‹ L'expansion européenneChapitre 53 sur 160 · Hauteur des pluies annuelles, i · texte numérisé non relu

Hauteur des pluies annuelles, i

3. Un hectare du rizière rapporte deux cents francs, soit cent vingtcinq francs net ; une faiiiil]'' ;niiiiiinil.r (le ci ru | tm'iu liri:s iju dépense pas plus de trois à quatre cents francs par an ; il lui suffit donc de bit» pt-u d'elferls pour pourvoir a sa sul isihiauee. Depuis qu'ils sont passés sous le régime français, les Annamites ont étendu leurs cultures, et beaucoup de terrains ont été défrichés.

D-CHINE FRANÇAISE

l'éclat de la végétation, la beauté et la force des arbres, ne le cèdent en rien aui plus riches paysages de l'Inde.

Dana les plaines d 'alla rions, le buffle est l'animal domestique indispensable; il se plail dans les terrains vaseux, où il s'enfouit pendant la grande chaleur, ne laissant émerger que ses naseaux au-dessus de la couche do boue. Dur et infatigable, il fait les labours pénibles de la rizière.

Saïgon est une ville en pleine croissance. Le port est à l'abri de loule attaque. Il faut, pour l'atteindre, remonter une rivière sinueuse. En aval des Quatre- Bras, le lit est barré par un banc de corail, franchissable seulement à marée haute et pour le passage duquel un pilote est absolument nécessaire. Quelques torpilles le rendraient impraticable. De plus, les nombreux arroyos qui s'embranchent, de tous côtés, sur le fleuve, et dont le débouché est caché par l'épaisse verdure des palétuviers, permettraient d'y embusquer des torpilleurs, qui pourraient s'élancer à ['improviste sur les bâtiments ennemis, obligés de suivre lentement les sinuosités du fleuve. Enfin, un débarquement dans la baie du cap Saint-Jacques serait facile h prévenir, et un corps de débarquement aurait les plus grandes peines à marcher sur Saigon à travers le delta.

La remontée du grand fleuve par la bouche de Cua-day n'est pas impraticable pour des bâtiments légers, mais ils ne pourraient dépasser Mytho, et les troupes débarquées auraient à traverser une contrée non moins difficile que la précédente pour arriver à Saigon.

léfense de la Cochinchine contre l'attaque d'une puissance européenne parait donc assurée dans de bonnes condiindis qu'une flotte française trouverait dans la rivière m un abri parfaitement sûr, où elle pourrait se ravitailler et se réparer, et, de la, couper les routes de la Chine aux navires débouchant du détroit de Malacca.

îSl ilu

Cambodge.

Resserré entre deux puissants voisins : Siam et Annam, Cambodge, c'est-à-dire l'ancien royaume des Kmers, a perd toute son importance; il ne compte plus guère qu'un d'habitants, répartis sur 100.000 ldl. car.

Sa capitale est Pnum-penh.

Le Cambodge possédait autrefois le pays au nord et à l'ouest d Grand-lac, avec les villes Ae Sicmroap, de Baltambang , A'Anghor, Cette question était mal connue, lorsque, par le traité de 1867,1a France en consentit la possession au roi de Siam. Une chaussée, élevée au-dessus des inondations de la saison des pluies, faisait communiquer celte région avec Bang-kok; elle n'eiiste plus aujourd'hui que par places, mais elle a pu cire nliliséc, en partie, pour l'établissement d'une ligne télégraphique do Saigon à Itang-kok.

Battambang est à a ou 6 jours de marche du port siamois de Ckantaboun. Malyn; le mauvais état dans lequel se trouve la route, c'est encore la ligne ordinairement suivie par le commerce du Laos , qui vient, soit de Stung-streng, soit de liorat, et évite le delta du Mékong.

Le port principal est Rampât.

Les conditions clîmatériques du bas Cambodge sont analogues à celles de la Cochinchine; mais, dans l'intérieur des forêts qui bordent le Grand-lac, les fièvres régnent eu permanence. Le pays produit du riz, des minerais de 1er, des bois en abondance. La pèche du Grand-lac est très importante (7 à 8 millions de kilog. par an) ; le poisson séché s'exporte jusqu'en Chine ou sert à la fabrication de l'huile. Le Cambodge fournil aussi une grande quantité de bœufs.

L'ancien empire des Kmers a laissé des traces imposant ■ puissance. De grandes ruines de pagodes et de palais mat:iiiijqijr< ont été découvertes dans les environs du Grand-lac, au milieu de forêts, dont la végélation exubérante en active la destruction. Les plus importantes sont celles d'Ang-kor, Elles ont frappé tous les voyageurs d'admiration et d'êtoimeiiK'iit, et révèlent la grandeur dt ce peuple disparu à une époque peu éloignée.

L'INDO -CHINE FRANÇAISE

ToDhiu

Au nord de l'Annam, le delta et le bassin du fleuve Rouge fonsl.it «aient autrefois un pays séparé, habité par une population distincte et gouverné par une dynastie nationale. Le Tontin fut conquis par l'Annam, sous le règne deGialong, au commencement du xix0 siècle.

Le Song-coï (fleuve Rouge), qui descend des hauts plateaux du Yun-nan, doit son nom aux argiles rongcùlres qu'il charrie. C'est non seulement l'artère coninitM'ci ri le principale du Tonkin, mais aussi la voie de communication la plus courte entre le Yun-nan et la mer. Mang-hao, qui est la tête de la navigation des jonques sur le Song-coï, est à 73 lieues de Pou-eul, un des centres principaux du commerce du Yun-nan, tandis qu'il y a 230 lieues de Pou-eul au point où le Yang-tsé-kiang commence a être navigable.

U Song-coï, dont la largeur n'est quo de 20 à 30 mètres près de îao, forme la frontière chinoise en amont de Lao-kai, à 100 kil. -hao, et à 575 kil. de la mer; à partir de ce point, d'Épaisses ■tendent sur ses rives jusqu'aux abords de Hung-hoa et de Une route militaire a été ouverte le long du fleuve.

Dans cette partie de son cours, le Song-coï traverse plusieurs rapides, qui rendent sa navigation difficile; les plus rapprochés de lamer sont à 100 kil. en amont de Son-tay; mais des canonnières de rivière ont pu franchir même les grands rapides de Q~ga, à 80 kil, d'Hanoï, et remonter jusqu'à Lao-kai1.

U Song-coï passe h Bao-ha, à Lam, entrepôts de commerce en amont des grands rapides.

En aval des rapides, ï'en-ba!, poste fortifie', est le centre de commandement du territoire militaire du nord-ouest.

t.::iii. Bung-hoa et Son-tay, le Song-coï reçoit ses principaux et derniers affluents : la rivière .Noire (r. d .) et la rivière Claire (r. g.).

La rivière Noire (Song-bo), dont le nom est dû au reflet noir donné à ses eaux par l'accumulation des détritus organiques qui HfBMflDl son lit, descend du Yun-nan et coule parallèlement au

!. Soiinute heures (t II !, pendaut Isa hauti

>utâe d'Hanoï i Lao-kai, seize heures iladi

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L'DiDO-CHINB FRANÇAISE 19t

:K coï entre des rives élevées, qu'enserrent des hauteurs couvertes de forais. Kilo porte des barques depuis l.tû-rhun, qui était un important marché sur la frontière même, ruiné par les bandes chinoises. Sa vallée est presque déserte. Les points de Var.-bu, Yan-chan, T*tkhna, Sv-yut, indiquent les passâmes des elieniius qui relient le Songcoi au Song-ma. Entre Su-yut et Cho-bo, qui est devenu un chef-lieu de province, est un barrage naturel, qui arrête la navigation.

La rivière Claire est plus importante ; elle descend aussi du Yunnari, où elle passe a Kni-hia et ouvre «ne route suivie par les trou- ' pes chinoises en ISSU. Elle porlo barque jusqu'à Rayan,

A Vinh-lun, elle reçoit r. il. h- Song-cam.

En amont de Tuyn '/uan. elle recoi t (r. g.} le Song-gam, dont un affluent (r. g.) amène les eaux du lac Ba-bé.

A Phu-duan, elle reçoit [t. d.) le Song-chai (Phu-an-btnh).

Les vallées de ces rivières ouvrent des chemins qui viennent du Yun-nan. Leurs affluents du gauche descendent d'un massif montagneux, élevé d'env. 2,000 m. et fort difficile.

Les canonnières ne peuvent, pendant les basses eaux, dépasser Hoa-moc, à 12 kil. en aval deTuyen-quan.

Deux massifs de montagnes, encore inexplorés dans certaines parlies, entre lesquelles se sont déposés les limons du fleuve, dessinent le delta du Song-coi, et en marquent les limites. Le delta est une vaste plaine limoneuse, uniforme, d'une grande fertilité, et parfaitement cultivée par une population d'une densité comparable à celle des plaines de la Flandre.

Les montagnes de la rive dr., que l'on désigne parfois du nom d'ensemble de montagnes des M nouas, sont formées d'une série d'arèles reclilign.es et de plateaux allongés, qui séparent les vallées du Song-coi de la rivière Noire et du Song-ma. Une ride qui les croise obliquement, commande le changement de direction de la rivière Noire, h Cho-bo, et se pyramide au mont Bavi (1 ,250 m).

En face de la crête du mont Bavi, les montagnes delar. g. se terminent par la crête symétrique du Tam-dao (1,300 m. env.) Elles sont tourmentées et difficiles, particulièrement sur la r. g. de la rivière Claire, au nord de Tuyen-quan, dans le Yen-thé, où les pirates offrirent une sérieuse résistance (1832).

Celle zone montagneuse est bordée, au sud, par une falaise continue de plus de 100 mètres de relief, qui n'est franchissable qu'en un petit nombre de points; encore faut-il ajouter que l'infanterie ne

peut utiliser ces passages qu'en formant la file indienne, et que l'nrlillerie doit metlre a dos de mulet ses pièces et ses munitions.

Plus au nord, une cliainc d'une altitude estimée à 2,000 m. forme sur la frontière cliinoise un obstacle difficilement franchissable entre Kai-hoa et Cao-bang.

Vie-tri, au confluent de la rivière Claire et du Song-coî, marque la porte d'entrée du delta et pourrait en être la position de défeuse.

On donne le nom de montagnes de marbre a la chaîne qui horde la r. d. du Song-thuong, entre Tbay-nguyen et Lang-soo. Elles forment le défilé de Bac-li.

Une des principales caractéristiques du relief du Tonkin est la forme conique des sommets, de sorte que l'ensemble parait être un groupement de pitons, sans liaison apparente entre eux; mais ces pilons ne sont que les sommets de montagnes dont les versants sont noyés dans les dépôts d'alluvion.

Delta. — En aval de Son-tay, commencent les premières dérivations du fleuve.

Le grand bras passe par Hanoï ; il se jette dans la mer par deux embouchures principales : le Cua-ba-lat et leCua-loc.

A Hanoï, chef-lieu du Tonkin, le fleuve a 7 à 800 m. de large; Hanoï est un c>jiitr<; commercial ln";s important, à 183 kil. de la mer et a 390 kil. de Lao-kaî ; sa population est d'environ 100,000 hab. Ses maisons construites en briques, ses toits en forme do pagode, rappellent lus villes chinoises. La citadelle a 1,100m. de périmètre.

Le deuxième bras du fleuva s'appelle le Day ; il passa à Pku-ly, à HJso, centre des missions catlioliqurs françaises, et à Ninh-binh ; ce bras est navigable; il permet aux vapeurs calant 4 m. de remonter a Hanoi, pendant la saison des pluies, c'est-à-dire de mai à novembre. Les atlerrissemenls du Day gagnent env. 30 m. par an'.

Deux canaux font communiquer le Day avec le bras principal du Song-coî : de Phu-ly à Hong-yen (c'est la voie Ja plus directe et la plas fréquentée pour aller à Hanoï), et de Ninh-binh h Nam-dinh.

Une dérivation du Day, canal moiiié artilioiel, met Ninh-binh en relations avec Than-hoa et, se prolongeant sur Vinh et Ha-tinh, offre une voie navigable aux Larques, le long de la côte.

Parallèlement ;

ï coule u'i autre fleuve, le Song-cau,

<* jicclc Hanoï était s;.ir

1 DO-CHINE FRANÇAISE

:- la parlîe inférieure de son cours, porte le nom de Thaïbinn. Il joue, dans le delta du Tonkin, un rùle analogue à celui de la rivière de Saigon en Cochinchine , Il est formé de la réunion de plusieurs rivières, descendant de la province de Cao-bang; il passe à Cko-moi, à Tkaï-nguyen, ch.-l. de province, laisse tiac-idnh à sa droite et arrive aux Sept Pagodes, où il se ramifie en plusieurs

Le delta particulier du Thaï-binh. présente quatre cmhouchures principales : le Cua-nam-lrien, le Cua-eam, le Cua-van-uc et le Cua-tbaï-binh.

Trois canaux principaux mettent en communication le Tbaï-binh el le Song-col; ce sont :

1" l.e Song-calo, qui se détache du Sflng-eoî, en face du bras du li.iv, et vient aboutir dans le Thaï-binh., en amont de Bac-ninh;

l" Le canal des Rapides, qui commence en amont d'Hanoi et finit aux Sept Pagodes;

■i" Le canal des Bambous, qui part de Ilong-yen et aboutit au Tliaî-binh, a 40 kil. environ au sud d'Haï-duong.

Ces canaux donnent une importance toute particulière aux deux «tn bouc hures septentrionales du Thai-binh: le Cua-cam et le Cua- "am-trieu.

Malgré deux barres successives, le Cua-cam est praticable, à Bâtie haute, aux bâtiments de haute mer jusqu'à Haï-phong, qui Ht devenu le port pnocipal du Tonkin et d'où l'on remonte à BttoL par le canal des Bambous ou par le canal des Rapides; c'est par le premier de ces canaux que sont établies les relations ordinaires entre Hanoi et la cûte (en 15 heures).

l.e port de Qwng-yen, sur le Cua-nam-trien, aurait offert l'avan- ■ l'Ius facilement accessible.

A l'ouest de ces deux bouches du Thai-binh s'allonge la pres-

qt'Ha de Do-son; à. l'est, l'île de Cac-fc-a, borde la baie à'Along,

il la division navale du Tonkin. 11 a été question de créer

"i i.ïux profondes un port militaire (port Courbet), dans la baie

B sg-ftoï,

Aux Sept Pagodes se trouve un remarquable carrefour de rivières: ''"eït eu ce point que le Thaï-binh se ramifie; c'est là aussi qu'il reçoit (r. g.) un aflluent, formé de la réunion du Song-thuong et du Loch-nain (navigable jusqu'à Chu), qui ouvrent, tous les deux, des feules ra* Lang-son;

la première route passe par Bac-lé et Tfian-moi, c'est lu route mandarine ;

la seconde passe par Chu, le col de Déo-van, et Dong-son.

Les gorges étroites que traversent ces routes, réduites souvent à d'étroits sentiers, sont bordées de rochers escarpés.

Les eaus de la région nord-est du Tonkin s'écoulent par la rivière de Lanrj-sone\. par celle de Cau-ban'i, rjui ee ré unissent â Lang-tchiou et tombent dans le Nam-ho, sous-aftloent de la rivière de Canton.

Les seuls chemins que l'on trouve dans le delta circulent sur le sommet des digues construites par les riverains pour se proléger contre les débordements du fleuve; elles ont 7 a 8 mètres d'élévation, et leur largeur au sommet est souvent réduite à i mètre. Pendant la saison des pluies, ce sont les seules communications utilisables entre les nombreux villages du pays.

Au nord de l'embouchure du Thal-binh, le golfe du Tonkin est bordé de falaises abruptes et d'ilols (lie de Cac-ba. au sud de la baie d'AIong; lies de la baie de Fai-tsi-long ; lie de la Tab(e;iles Gow-tow; ile Kebuo, etc.), à l'abri desquels nichent des bandes de pirates, un de leurs principaux repaires est Tong-hin, ville chinoise, située sur la frontière même, et qu'un étroit arroyo sépare de l'ancienne ville annamite de Mon-cay, où se trouve un poste français.

Des missions catholiques, espagnoles, el françaises, existent depuis près de trois siècles dans celle contrée; elles y ont prospéré. On évalue à GOO.nriO individus eriv. la population catholique du Tonkin;

Le climat est plus sain que celui de la Biisse-Coehinchine. Les saisons se rapprochent de celles de l'Europe. Pendanl l'hiver, en janvier, le thermomètre descend souvent à 8° el ne dépasse pas fLQ"; on fait du feu. Pendanl la saison chaude, la température est aussi élevée qu'à Saigon.

Les conditions hygiéniques de l'intérieur du Tonkin sont moins bonnes que celles d; delta, pour les indigènes comme pour les Européens, à cause do la fièvre drs bois et de la mauvaise qualité de l'eau chargée de matières organiques.

Le Tonkin comprend 13 provinces, dont 5 de première classe.

Lee provinces de première classe sont administrées par un long-doc ou gouverneur ; les antres provinces ont à leur tète un Ikuan-pku, mandarindûgradc inférieur au tong-doc et qui lui est subordonné, tout en ayant les mêmes attributions. Ces provinces sont :

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