‹ L'expansion européenneChapitre 75 sur 160 · V SAHARA MÉRIDIONAL ET SOUDAN CENTRAL · texte numérisé non relu

V SAHARA MÉRIDIONAL ET SOUDAN CENTRAL

Sahara méridional.

>e Sahara prolonge, en Afrique, l'immense écharpe de déserts qui traverse l'Asie du nord-est au sud-ouest (déserts de Gobi, du Turkestan, de la Perse, et de l'Arabie).

Au nord, le Sahara commence aux pieds de la chaîne qui forme la limite méridionale de la Berbérie; S! s'avance presque jusqu'à la mer des Syrtes, ferme la presqu'ile de Cyrénaïque et atteint le delta du Nil ; — au sud , il se relie au Soudan par une transition insensible dans le climat et dans la végétation; — le 15° de latitude nord peut être considéré comme une limite approximative; — à l'est, il horde le Nil ; — a l'ouest, il atteint l'océan Atlantique.

Il mesure du nord au sud 1,800 kilomètres environ, et de l'est a l'ouest 4,500. Sa superficie atteint presque 7 millions Je kil. car., soit près du quart de l'Afrique.

De l'ouest à l'est, les massifs de VAdrar et d'e ( Eglab, les plateaux la Ahaggar (1,200 à 1,500 m. d'alt.}, dw Tassili du sud elà'Adghagh, le massif volcanique de l'Air (1,500 a 2,000 m.), le* monts de Tarso (2,500 m.) dans le pays des Tibbous, séparent les bassins du Niger ' i du lac Tchad, au sud, et les bassins des oasis du Tooal et des grands cholls du sud-a'gêrien, au nord. Ils indiquent une ligne de ■ -.n, asset vague d'ailleuis, entre le Sahara septentrional et U S.ihara méridional.

Prie de celle limite, sont: à l'ouest, les salines de Taoudeni sur I' route de Timbouctou au Maroc; au centre, les salines d'Anuid- Jtor; à l'est, les salines de Bilma, sur la route du lac Tchad à 'ATripolilaine. Prés de ces salines, où s'approvisionnent les carav*iws venant du sud et celles venant du nord, se font, à certaines *P°ques, les échanges entre les unes et les autres. Un' fort petit

,'afriql-l: GENTSÀLH 291

nombre de caravanes font le trajet complet, du nord au sud, entre le Sahara el le Soudan.

La route de Taoudeni a été suivie par René CiiiUiê (1827-1858),

i nord, et par le docleur Lenz, du nord au sud (1880).

^elle de l'est, ou de Bilma, a êlé plus fréquemment parcourue:

:s Anglais Dcnkii.ni-, Oudiiey, et Ctup-ficrloii, traversèrent le Sahara

e Tripoli au Tchad, par Mourzouk (1822-1824);

L'Anglais Richtti'dton et les Allemands Ùcifwcij et Barlh partirent

de Tripoli el gagnèrent le Tchad par Ghat, les plateaux de l'Air et

Agadès;liarth revint a Tripoli par Cilma et Mourzouk (ISoO-ISjj);

L'Allemand Gerhard Roklfs traversa l'Afrique, de Tripoli à Lngos

(golfe de Fiénin), par le Tchad (1865-1867);

Le docteur Nackligal, Allemand, gagna, par Mourzout;, le pays des Tibbous, revint à Mourzouk, el se rendit ensuite au Tehad par Bilma (1869-1874), etc. ;

Le commandant Mante.il, parti du Sénégal, atteignit le Tchad, revint par Bilma, Mourzouk, et Tripoli (1890-1892).

Mais, entre l'itinéraire dn Kart h, il<> Ghat. a A parlés, et celui de Lenz, dl) Maroc à Timbouclou, le pays n'a été traversé par aucun Européen et n'est connu que par renseignements.

On a cru pendant longtemps que le Sahara était une immense plaine de sable, située au-dessous du niveau de l'Océan, ancien fond d'une mer récemment desséchée; mais, au contraire, le sol du Sahara est plus souvent caillouteux que sablonneux; il est accidenté par des vallées et coupé par des falaises, témoins d'anciennes érosions. Les coquilles qu'on y trouve appartiennent à des espèces llu- ■viutiks. Son altitude moyenne paraît être de 500 m. au-dessus de l'Océan. Dans le nord, quelques cuvettes seulement sont au-des-

Le Sahara a été arrosé, durant la pëi iode tertiaire, par des cours d'eau larges et profonds, dont les berges sont encore parfaitement inconnaissables; telles sont les vallées de l'oued Mia el de l'oued Ighaii-har au nord, et celle de l'oued Tafassanet sur le versant du Niger. Pais, pour des causes encore mal expliquées, le climat s'est lundi lié; les pluies devenant très rares el la chaleur étanl excessive, lea eaux se sont évaporées et le sol est devenu aride.

Vers le cenlre du Sahara s'élève le massif du Ahag^ur, en grande jinr-lii* volcanique, avec des sommets de t,iiO0 à 2,000 métrés, parni.Tts de neige, au dire des indigènes. D'après fiarlh, il mesurerait 100 kil. en longueur et en largeur. Véritable Suisse saha-

rienne, il formait le réservoir d'où s'échappaient la plupart des grands neuves de cette région. Il est aujourd'hui soumis à des périodes de sécheresse de plusieurs années.

Eu dehors des montagnes, où le roc se montre presque toujours à nu, le sol du Sahara se présente sous quatre aspects différents : les Hammâda, l'Erg ou Areg, les Sebkha ou ChoUs, les Oasis.

Les Hammâda sont des plaleaux pierreux, formés de Hrès ou de calcaire ; ils occupent probablement les deux tiers de la surface du Sahara. Presque tolalement dépourvus d'eau, de végétation, et d'animaux, brûlés pendant le jour par un soleil de feu. quelquefois glacés pendant la nuit, c'est la région la plus inhospitalière et la plus difficile du Sahara.

L'Erg, ou Areg, est la région du sable et oVs dunes. Les principaux déserts de sable sont l'Iguidi et Ved Djnuf, au sud du Maroc; l'Erg ou Areg proprement dit, au sud de l'Algérie ; le désert de Libye.

Le sable est formé par la désagrégation des roches sous l'action du soleil et des vents. II s'amasse en dunes, hautes de 150 à 200 m., qui ne se déplacent qu'avec une très grande lenteur; il est donc possible d'y retrouver sa route. Dans l'Areg, il suffit fréquemment de creuser le sol a une faible profondeur pour rencontrer l'eau.

La Sebkha, ouChotl, est une dépression dans laquelle les eaux de pluie se réunissent et se maintiennent plus ou moins de temps '.

Les Oasis sont des îlots de verdure, plus ou moins étendus, arrosés soit par les eaux superficielles, soit par celles que procurent les forages artésiens. On y cultive principalement le dattier, et parfois des céréales, la vigne, et quelques fruits.

Les parties les plus sèches du Sahara ne sont pas complètement dépourvues de végétation. On rencontre sur l'Erg et même sur les Uammàda, des herbes fit dos broussailles, qui peuvent, îi la rigueur, suffire aux chameaux ; les parties les moins desséchées se couvrent, au printemps, de pâturages lemporaires, précieux pour les troupeaux des nomades.

Le climat est extrême. Pendant les nuîls d'hiver, le thermomètre descend souvent au-dessous de zéro (— 5° a Mourzouk) ; pendant l'été, il atteint 43" a S0° à l'ombre. La température moyenne est de iu: à

1. Une partie dn ces eaux s'iulillre dans les sables ; puis, lorsque l'év*porati->u a ik'.-;ijfli.; la surface, elles remontent, par uu phéuoinène de capillarité, et s'évaporent à leur tour, eu déposant, eu e More sec ne m, le sel qu'elles ont dissous.

24°. Les pluies sont rares, mais ne font pas absolument défaut, surtout dans les montagnes (Ahaggar, Tibesli, Aïr), où elles sont parfois très violentes. Les lits desséches se transforment alors, pour quelques heures, en lorrents furieux qui inondent les vallées '.

La plus grande partie de la population saharienne est nomade. Elle comprend trois grandes familles principales : les Tibbou (Guratnan(e$ des anciens), vers le sud-est; les Touareg', au centre; les Maures, à l'ouest.

LesTibbou sont de couleur intermédiaire entre les nègres et les Berbère; ils sont, pour la plupart, nomades. Quelques-uns, cependant, vivent sédentaires dans les oasis.

Les Touareg sont probablement d'origine berbère, lis se divisent en Touareg du Nord et Touareg du Sud.

Les Touareg du Nord comprennent les Asdjer ou Azgar, au sud de la Tripolitaine, elles Ahaggar ou lioggar, au sud de l'Algérie.

Les Azdjer reconnaissent une sorte de suzeraineté du pacha de Tripoli; des postes turcs occupent Ghat, Ghadamès, et Mourzouk. N'ombre d'entre eus sont affiliés à la confrérie des Tedjanià, qui n'est pas hostile à l'influence française. Leurs chefs accueillirent et protégèrent M. Duveyrier, pendant son voyage dans le Sahara septentrional.

Les Ahaggar, an contraire, se rattachent aux centres religieux du Maroc 3. Plus fanatiques que ies Azdjer, ils sont la terreur des caravanes. En 187* et en 1B76, ils infligèrent aux Azdjer plusieurs défaites; aussi, la puissance de ces derniers était-elle bien déchue, lorsque eut lieu l'expédition du colonel Flatters, qui comptait sur leurs sympathies.

Les Touareg du Sud comprennent les Ket-Oui, au nord-ouest du Tchad, dans la région de l'Air, et les Aovêtimmiden, entre le Maroc et le Niger. Ces derniers dominent Timbouctou.

Les Touareg se divisent en trois castes : les nobles (djouad ou Vwggarcn), les serfs {imghad), les esclaves noirs venus du Soudan.

Les nobles, ou djouad, ont pour principales ressources le produit de leurs troupeaux, une faible redevance payée par les serfs, et surtout les droits de péage qu'ils perçoivent sur les caravanes. Ils les

t. Dans l'Air, tfartti a constaté une sais. in pluvieuse (sept, et net.).

-. !.■■:'- Tibiiou ont 4\<: »."■ 1 i.i ■ 1 i ■ "- ^ prineipate-meut par le docteur Njchtigo! ,

■•s par il. Duveyrier.

i Clic* les Ahaggar, au Touat, et n l'ouest du Touat, on fait la prière redi au nom du sultan du Maroc; cheï les Azdjer, on la fait M nom du sullau de Coustautiuople.

L'EXPANSION EtTlOPÈEXNE

prolèsent pendant la traversée de leur territoire, mais ne se font pas sera pale de les dératiser lorsqu'elles Mut sur lelerrilmi

Les serfs, ou irnsnaJ, forment aoe sorte de b- < ; breose qae 1a caste noble. Ils sont inféodés et absolnmeot dévoués â leurs seigneurs. Ils sont commerçants, artisans, ou pasteurs.

Les esclaves, dont la situation est assez douce, sont chargés des gros ouvrages et de la culture'.

." unes peuplent le Sahara occidental, au nord du Sénégal. Ce sont des mulâtres berbères et Arabes musulmans.

Les principaux objets du commerce saharien sont les esclaves, les dalles, et le sel.

On évalue à 80,000 environ le nombre des chameaux emplois annuellement au transport du sel. Il existe quatre principaux centres d exportation du sel : saline â'Iiljil, qui fournit le et le haut .Niger (4,000 tonnes par an, env.) ; — saline de Taoudtni, qui alimente le haut Niger et le Soudan central; — saline •l'.tmuJgtior, dans le massif du Ahaggar, peu exploitée à cause des exigences des Touareg; — saline de Bilma, qui fournit le Soudan central (5 à 6,000 tonnes par an).

Oasis principales du Sahara, méridional.

Adrar .'300 kil. au nord du Sénégal, à 400 kil. env. de la cole)K sorte d'Ilot rocheux isolé dans les sables, d'un relief moyen ils- 100 m., ayant quelques pâturages. Population totale, 20,000 b»t» enï. ; C'iingut'ti (4,000 hab/i. Alar (3,000), Ouadan (6,000), etc., son» 1 les principaux centres de ravitaillement des caravanes qui vol*- ' du Maroc au Sénégal ou à Timbouctou, et des populations nomade dont les parcours s'ëtendeot de l'Atlantique au désert de Djouf.

1. Les Touareg sont monogames ;dau! les trihus. le rôle de la femme c^ toujours important. Les Touareg sont les véritables maîtres du Saha1"3 dont il; parcourent les vastes espaces su trot de leurs mehara. Le tfc barîest un dromadaire de selle, aux formes plus Élancées, au pelade |>'11 clair et plus soyeux que le dromadaire de bit; il peut soutenir pend*.11 une quinzaine de jours des marche? quotidiennes de 70 kil-, et frauct»en cas de besoin, 130 kil. en douze heures. .

Les Touareg n'ont pas de chevaux. Leurs armes ordinaires sont lance, le sabre, une sorte de poignard & large lame, el quelquefois le * " sîL Pour se garantir du sali!-? et entretenir U fraîcheur par t'evaporat» ^ de l'haleine, ils portent sur la tigure un voile, noir chez les nolil ^ blanc chei les autres, et ne le quittent jamais. Leurs femmes, au cf traire, ont le visage découvert

Tiris (400 kil. nord-ouest de l'Adrar) s

octobre.

Entre le Tiris el l'Adrar se trouve la. saline d'Idjil.

Adafer (400 kil. sud -est de l'Adrar) ; ville principale Tichit (6,000 hab.).

Tagant (300 kil. nord-est de Podor]> sel gemme. 51 Hodh (a l'est de Tagant).

Toutes ces oasis sont habitées, un grande parlie, par des Maures (Trarza, Brakna, Douaicli, etc.).

Araouan, Taoudeni, etc., sur la route de Timbouctou au Maroc. Àïr, ou Asben (G00 kil. nord-ouest du Tchad) (60,000 hab. env.. Touareg Kel-Oui, pour la plupart). Centre principal, Agadès (6 1 "00 maisons, 1 à 8,000 bah.), bien déchu depuis quelques années. Damerghou, sur la route de l'Aïr an Soudan. Kaouar (à mi-chemin entre Mourzouk et le Tchad, 6,000 hab.); onze oasis échelonnées du nord au sud, sur une étendue de 80 kil. «fc long et 10 kil. de large. Ce groupe doit son importance au voisinage de la saline de Cilma.

Tibesti, ou Ton (400 kil. nord-est du Kaouar), principal centre des Tibbou, avec Bardai comme chef-lieu, fiorkou (300 kil. sud-est du Tibesti).

Ces oasis, a l'eiception de celles de Kaouar, du Tibesti, et du Bor- Wou, sont dans la zone d'inlluence réservée à la France par la non franco-anglaise du S août 1890; mais, élant données '"«oslilité des populations el les difficultés de pénétration, on ne Peut dire si le rêve de réunir l'Algérie au Sénégal, en faisant respecll-"i" noire autorité dans le Sahara, serait, un jour, réalisable, et si lfts résultats compenseraient les sacriflees de toute nature qu'ex!- Serait pareille tentative.

Soudan central.

Le Soudan central n'a aucune limite précise. Il s'étend, à

; puis les monts du Darfour (1,800 m. env.) jusqu'aux.

'-''' 'visses du pays des Niam-Niam ; à l'ouest, les monts du So-

°to, dont quelques crêtes dépassent 2,000 m., et les hauteurs

du Damerghou séparent le bassin du Niger de celui du lai Tchad. Au nord, on peut limiter le Soudan au 17° de lat.

Les monts del'Adamaoua [cône volcanique du mont MendU au nord-est de Yola, 2,000 m. ; mont Alantika, au sud de Yola, 3,000 m.) forment la ceinture sud-ouest. La région du sud, entre l'itinéraire Mizon (de Yola à la Sangha] et l'itinéraire Dybowski (partant du coude de J'Ouhanghi), est inexplorée.

Dans le nord, d'immenses espaces, peu accidentés, e couverts de taillis ou de hautes herbes, coupés ça et là pat quelques cours d'eau, le long desquels les arbres forment un rideau. Les grandes forets sont rares et formées, le plus s vent, d'arbres rabougris {grande forêt de mimosas sur la lisière méridionale du Sahara), Dans le sud, où les pluies sont très abondantes, les forêts sont plus nombreuses, et l'on trouve des territoires productifs.

Jusqu'à présent, le Soudan central est peu connu. La première exploration scientifique en a été faite par l'Allemand Barth (I8S0 à iSHaj ', au voyage duquel il faut toujours se reporter pour les renseignements relatifs au moyen Niger, au Sokoto, et au lac Tchad.

Après lui, l'Allemand Voçjel fut assassiné dans l'Ouadaï, à Abd ché (18SS) ; Beurmann périt également assassiné (1861).

Le voyage dudoeleur Nachtigal (1860 à 1874] a donné aussi d'ir portants résultats*. C'est lui surtout qui a fait connaître les atrocités des chasses à l'esclave, dont it a été témoin et qui a que, de nouveau, l'intérêt de l'Europe sur les questions d'ATriqui

Gerhard Rohli'a, dans un voyage de Tripoli à Lagos (1965-1867] toucha également le lac Tchad.

1. Parti de Tripoii eu janvier ISIîO, il traversa le Sahara par Mourïouk, Ghnt et Agadès, et arriva a Kano.

Do lu, il gagna Kouka (mai 1S51), pénétra dans l'Adnmaoua et nlteïjriii Yola, sur la Dénoué (juin 1831). 11 revint à Kouka, eiplora le" (uord-est du Tchad) et le Baghirmi, jusqu'à Massenia (avril 18a2).

Il se dirigea ensuite vers l'ouest, entra A Sokoto (avril 1853), passa l< Kiper A Say et remonta j 1 1 'pia Timijoueliiii '''septembre 1833), où it resl liuit mois. II redesceadit alors le Ni^r jusqu'à Say, rentra à Kouka ( il c.'inbrc 1.S34) et revint a Tripoli par 1.1 il ma et .Mourzoïik (août 1833;.

2. Parti de Tripoli au printemps de 1370, il explora le lac Tchad (1870 visitais Kanem, lo Dornou, le Bagliinui [187Î), le OLiadai (1873), truver le Darfour (1874), et rentra eu Europe pur l'Egypte.

Plusieurs tentatives faiies pour aborder celte région par le sud ont jusqu'ici échoué:

L'expédition française de Crampel, partie de l'Oubangbi, Tut arrêtée et massacrée (i89t).

I.e lieutenant de vaisseau Mizon, qui a remonté la Bénoué (1892), a renoncé à poursuivre sa route vers le Tchad ; il est revenu par l'Adamoua au Congo français.

A la même époque, une mission envoyée à Kouka par la Compagnie anglaise du Niger a échoué dans ses négociations.

Plus récemment, le commandant Monteil, parti du Sénégal, avec la mission de reconnaître la zone limitrophe franco-anglaise entre le Niger et le lac Tchad, a séjourné à Say, à Sokoto, a Kouka. Jl est revenu par Mourzouk et Tripoli (1800-1892) '.

Le lac Tchad (altitude 240 m.: a une superficie très variable <27,000kil. car. en moyenne), qui atteint son maximum d'oclofcre en janvier, après la saison des pluies. A cette époque, il se I^rolonge quelquefois vers lenord-esl, dans un ancien lit aujourd'hui desséché, le Bahr-el-Ghazal, par lequel i! inondait peut-être «autrefois les régions du Bodélé et de l'Etre! (nord-est du Tchad), *-jui sont à un niveau inférieur au sien. Sa profondeur est faible (î3 m. en moyenne). I.e Tchad renferme de nombreuses îles basses, l"»abilées par une population musulmane (Bouddouma, 13,000 iiab. ïïiviron), qui vit surtout de la pêche. C'est un lac d'eau douce, ■aaais les rivages et les Iles sont riches en natron et en sel. Ses bords 2 t. la plupart de ses lies sont encombrés de végétation (papyrus, ■~oseaui gigantesques, etc.).

Son principal tributaire est, au sud, h' Chari, dont les vallées supérieures n'ont pas été eiplorées, et, à l'ouest, le Komadougou.

A l'est du Tchad, se trouvent plusieurs dépressions plus pelites, T*ii se remplissent pendant la saison des pluies, entre autres le lac ''ittri, dans l'Ouadaî, le lao Iro, dans le Rughirmi.

le Soudan central, appelé aussi Nigritie, Hamtssa ou pays des noirs, se partage eo plusieurs Étals, dont les limites indécises Tarant t'influence des chefs. Ces États ont été formés par la enquête d'envahisseurs étrangers; la population noire primitive a atnigré en partie, le reste subit la domination du vainqueur.

Les Marocains et les Touareg se sont autrefois établis dans la boucle du Niger. Dans la région du Tcbad, sont venus d'abord les

ia-

L'EXPANSTON EUROPÉENNE

Tikbou , qui ont fonda le royaume du Bornou, puis les Peuhh [svi° siècle), qui ont soumis tout le reste du Soudan, enlln les Arabes qui se sont surtout implantés dans les provinces orientales.

Les principaux États du Soudan central sont : Le Songhay, au nord-est du Niger moyen, soumis à l'is! misme depuis l'an 1000. Il a formé un puissant empire, dont capitale Gogo (3 lieues de tour) était, au «"siècle, en relation de commerce avec Ouargla et l'Egypte. Il Fut conquis par le sultan du Maroc, et devint ensuite indépendant; il fut dominé parles Touareg vers 1170 et dès lors ruiné; sa population, intelligente et active, s'est dispersée dans le Soudan occidental et forme des groupes disséminés, connus au Sénégal sous le nom de Soninh-s ou Sarracolets.

Le Sokoto, fondé par les Peuhls, est aujourd'hui l'État prépondérant (8 à 10 millions d'habitants). Ses chefs étendent leur influence jusqu'au Tchad et auNigcr inférieur (Etat de Noupé). Les centres principaux sont Sokoto (20 à 25,000 hab.); Gando Kano (30 à 40,000 hab.), Kalsena, Zaria (40 à 30,000 hab.: Vourno (15,000 hab.), B'tda, capitale du Noupé (60,000 hab.

Le Bornou, fondé par les Tïbbous, qui, se mélangeant avec 1» population conquise, ont fondé le peuple des Kanouri. C'est un Élatmusulman, le plus ancien de l'Afrique centrale, aulrefois 1res puissant (5 millions d'hab. env.), avec Kouka pour capitale (60,000 hab.| et Sauter pour marché principal, où les Arabes sont nombreux et influents.

Le Baghirmi, dominé par les Arabes el par les Peuhls; la population noire est restée païenne. Les habitants sont agriculteurs et artisans. Ville principale, Massénia.

L'Adamaoua, au sud du Bornou; les Peuhls y sont en asseï grand nombre. Ses villes principales sont Vola et Nijaound.-n Le lieutenant Miïon y a été fort bien accueilli. Il a trouva ujm population intelligente, hospitalière, bien organisée, semblant avoir conservé les traditions d'une ancienne civilisation, venue de l'Orient.

L'Ouadaï (3 millions d'hab. env.)r dominé, comme le Bagbîrmi, par les Arabes et par les Feuhls. C'est un État centralisa converti a l'islamisme au \\i\° siècle ; ses populations sont féroces et fanatiques. Le sultan réside à A bêché ; l'ancienne capitale, Ouara est encore un marché important. Les Arabes du Ouadaï ont imposé leur domination sur le Baghirmi, dont les artisans les plus habiles ont dû, de gré ou de force, émtgrer dans le Ouadaï.

Le Darfour fi millions d'hab. env.J, État centralisé, fondé vers 1600. Capitale el Fâcher ( altitude 717 m. ) ; climat sain ; Kobê, marché principal. Une parlie de la population est venue de Nubie et de la haute Egypte.

Les Égyptiens avaitnt soumis le Darfour en 187-i-. C'était le centre du transit entre le Soudan central et la vallée du Nil. Il entretenait avec le Ilornou, des relations suivies, qui se faisaient surtout par l'oasis de Kaotwr {000 kil. de Kouba à Kobé ; environ 30 à 3ii jours de marche). Le télégraphe arrivait à el Fâcher, qu'un chemin de br devait joindre à el Ohéid, ch.-l. du Kordofan. Les Mahdisles s'emparèrent du Darfour en 1883, après la chute de Khartoum.

Tous les explorateurs qui ont parcouru les régions riveraines du Tchad et de la lîénoué en vantent les richesses naturelles. On y trouve un sol abondamment arrosé par les pluies périodiques, une puissanle végétation. Le commerce pourrait y Prendre , pensent-ils , un certain développement. Il serait aliienté par les mêmes produits d'importation et d'exportaon que celui du Soudan occidental.

Les K tiit s situés à l'ouest el au sud du Tchad: Solcoto, Bor- 'id.niiiujiia, Baghirmi, présentent les meilleures pers- "i iiv- d'avenir. Kano est un centre industriel et commercial iporlant ; on y fabrique des étoiles , du papier, des perles ; !es caravanes y apportent, de Tripoli, des marchandises européennes, qui pénètrent ensuite jusque dans l'Adamaoua. '-'-s ra/.zias d'esclaves sont très rares dans ces régions, où les ^'ftbes ont apporté une sorte de demi-civilisation.

Mais les régions situées à l'est du Tchad (OuadaV, Darfour) *Oni désolées par les guerres et l'esclavage.

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