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ASIE ORIENTALE

L'Asie orientale comprend l'Empire chinois, la Corée, et le Japon.

L'EMPIRE CHINOIS1

La superficie de l'Empire chinois dépasse 11 millions de kil. car.; la population est évaluée à 400 ou 450 millions d'habitants.

Les annales de la Chine remontent à 2,200 ans avant Jésus - Christ. ' Sa civilisation avait déjà atteint un grand développement ayant que les premières tribus de nos ancêtres aryens aient commencé leurs établissements sur le sol de l'Europe2. C'est donc le plus ancien et le plus vaste empire de la terre ; mais, depuis de longs aèdes, il s'est immobilisé dans ses traditions et s'est surtout efforcé d'éviter tout contact avec les Occidentaux. Il ne s'est encore que fort peu laissé pénétrer par les investigations des étrangers ; aussi, n'avons-nous que des notions très incomplètes sur sa géographie, aussi bien que sur les conditions de sa vie intérieure.

D'une manière générale, l'Empire chinois confine au nord etàl'est à l'Empire russe, dont il est séparé par le Pamir, par ksTien-chan, par les montagnes sibériennes décrites précédemment, par le fleuve Amour et son affluent TOussouri.

L Le nom de Chine est une déformation d'un nom local sur lequel on ** peut faire que des hypothèses. On a supposé qu'il pouvait dériver du nom de la dynastie des Tshing. 11 n'est pas employé par les Chinois, qui appellent leur pays l'Empire du Milieu, sans doute parce que l'ancienne capitale Si^ngan était le centre des provinces qui obéissaient à l'autorité |. ^ l'empereur ; on l'a aussi appelé ÏEmpire au-dessous du ciel, et l'empejflff fils du ciel. De là, l'expression très incorrecte de Céleste Empire, et « nom de Célestial souvent donné aux Chinois, par les Américains surtout. ^«Russes, et avec eux les peuples slaves, ont étendu à la Chine le nom k&itai, qui est celui d'une horde mongole qui dominait le nord du pays Y«« le xe 8iécle.

*• Le premier Pharaon d'Egypte dont l'histoire fasse mention vivait 2,450 ans av. J.-C. On place la naissance de Moïse vers l'an 1745 av. J.-C. Homère vivait au ix° ou au x« siècle av. J.-C.

Au sud, il s'étend jusqu'au?; chaînes, encore inexplorées, du Kara-ltorum et de l'Himalaya, qui le séparent de l'Empire indien. Il touche aux territoires de la Birmanie anglaise, de l'Empire de Siam, et du Tonkin, où sa frontière a été récemment fixée par des conventions avec la France. Il comprend donc les vastes déserts de l'Asie intérieure, et le grand versant occidental dont les eaux s'écoulent par trois fleuves principaux: le Hoang-ho, le Yang-tse-kiang, et le Si-kiang.

La région centrale est divisée, de l'ouest à l'est, par une longue arête, à laquelle on donne les noms de Kouen-lun, d'Allin-lagh, et de Nan-ctoan. Au sud de cette arête, et jusqu'aux chaînes de l'Himalaya, se dressent les hauts plateaux glacés du Tibet. Au nord s'étendent de grands déserts sablonneux ou pierreux, justement appelés par les Chinois Hanhaï, mer desséchée, ou encore Chamo, le pays des sables, ou, par les Mongols, Gobi, le pays des pierres.

Au pied des montagnes qui forment la périphérie de ce bassin, se creusent les vallées arrosées et cultivées de la Dzoungarie, et des provinces des Tien-chan.

L'Empire chinois se divise en :

1° Chine proprement dite, environ £00 millions d'hab. ;

2" Mandchourie, pays d'origine de la dynastie régnante, environ 12 millions d'hab.;

3° Pays des Tien-chan, appelé vulgairement Turkestan chinois, situé au pied du Pamir, avec 1 ,200,000 hab. ;

-i0 Mongolie, pays sujet, vaste territoire sur lequel campent 2 millions env. de nomades;

5° Tibet, pays sujet, théocratiquement gouverné, surveillance de fonctionnaires chinois, par une aristocratie de prêtres ou lamas, dont le chef, le dalai-lama, est considéré comme l'incarnation de Bouddha.

Les populations de ces régions ont des caractères elhni.i communs. Elles appartiennent à la grande famille loiiranieime, qui se divise en plusieurs rameaux : mongol, tibétain, chinois, eir. Cette famillu s'est répandue dans l'Asie centrale et méi ii elle a peuplé lu presqu'île indo-chinoise, la Corée, et le Japon, qui

oui été longtemps des pays

i tributaires. Tous (

pies parlent des langues de même famille1. Trois religions se partagent la presque totalité de l'Empire5 : 1. — La religion de Confticiiti, philosophe né BSl av. J.-C. ; c'est la religion des lettrés; établie surdos principes de momie et de philosophie pure, elle n'a pas de sacerdoce. Les magistrats, et l'Empereur lui-même, rendent ans âmes des ancêtres, aux génies do la terre et du ciel, un culte officiel qui est une sorte d'institution politique8.

I. La langue chinoise est remarquable par son originalité, sa grande antiquité, son immutabilité, son extension dans las contrées lea plus peuplées de l'Asie. De toutes les langues anciennes, c'est non seulement la .-■■ u I ■■ qui soit encore parlée de nos jours, mais elle est la plus usitée des langues actuelles.

La langue écrite n'est pas alphabétique; c'est la réunion d'une immense quantité de caractères plus ou inoins cnuipliqués, dont chacun exprime un mot, représente une idée ou un objet.

Les caractères primitifs, qui sont des signes, ou plutôt des dessins grostiers, sont au nombre de 2U.

Il y a quelques caractères pour le ciel, l'homme, les parties du corps, les animaux, ieB ni et au ï, les plantes, etc. Ces caractères primitifs ont servi û former uue hinonilirnlile quantité île signes, composés le plus souvent arbitrairement, mais qui offre ut quelip.ieïnb des sym Indes- ingénieux, des ...■liNitinu* vive- et pittoresques, des énigmes d'autant plus intéressantes qu'on u'eu a pas perdu la clef.

Les notions abstraites furent très difficiles a exprimer. La colère fut peinte par un cœur surmonté du signe du l'esclavage; une main tenant le tymhole de milieu, désigne l'historien, dont le devuir est de u' incliner tl'wcun cùlé ; le caractère de la rectitude indique le gouvernement. Deux

■ p. ries (il est si iliflicile d'eu trouver deux bien appareillées) désignèrent un ami. D'autres mois nut des compositions tout arbitraires ; maie un grand nombre sont intéressants a. analyser. Beaucoup d'allu- 'lonset de traits piquants rout perdu- ; lea étymologies ne se retrouvent (us doute pas toujours, mais bien certainement les Chinois se sont peints dans leur langue.

On traçait primitivement les signes avec une pointe métallique sur une pliiii'dieUe de liamtiou. Trois siècles av. J. -!";., ou découvrit l'art de faire du pipier et de l'encre; le pinceau remplaça le poinçon. On écrit les caractères en lieues verticales en commençant par la . allant vers la gauche. Il y a aujourd'hui 30 a 40,000 caractères, le iï tiers seuls sont, usités, et, en retranchant les synonymes, on

■ la connaissance de a a G, DUO caractères suffit à comprendre les tcili.^ origïtiani.

■-■' '■" [!.:<• parlée est composée d'un nombre limité d'intonations moaccents, se mul-

.iliiu ,..

ï. La langue parlée est très facile.

-, voués au célibat, prali-

réforrae dubrahmanisra-?

vu» siècle av. J.-C. Cette

2. — La religion de Lao-tsê', philosophe né vers 660 av. I.-C. et qui enseignait la métempsycose; son culte a dégénéré en poljthéi: et en idolâtrie. Des prêtres et des préli quent la magie et l'astrologie.

3. — La religion île Bouddha, qui est do l'Inde, réalisée [.ni' Çakva-Mouni, ve religion a un nombreux sacerdoce de prêtres voués au célibat, dont le chef spirituel est le dalaî-lamadu Tibet.

On trouve, en outre, de nombreuses sectes aux cites souvent barbares et grossiers. Une partie des populations de la Mongolie, des Tien-chan, et des provinces de l'ouest, sont musulmanes.

On estime à environ un million le nombre des chrétiens disséminés dans l'Empire et souvent exposés aux persécutions, moins à cause de l'intolérance religieuse d'un peuple fort sceptique, que par suite de l'hostilité contrôles étrangers et du mépris qu'ils inspirent.

Esquisse gëogi-anhique3.

Quatre grands fleuves, qui coulent de l'ouest à l'est, descendent des plateaux de la Mongolie et réunissent presque toutes les eaux du versant oriental de l'Asie :

l'Amour ou Saghalien, — 4 à 3,000 kil. de cours;

le Hoang-ho, ou neuve Jaune 4 à 3,000 kil. ;

le Yang-tse-kiang, ou fleuve Bleu, 5 à 6,000 kil.;

le Si-kiang, rivière de l'Ouest ou rivière de Canlon, 2,000 k. env.

ni culte, ni prêtres; c'est une aorte de philosophie pratique, en l'art de vivre en paix, de gouverner, et lie commauder. Les cérémonies extérieure auxquelles doivent s'astreindre les magistrats, chacun dans lYïercice de ses fonctious, ne sout que des lïinunlitûs traditionnelles; ceux-ci respectent, d'uilleurs sans y ajouter aucune créance, une Coule ilf sup'Tsti lions populaires. Ce qu'il y a de plus précis, c'est le respect de Confucius. dont les tablâtes sont partout et que3C" proclament le Saint par excellence.

n de Lao-tsé veut dire vieil enfant. Sa n

|J millions d'hulûiiii:.-

: Chili

l'avait porté neuf a

2, Principaux n Pa, nord {l'e-kint), cour du Non Km, sud [Sun-king, cour du Sui San, province.

Teheou, fu, ch.-l. de province Sien, ch.-l. d'arrondissement.

Tsen, village.

uiplnj-i'â dans les termes géographiques; ). Kiang,ho,got{mQag.)flau\i- ,] ). Hou, nor [mong,), lac.

Ling , chan , oula (mong.), mont-ignés (Pa-ling, montagnes du Nord, Tien-chan, monts Célestes].

liai, mer.

Ces fleuves et leurs affluents sonl navigables pour les grandes jonques, et quelques-uns même pour les navires à vapeur; à défaut des routes, qui sont en petit nombre, c'est par le réseau des rivières et des canaux que circule la vie de cet immense empire. Les grandes courbes que les fleuves décrivent, indiquent les formes générales du relief, dont les détails sont d'ailleurs fort peu counus encore. C'est ainsi que l'on peut suivre, depuis le coude de l'Amour à Albazin jusqu'au! sources du Si-kiang, la direction des chaînes qui soutiennent les plateaux de Mongolie; leurs roches arrachées et charriées par les eaux ont été déposées sur leurs flancs et à leurs pieds, en alluvions épaisses et fertiles; elles ont tracé des côtes, la plupart du temps basses et peu creusées, mais bordées de criques et de petites lies qui abritent de nombreux pirates :

Entre l'Amour et le Hoang-ho, les monts Khin-gan, appelés Bokhtoi parles Musses;

Entre le Hoang-ho et te Yang-tse-kiang, les massifs des Nan-chan et des Tsîng-lin-chan couvrent de leurs ramifications le grand espace qui sépare le Hoang-ho du coude méridional du Yang-tse-kiang à Toung-tchouen, et ils se rattachent par de longs plis aux montagnes orientales du Tibet.

Entre le Yang-tse-kiang et le Si-kiang, le pays est accidenté; les monts Ta-yu-linçr forment la ceinture de la province du Fo-kien.

Le Hoang-ho (fleuve Jaune), ainsi nommé à cause dos limons qu'il ■tarie, draine les eaux d'un bassin d'env. 1,830,000 kil. car., formé. On grande partie, de profondes alluvions de terre jaune, ou /œïs, tics fertiles et cultivées avec soin. En certains endroits, l'épaisseur du lœss dépasse 600 m.

Le Hoang-ho descend de la région montagneuse du Kou-kou-nor ; 1! traverse les provinces du Kan-suu ( La n-tchéo « ) ; du Chan-si, pays 1res commerçant, qui produit de la houille et des minerais de fer; du Ho-nati, qui donne de la houille, où i I passe prés de Knl-fong, culluf's île coton et de céréales; du Chan-toung, qui cultive le riz, la miner, les céréales, les arbres fruitiers, etc., et produit de la houille et du fer.

""'!i principal affluent de dr.,le Veî-ho, passe hSi-ngan (plus d'un

million d'Uab.), capitale du Chen-si, et qui a été pendant 3,000 ans la

fésiilenee impériale, principal entrepôt du commerce central, point

irt des routes de Mongolie.

1* bassin supérieur contient des gisements houillers beaucoup

■ |uo ceux de l'Angleterre (liichtoffen).

L'EMPIRE CHINOIS

s sa partie inférieure, le lloang-ho traverse des plaines aOus sont basses; son lit a changé plusieurs foi*, s inondations ont causé d'immenses désastres. Son lit actuel

d 1851 ; il est difficilement navigable, fleuve est relié au nord avec le Pei-ho, qui est la rivière de Tienau sud, avec le ïang-tse-kiang, par le grand canal impérial1, :t en relations Pékin, la capitale du nord, avec Nankin, la île du sud, et aveu Canton3.

Tang-tse-kiang3 (fleuve Bleu) a un cours de 5,000 à 5,M0 kil.

nasse de ses eaux, c'est le troisième Ueuve de la terre après

me et le Congo. Sou bassin a environ la même étendue que

1 Hoang-ho (1,800,000 à 1,900,000 kil. c). Les marées se

intir jusqu'à Tulnny-kiang, port ouvert', situé prés de l'attache

lal impérial. Sa largeur atteint 30 kil. entre îiimkin et H<m-

IconfJueut du Han), port ouvert, grande ville de commerce à

0 kil. de la mer, où s'arrête la grande navigation ; elle est de

1. en aval d'Y-tchang là 1,200 kil. de la mer), port ouvert; elle

;ore de 700 m. à Tehaung-hing, port ouvert. En amont, le lit

laissé entre de hautes montagnes et se rétrécit à 200 ou

litres.

ibouchure a 100 kil. de large; sur un de ses bras, le W'oo- , est le port de Chang-hai. Les navires a vapeur remontent i Kouei-tchao, cl les jonques jusqu'à Sm-l'jh'W, et même i Toung-tchown, d'où part la route du Ytm-nan.

•s supérieur du Yang-tse-kiang est peu connu. Il descend, c in Hoang-ho, des rnoulaynes du iiau-kou-nor, et traverse la ; et riche province du Se-tchoueu, peuplée de G8 millions b., très fertile, bien cultivée ; elle produit de grandes quantités soie; elle a des salines, des mines de euivre, de fer, de ;, etc. En aval de Eouel-tchao, le fleuve entre dans la province u-pob, où il reçoit (r. g.) le Han-kiang, navigable pendant près O kil., qui ouvre des relations avec le Chen-si.

e canal a été commencé au ix= siècle av. J.-C, et les travaux pu >ntioués jusqu'à nos jours. II oD're une superbe voie navigable île "'., sans eoii]pt>r les nnnibtvii* embranchements, «ge s'est établi d'écrire Pékin et Nankin, Il serait plus exact de w la forme Pf-king [cour du Nord) et Nan-king (cour ilu Sud). a a étendu a tout le Ueuve le nom de ïang-tse, que, dans le pays,

c scviliiiieiit ft la partie voisine de la mer. n appelle fiortsaiiiertf, ou tivaties port, les ports ouverts par traités :e extérieur. Voir page £52.

L'KXL'ANSION EUliOPÉl-lN.Nl-:

Par son affluent dedr.,le Siang-kiang, d'un million d'hab.) et traverse le lac Ti avecie Kouang-si et le Hou-nan; son afîl, Kiang-si et forme, près de son confluent.

Le grand nombre des voies navigabli est l'artère principale, favorisent i mentent les riches produits des pro nale. L'Europe prend une part impoi entrepôts de Chang-hai {4,000 Europe à peu de distance de son embouchure ropéens ne sont pas admis à trafiquer à

qui passe à Siang-tan (plus iug-lin, il est en relations

de dr., le Kan, traverse le

le lac Po-yang.

;s dont le Yang-l.se-kiang ommerce très actif, qu'ali- ;s de la Chine scplentrioe à ce commerce par les

200,000 Chinois), qui sont ais, jusqu'à présent, les Eu- Nankin.

Le Si-kiang, ou rivière de Canton, est le principal cours d'eau de la Chine méridionale. 11 descend de la province du Yuu-nan, qui possède de grandes richesses minières (cuivre et étain); l'exploitation en a été entravée par les révoltes musulmanes qui, pendant vingt ans, ont désolé la province.

11 traverse le Kouang-si et le Kouang-toung, provinces montagneuses, dont les populations out une culture de beaucoup inférieure à celles des provinces du centre et du nord. Le Si-kiang est navigable pour les vapeurs pendant 500 kil. et pour les jonques jusqu'à la frontière du Yun-nan.

Son affl. dedr,, le You-kiang, peut être remonté par les jonques jusqu'à Pesé; il a une grande importance, au point de vue des relations avec le Tonkin, parce qu'il reçoit (r. d.)à Nan-ning une rivière qui réunit les eaux venant de Cao-bang, de That-kù, et Lnng-son, qui sont les principaux postes tonkinois de la frontière. C'est par ces rivières que se ravitaillaient les corps chinois pendant la guerre du Tonkin1.

Canton a plus de 1,000,000 hab., dont une grande partie vit dans une ville flottante formée pardes milliers dejonques. Canton a été, pendant longtemps, le principal entrepôt du commerce européen. Maïs le centre de cette activité s'est déplacé vers le nord, en raison de la situation économique plus avantageuse de Chang-hai, et d'autre part Victoria, qui est le port de l'Ile de Hongkong, que les Anglais occupent depuis 1842, est devenu la véritable métropole commerciale des mers de la Chine méridionale.

La possession portugaise de Mucuo, dans une lie du delta du Sikiang, a perdu toute importance.

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