont en relation par des canaux naturels; ce sont Jes deux Vaieos, la rivière de Saigon, et le Donnai. Leur ensemble constitue le delta si fertile de la Basse-Cochincliine.

Les deux Vaïcos descendent du Cambodge, et traversent une ancienne plaine lacustre, encore envahie par les eaux, et qui porte le nom carnelérislique de Plaine des joncs. Ces vastes espaces incultes qui, dans leur plus grande largeur, mesurent prés de 95 kil., sont 1*3 restes de l'ancienne mer, comblée par les atlerrissements du fleuve. Les bords seuls en sont cultivés ; l'intérieur en est parcouru far des bandes d'éléphants sauvages.

La rivière de Saïgon vient des forets montagneuses qui forment la ceinture du delta; elle est remontée par les grands navires jusqu'il Saison, à 50 kil. de la mer, et, par les avisos, jusqu'à 70 kil. 'larts l'intérieur. A Saigon, elle a 500 m. de large et une profondeur k i" h 12 m. La marée (une par vingt-quatre heures) s'y fait sentir wc une grande force en toute saison, couvrant et découvrant des Iterpes plates et vaseuses, encombrées de palétuviers.

U rivière de Saigon reçoit (r. g.), aux Quatre Bras, le Donnai, qui rient du pays des Mois et passe à Bien-hua.

Ce sont les rivières qui offrent les seules voies commodes de communication. Les petits navires à vapeur remontent, pendant les crues, ili Siii^on jusqu'il iiutlainhrtrti;, ù l'iixlrt-inilé occidentale du grand lac. I [i canal, appelé l'arroyo de la Poste, navigable pour les chaloupes à vapeur, relie Mytho à Saigon; il est doublé par plusieurs autres canaux, par une route, et par une voie ferrée.

Au-dessus des alluvions a peine consolidées du delta surgissent

quelques ilols granitiques, sommets des anciennes lies. Le terrain

se relève vers le nord et vers l'est. De Saigon, une route de terre se

dirige vers Tay-ni7ih, le point le plus élevé de la Cochiiichine (cône

te de 884 m. d'alt.), d'où l'on peut se rendre à Pnom-penh.

Affluents du Mékong. — Les affluents de gauche sont intéressants par les communications qu'ils ouvrent arec [le Toukin et l'Annam. Ceus de droite ouvrent les roules vers le Mé-nam et Bang-kok.

Le Nam-ou, qui finit en amont de Luang-prabang, porte des barques jusqu'à Muong-ha-hin. Son courant est fort rapide. Par son afil. de g., Nam-ngona, il conduit à Uien-bien-phti, cli.-l. de la province des Sib-song-chu-lai (les 12 cantons), où est un poste français et une ligne télégraphique, centre des communications avec la rivière Noire du Tonkin.

Le Nam-seng, qui finit en amont, mais plus prés de Luang-prabung, ouvre une route dans la direction de Muong-son.

Le Nam-chan finit à Bouu-kang, et conduit vers Vinh par les vallées du Song-mo et du Song-ca.

Le Ham-kadinh, plus en aval, passe a Kham-tmton et à Khamkheut; il ouvre une route sur Vinh.

Le Nam-hin-boun finit à Ou-then ; il ouvre une route sur "Vinh.

Le Se-bang-fai finit à Peu-nom; il ouvre une communication vers le Kouang-tri. On a reconnu des gisements de charbon dans ses hautes vallées.

Le Se banu-hien finit à Kemmaral et, par son affluent le Tchepon, conduit, par Aï-lao, sur Kouang-tri.

Le Sa-don finit en amont de lîassac; il vient de Saravan et ouvre une communication vers Hué.

Le Se-cong finit à Stung-streng; il descend, comme le précédent, des plateaux des Bolovens. 11 passe à AUopcu, marché de mines d'or et d'esclaves. Son affluent (r. g.) le Se-sane descend des pays habités par les sauvages Cedangs, Ilahnars, etc. II ouvre des communication?, assez difficiles d'ailleurs, avec Rinh-diuh. Dans sa haute vallée est la mission catholique française de Ron-taum.

Le seul affluent important de la rive droite est le Se-moun, qui finit à Pak-moun. Il a un cours très étendu de l'ouest à l'est, longeant le versant nord des Dong-reck, et passe par ftiraf, PimaX, où il devient navigable, Ouhone, qui sont des centres assez importants du commerce siamois.

Il reçoit (r. g.), en amont d'Oubonc, un grand cours d'eau, le Ham-si, dont la vallée ouvre les communications entre ISong-kai et llassac.

Cocliiiicliine.

l.'IN DO-CHINE FRANÇAISE

Rivières côtiéres de l'Annam. — La plupart fie ces cours d'eau descendent de la chaîne côlière; ils ont peu d'étendue.

Le Song-ba, qui finit au nord du cap Varela, ,'i Thuy-hoç ouvre «ne communication avec les plateau* dénudés desquels descend, à l'ouest, le Se-bang.

La rivière de Kouang-tri est intéressante parce qu'elli* ouvre une communication facile avec le Se-bang, par AÏ-!ao.

Le Song-oa, rivière de Vinh, est navigable pendant ï>->0 kil. ; par son afll. de dr., le Song-mo, elle ouvre «ne route vers le Mékong.

Le Song-ma, rivière de Than-boa, a plus d'importance encore. Elle réunit une grande partie des eaux du pays des Muongs, et ouvre plusieurs communications avec leurs principaux centres.

elle comprend les six anciennes provinces annamites de : Gia-ding

h.-l. Saigon), Bien-hoa, Dinh-tuong (ch.-l. Mytho), Vinh-Iong,

Chau-doc, lia-lien, qui sont divisées eu 10 arrondissements.

Climat. — Lit température moyenne est de 27°. Elle varie peu d'une

l'antre. Cette tempéra tu ic, cous! a mnien t. humide, est plus

pénible a supporter que des températures plus élevées dans une

atmosphère sèche.

L'année s'y partage en deux grandes saisons : saison des pluies «t saison sèche, entre lesquelles s'intercale, pendant les mois d'avril cl niai, la saison chaude, qui précède les grandes pluies.

Les changements de saison se produisent au moment du changement de mousson. La mousson du nord-est correspond â la saison ■ ■Ile du sud-ouest correspond à la saison des pluies. Du conllit Je ces deux vents, pendant las deux mois d'avril etde mai, résulte la ; énihle et brûlante do la saison 1res chaude, dure à supporter pour les Européens; chaque jour, se forment dos orages secs ne tonnant pas une goutte d'eau, et produisant une tension électrique le thermomètre n'a presque pas de variations entre le jour et In nuit et se maintient constamment entre 20 et 32 degrés. A la lin de mai, ou au commencement de juin, la mousson du sudeoest s'établit, et les pluies arrivent en abondance. Vers midi, l'oll annoncé par une atmosphère lourde et une chaleur accablante; pas un souffle d'air ne s'élève, la nature semble pétrifiée;

tout à coup passe un vent furieux, l'orage éclate, la foudre gronde, d'énormes éclairs jaillissent; pois, comme disent les Annamites, le ciel tombe, et une averse diluvienne, de deux à trois heures, inonde la terre ' .

Après l'orage, l'atmosphère se rafraîchit, et le reste de la journée et de la nuit deviennent plus supportables. Le même ordre de phéreproduil ainsi journellement jusqu'à la fin d'octobre. 1 des pluies est en septembre3. C'est à cette époque que l'on met le riz en culture.

Pendant la sabon sèche, qui est la plus saine et la plus agréable de la Cochinchîne, de novembre à la fin d'avril, les nuits sont fraîches, le thermomètre descend parfois, le matin, jusqu'à 17° et 18», et la chaleur du jour, moins humide, se supporte facilement. C'est l'époque des transactions commerciales; de nombreux bâtiments remontent la rivière de Saigon, pour charger le riz récolté en janvier. Ils l'exportent en Chine, aux Philippines, et surtout à Singapour, qui est le port avec lequel il se fait le plus d'échangée,

La culture du riz donne un produit très rémunérateur3.

Dans les terres hautes, on cultive la canne à sucre, et on élève un ver à soie qui donne une soie grossière.

On a tenté depuis peu, avec succès, la culture du café, de la vanille, du cacao, et du poivre.

Si la Cochinchîne est riche en cultures et en productions de toutes sortes, le paysage est quelquefois monotone. En remontant la rivière de Saigon, on est saisi de tristesse au premier aspect de ces rives boueuses et marécageuses, bordées de mangliers eL de palétuviers, arbustes rabougris au feuillage toujours vert, mais d'un vert bronzé sans éclat. Derrière ce rideau, d'immenses rizières se déroulent comme une vaste mer, dont les Ilots ondulent au moindre souffle de la brise. Mais cette implosion fidieuso se dissipe quand on voyage à l'intérieur. La province de Bien-boa el le nord de celle de Saigon abondent en sites charmants, qui, pour la richesse et

1. Grâce aux mesures d'as^duiiseiiiont et d'tiy^ue, le. climat de la Cochioclihie est devenu relativement supportable pour les Européens.

Page 1