PARTAGE POLITIQUE DE L'AFRIQUE
moins de vingt ans qu'ont commencé, en Afrique, par les grands voyages d'exploration, les reconnaissances préliminaires des entreprises commerciales et politiques de l'Europe. Jusqu'à cette époque, les établissements européens ne consistaient guère qu'en comptoirs de traite, en partie abandonnés depuis l'interdiction du commerce des esclaves.
Au nord, la France avait, depuis 1830, pris pied sur les côtes d'Algérie, mais son influence ne pénétrait pas le Sahara; à l'ouest, elleavait repris possession, depuis 1816, de ses anciens établissements du Sénégal et de la côte de Guinée, sans guère chercher à leur donner plus d'extension.
Au sud, les colonies anglaises du Cap étaient assez prospères, grâce à la découverte de mines de diamants qui avaient amené un afflux d'emigrants, grâce aussi a la vitalité et à l'énergie du peuple boè'r. Quant aux comptoirs anglais des côtes de ■Guinée, ils étaient dans une situation semhlable aux nôtres.
Le Portugal s'attribuait de grandes étendues de territoire sur la côte d'Angola à l'ouest, sur celle de Mozambique a l'est; «nais ces colonies, que ne vivifiait pas le commerce de la métropole, étaient dans une décadence complète.
L'Egypte ouvrait la vallée du Nil à quelques entreprises, dont le rayon d'action était fort restreint.
Telles étaient, vers 1870, les positions respectives des États •européens, en Afrique, lorsque les grands voyages d'exploration vinrent secouer l'inattention de l'Europe et donner une impulsion nouvelle à sa politique d'expansion.
D'autre part, les récits des explorateurs révélaient les horreurs des chasses à l'esclave et surexcitaient les sentiments humanitaires des nations civilisées. L'abolition du commerce des esclaves avait été définitivement proclamée (en 1822); les puissances maritimes avaient, par leurs croisières, cherché à
Fiu. 1S. — Pahtag
mettre fin à cet odieux trafic, mais les chasseurs d'hommes n en conlinuaîentpas moins, dans l'intérieur, leurs abominables expéditions'.
En 1876, le roi des Belges, Léopold II, eut l'initiative de réunir à Bruxelles une Conférence internationale, dans le but de créer, dans l'Afrique centrale, des « stations scientifiques et hospitalières » qui devaient servir de points d'appui à la propagande pacifique et civilisatrice européenne.
A la suite de cette conférence fut fondée l'Association internationale africaine, représentée par un comité central belge et par des comités nationaux : français, allemand, autrichien, hongrois, néerlandais, italien, portugais, suisse, russe 2. L'Angleterre et l'Espagne créèrent des comités ayant un caractère exclusivement national.
1. I! faut faire une di.itinc Lion entre l'esclavage local et la traite des esclaves. L'esclavage local est ordiu ai rement humain ; la truite est une affreuse barbarie. Ou a évalué à une centaine de mille le nombre des noirs réduite chaque année en esclavage; mais un bien plus grand nombre périt dans les razzias, ou meurt île misère pendant le voyage qui les amène nui murchés. Livingstone en estime le chilfre a 400,000 ; sir Bartle Frère
L'esclavage est la base de l'état social des peuples de l'Afrique ; les relations de maître 1 serviteur ont pour crirsii: ti? r istief u c un droit de
propriété , et les esclaves eux-ineinv; pos.-cdenl |>aïl'oi- d'au 1res esc laves pour les servir. Les esclaves se distinguent en esclaves de case, c'est-àdire nés de parents esclaves, et en captifs de guerre, dont les enfants seront esclaves de case ; la barbarie de ws peuples est si odieuse que l'on peut dire que les moins barbares d'entre eus sont ceux qui possèdent des esclaves, parce que les autres ne sont que des brutes qui tuent quiconque est plus faible: dans rerlaiue; régions, les l'êtes publiques ont pour principales manifestations d'horribles hécatombes humaines.
L'islamisme, qui fait de rapides progrés dans l'Afrique, ne se propose pas l'abolition de l'esclavage, mais, cependant, il n'est pas permis de réduire un croyant en esclavage, et l'influence de quelques marabouts vénérés peut tempérer la cruauté des odieux cheikhs, marchands d'esclaves. Engénéral, la cosulitionde l'esclave, en pays musulman, est très douce; la femme esclave devient nue mère cl 'enfants libres. L'islamisme pourrait donc rendre ni ni n s sauvages les l'.r.nilitious de vie du centre de l'Afrique ; il ne policera pas ces peuples suivant les niées européennes, mais il fera pénétrer dans leur esprit quelques mitions plus élevées; il transformera, il est vrai, leur barbarie bestiale en fanatisme religieux, plus hostile aux Lui upéens, mais il n'en réalisera pas moins un progrès dans la marche des familles humaines vers un état meilleur.
2. Les souscriptions affluèrent, et assuraient, déjà en 18T1 u a revenu auuucl de plus de 1110,01)0 francs; mais cet élan se modéra.
Plusieurs expéditions furent organisées; elles partirent de Zanzibar et fondèrent quelques stations, notamment à Kanuna, sur le lac Tanganyika, h Tabora, entre la côte et le lac, etc.; mais les résultats étaient fort en disproportion avec les effurts et les sacrifices de toute nature. D'ailleurs, les ressources de Y Association africaine déclinaient, et l'œuvre tout humanitaire qu'elle avait entreprise fut abandonnée dès 1878.
Mais c'est à cette époque que Stanley achevait son voyage d'exploration du Congo; il vint à Bruxelles, obtint l'appui du roi Léopold, et il réussit à greffer sur l'ancien comité belge de l'Association africaine une société semi-philanthropique, semicommerciale, sous le nom de Comité d'études du haut Congo.
Cette société, qui disposa de sommes importantes, fonda sur le Las Congo une série de stations, conclut des arrangements avec les chers indigènes, et quelque temps après l'existence de YEtal indépendant du Congo, placé sous la souveraineté du roi des Belges, était officiellement reconnue à la conférence internationale de Berlin (1884). (Voir plus loin.)
A partir de 1884, l'expansion européenne en Afrique prend le caractère très formel d'entreprises politiques el nationales; la lutte contre l'esclavage reste sans doute le rêve de quelques hommes généreux; mais l'annexion de grands territoires, que l'on espère fructueusement exploiter, devient le but avéré des gouvernements et de leurs agents.
L'Allemagne entre en scène, et sa politique, dirigée par M. de Bismarck avec une énergie et une décision remarquables, provoque chez les autres puissances une fièvre extraordinaire. Jusqu'alors l'Allemagne n'avait pas eu de colonies. Il entrait dans les plans des hommes politiques qui avaient fondé l'Empire allemand, d'en fortifier l'unité en faisant naître des intérêts communs. D'autre part, ils voulaient s'efforcer de diriger vers des terres allemandes le grand courant d'émigration qui enlève, chaque année, de 100,000 a 200,000 Allemands, et les verse aux États-Unis.
D'ailleurs, bien que n'ayant pas de colonies officielles, l'Allemagne avait de nombreux intérêts dans les comptoirs des
eûtes africaines, et ses explorateurs, les Barth, les Schweiniurt, les Gérard Rohlf's, les Nachtigal, etc., avaient été parmi les plus hardis pionniers de la conquête scientifique de l'Afrique.
Une maison de commerce de Brème (Lûderiti) avait des établissements dans la baie d'Angra-Pet/uena, au nord du fleuve Orange. Le gouvernement britannique et le gouvernement colonial du Cap hésitant a assumer les droits et les charges du protectorat sur les territoires des eûtes occidentales, M. de Bismarck mit fin à ces tergiversations en télégraphiant, le 29 avril 1884, au consul allemand du Cap : « Nous déclarons que ces établissements sont sous le protectorat allemand. » La souveraineté allemande s'étendit alors sur 1,300 kil. env. de eûtes, depuis le fleuve Orange jusqu'aux limites des possessions portugaises, qui furent ultérieurement (188G) fixées au Rio Cunène. L'Angleterre ne conserva que l'enclave de Walfisk-bay.
En même temps, le docteur Nachtîgal1, un des explorateurs les plus au courant des questions africaines, recevait la mission de visiter les eûtes occidentales avec quelques navires de guerre et de prendre officiellement possession de tous les territoires sur lesquels étaient établis des comptoirs allemands, et sur lesquels la souveraineté d'une puissance européenne n'aurait pas été déclarée. Il lui était recommandé, d'ailleurs, de ménager les prétentions que pourraient émettre les autorités françaises.
Le fi juillet 1884, le docteur Nachtigal fit hisser le pavillon allemand à Baglda (côte de Guinée); le 14, à Bell (prés de l'embouchure du Cameroun), et successivement sur divers points des côtes voisines.
Les Anglais s'étaient hâtés d'envoyer, de leur côté, un navire de guerre, mais qui n'agît pas avec la même décision et se laissa devancer; cependant ils réussirent à se réserver les côtes à l'est du Niger, jusqu'à l'estuaire du Rio de! Rey2.
1. Consul d'AHemii;;"!' à Tunis iipri'S rnerupritiou frnnriiise en 1883, il mourut au cap des Palmes (cote de Guinée), le 20 avril 1885.
î. Dix-huit traités fureut siguts par le cousul anglais llewelt, du 19 juillet au 10 septembre.
Le 13 oct. 1884, le chancelier de l'Empire notifia officiellement l'établissement du protectorat allemand sur le territoire de Togo (Bagida), sur la cote de Cameroun, sur la côte voisine, et sur une zone indéterminée vers l'intérieur, ou Hinterland. Des conventions ultérieures, conclues avec la France et avec l'Angleterre, en fixèrent les limites.
Les Allemands ne montrèrent pas moins d'activité sur les côtes orientales. En décembre 1884, leurs agents achetèrent à une dizaine de chefs, soi-disant indépendants, les territoires désignés sous les noms à'Ousagara, d'Oukami, de Ngourou (env. 130,000 k. c), qui formaient l'hinterland des possessions continentales du sultan de Zanzibar1.
Des conflits ayant eu lieu entre les indigènes et les soldats allemands, une escadre allemande vint mouiller, au mois de mai 1885, devant le palais du sultan de Zanzibar et lui imposa l'abandon de ses droits sur les pays de l'intérieur.
Toutes les puissances se préoccupèrent de même d'éter leur influence en Afrique.
L'Angleterre occupait l'Egypte ; elle revendiquait d'immenses pays depuis les côtes de l'océan Indien jusqu'aux lac3 équatoriaux, le bassin inférieur du Niger, la plus grande partie de l'Afrique australe.
L'Italie offrait son concours à l'Angleterre pour l'aider dans la pacification du Soudan égyptien et prenait pied sur le« côtes de la mer Rouge.
L'Espagne essayait d'étendre vers l'intérieur ses territoires de la côte saharienne.
1. Le sullaii de Zanzibar. Sa'ii.1 IJ:irnasch, de la famille des imans da Mascate, était un prince Maire, intelligent, favorable aux entreprises commerciales des Européens. '.' t disposé à interdire l'esclavage. Il possédait les îles de Zanzibar, de Pemba, de Mafla, et son autorité était plus ou moins reconnue sur la cote voisine, depuis le pays des Somalis nu nord, jusqu'au territoire portugais de Mozambique au sud.
11 avait visité Paris et Londres et, par convention de i SH2, la France et l'Angleterre lui avaient garanti la souveraineté de ses États. — C'est 4 Zanzibar que s'étaient organisés les voyages d'exploration de l'Afrique centrale et ceux des tni.-siimu.uivs catholiques et protestants, soutenue par l'Association internationale africaine.
Trop faible pour augmenter ses possessions africaines, le Portugal cherchait, du moins, à les défendre contre l'avidité anglaise.
La France établissait son protectorat sur la Tunisie, mais les difficultés de la guerre du Tonkin paralysaient momentanément sa politique en Afrique. L'opinion publique, insuffisamment éclairée sur la portée des entreprises coloniales modernes, était d'ailleurs hésitante, et les partis politiques entravaient l'action du gouvernement. Il en résultait l'effacement de la France en Egypte, l'amoindrissement de sa situation à Madagascar, la perte des comptoirs du bas Niger, etc.; maisbientot la France, revenant à une politique plus conforme à ses intérêts, affirmait ses droits sur le bassin de l'Ogôoué; elle encourageait les missions nouvelles d'exploration et poursuivait ses efforts de pénétration vers le Soudan par le haut Niger et sur les côtes de Guinée,
De tous ces intérêts rivaux et de ces prétentions mal définies, devaient naître des conflits. Il était utile de les prévenir par une entente internationale.
L'Allemagne, d'accord avec la France, proposa la réunion d'une Conférence internationale à Berlin (1881-1885). Cette conférence, où furent représentés quatorze États : l'Allemagne, l'Angleterre, l'Autricbe-llongrie, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Russie, la Suède-Norvège, la Turquie, et les États-Unis, a reconnu l'Etat indépendant du Congo, en 'a garanti la neutralité et l'a placé sous la souveraineté du roi des Belges. Elle l'a délimité d une manière générale et a stipulé la liberté du commerce et de la navigation, non seulement dans l'Etat du Congo, mais dans une zone plus étendue englobant une partie des territoires français et portugais.
A la Convention de Berlin a été joint un traité d'un caractère plus général et, par suite, d'une portée plus haute, l'Acte général de Berlin (26 février 1883).
Cet acte a étendu au Niger et à la Bénoué les stipulations arrêtées pour le Congo, posant ainsi le principe de la libre navigation des fleuves africains; il fut, en outre, décidé que
L'EXPANSION européenne; toute nation qui s'attribuerait un territoire, en Afrique , serait tenue de notifier son acquisition aux autres puissances.
Des conventions particulières ont, peu à peu, précisé les lots et les champs d'action réservés à chaque puissance.
Le plus important de ces traites particuliers est celui conclu entre l'Angleterre et l'Allemagne (1" juillet 1890). — L'Allemagne a consommé la dépossussion du sultan de Zanzibar; elle s'est constitué un vaste domaine, qui s'étend, sous le i d' Est-africain-allemand, depuis les cotes jusqu'aux grands lacs et aux limites de l'État du Congo, séparant ainsi les territoires anglais du nord {Afrique-orientale-anglaise) de ceux du sud (Zambézie), et entravant ainsi la réalisation ultérieure du rêve gigantesque de l'ambition britannique, qui est de monopoliser les échanges entre le nord et le sud de l'Afrique, des Louches du Nil à celles du Zambèzc.
Celte convention fut conclue en dehors de la France, qui n'avait d'ailleurs aucun intérêt positiTsur les cotes orientales, mois qui avait cependant, d'accord avec l'Angleterre, garanti l'indépendance du sultan de Zanzibar. L'Angleterre plaçant sous son protectorat personnel les îles de Zanzibar et de Mafia, la France réclama, reconventionnellement, la reconnaissance par l'Angleterre de son protectorat sur Madagascar, et le tracé d'une zone respective d'influence entre le Niger et le lac Tchad (convention du 3 août 1890).
D'un autre côté, par convention de 188o avec l'Allemagne et de 1887 avec l'État du Congo, la France a réglé, en partie, la délimitation du Congo français et s'est réserve la possibilité d'ouvrir une route entre ses possessions de la cote occidentale et le lac Tchad.
Les expéditions vers l'intérieur se multiplièrent ; mais ellea perrîirentdès lors le caractère scientifique et humanitaire, pour prendre celui de rivalités commerciales et économiques. Aux savants et aux apôtres de la première heure, succédèrent parfois des aventuriers ou trafiquants, âpres au gain, dont les J
[•ucédés provoquèrent souvent des résistances et des rébet- [ lions. La suppression de la traite, qui ruinait les chefs a tous marchands d'esclaves, avait pour conséquence d'excilerl
leur opposition à tonte pénétration européenne, et ils armèrent les populations mêmes que décimaient leurs ravages.
Les expéditions militaires étaient très meurtrières, caries indigènes disposaient, sur bien des points, d'armes perfectionnées. Les naiions civilisais rencontraient donc, en Afrique, une résistance beaucoup plus sérieuse qu'elles ne l'avaient cru. Elles constataient aussi que la traite, l'abus de l'alcool, les guerres entre indigènes, avaient dépeuplé d'immenses territoires, ce qui menaçait de rendre absolument stériles leurs entreprises colonisatrices. Le désir d'arrêter la dépopulation africaine et d'empêcher les indigènes de se procurer des armes perfectionnées pour continuer leurs guerres intestines ou pour résister aux Européens, a conduit les nations civilisées à un nouvel accord international. L'Acte général de Bruxelles (2 juillet 1890) interdit l'introduction des marchandises dangereuses ou nuisibles, les armes et l'alcool, et proscrit la contrebande de guerre1.
L'Aele général de Berlin ( 1883) et Y Acte général de Bruxelles (4890) constituent la base légale de l'intervention européenne en Afrique. Nous indiquons, ci-après, dans ses grandes lignes, le résultat du partage africain :
Les États musulmans du nord de l'Afrique comprennent : YÉggpie, de droit sous la suzeraineté ottomane, mais de ïail sous le protectorat anglais;
la Tripolitaine, province de l'Empire ottoman ; la Tunisie et l'Algérie, sous le protectorat ou. la souveraineté d« la France;
]e Maroc, qui est indépendant, mais très attaqué par les Ir*fluences rivales de la France, de l'Angleterre, de l'Espagne, e t même de l'Allemagne et»de l'Italie.
l'Espagne possède les lies Canaries, et quelques portions ™es c6les voisines, qui ne lui donnent guère d'espérances ^'extension. Elle possède aussi les Iles de Fernando-Pô et
s ces prescriptions n'ont aucune sanction, et l'introduction des
**■•»»» se poursuit, commit l'ont montré les événements du Dahomey et s troubles récents du haut Congo.
d'Annobon dans le golfe de Guinée, et les petites lias Elobey et Corisco, sur la côte du Congo français.
La France, outre ses anciennes colonies de l'Algérie, du Sénégal, et de la Côte de Guinée, a étendu sa souveraineté ou son protectorat :
1° sur la Tunisie;
2° sur le territoire A'Obock (golfe d'Aden);
3" sur le Congo français ;
4° sur le Soudan français (boucle du Niger);
S" sur le Dahomey et sur l'ninterland de ses possessions de \ cote de Guinée.
Elle a réservé à son influence la zone comprise entre le Sénégal, le Niger moyen, et le Sahara algérien.
L'Allemagne a pris possession :
1" du territoire de Togo (cote de Guinée) ; 2" du territoire de Cameroun [ — id. — ) 3° du Sud-ouest-africuin allemand (eûtes du Namaqua et Damara) ;
4° de Y Est-africain-allemand.
L'Angleterre (outre bcb anciennes colonies de la Gambie, Sierra- Leone, de la Câte de l'Or, de Lavas, et du Cap) s'est attribué :
1° l'exploitation du Niger inférieur et de la Bénoué;
2° le bassin du haut et du moyen Zambèzs jusqu'aux lacs Tanganyika et Nyassa;
3° une immense bande joignant ses possessions du Zambêze à celles du Gap (Zambézie) ;
A" le protectorat de Zanzibar;
5° Y Afrique orientale anglaise ;
6° la cote sud du golfe d'Aden.
Les États Boè'rs indépendants d'Orange et du Trartswaal sont, plus ou moins, sous l'influence britannique.
L'Angleterre exerce un protectorat de fait très formel sur l'Egypte, qui est, de droit, sous la suzeraineté ottomane.
L'Italie a pris :
i° sur les côtes de la mer Rouge, une assez longue zone, qu'elle désigne sous le nom de colonie d' Erythrée; elle revendique le protectorat de î'Abyasinie J
2° la côte des Somalis (océan Indien) et l'hinterland jusqu'au Rafla, suivant une convention avec l'Angleterre (1891).
Le Portugal a conservé ses anciennes colonies d'Angola et de Mozambique, mais il a dû consentir à l'occupation par l'Angleterre des territoires qui les séparent (convention de 1891).
Il a conservé le petit territoire de Kabinda, sur la rive droite du Congo maritime; il possède les îles do Principe, Saô-TJiomé, dans le golfe de Guinée, et le territoire de Bissao, enclavé dans les territoires français du Sénégal.
L'État indépendant du Congo, sous la souveraineté du roi des Belges, comprend l'immense bassin de ce fleuve.
11 n'y a plus un point vacant sur les côtes, mais les limites dans l'intérieur ne sont qu'imparfaitement fixées.
Les territoires encore libres feront l'objet de partages ultérieurs, dans lesquels on prétendra, sans doute, faire valoir les droits de priorité que les explorateurs auront pu acquérir & leur pays, par les traités conclus avec les chefs indigènes, ou même seulement par leur passage dans les régions encore inoccupées.
Les Étals musulmans du Soudan centrai (Bornou, Baghirmi, Ouadaï, Darfour, Kordofan) échappent encore à toute influence européenne.
La république de Libéria (côte de Guinée), fondée, sous la protection de sociétés proteslanles américaines, avec des noirs libérés de l'esclavage, est indépendante,
1. Vers la même époque, et dans le niÈmc but d'y installer les noirs enlevés aux navires négrier.*, la Kriincc a erré la colonie (In Ga bon avec Libreville; l'Angleterre, la colonie de Sierra-Leotu avec Frec-Town.