‹ L'expansion européenneChapitre 76 sur 160 · CÔTES DE GUINÉE. - CONGO FRANÇAIS · texte numérisé non relu

CÔTES DE GUINÉE. - CONGO FRANÇAIS

domaine français, ou réservé à l'influence française, dans l'Afrique occidentale, comprend le bassin du Sénégal, les bassins supérieur et moyen tlu Niger, et une grande partie des eûtes de Guinée.

! grands efforts de pénétration

Depuis quelques années, sont faits vers l'intérieur :

Expéditions militaires do haut Sénégal et du haut Niger;

Explorations du capilaine Binger, tlu commandant Moateil, du commandant Quiquandon, du docteur Crozat, etc., dans la bouche du Niger et jusqu'au lac Tchad;

Expédition militaire du Dahomey;

Exploration du haut Ouhanghi et Ju bassin méridional du lac Tchad : de lïrazia, Hizon, Crampcl, Dibowski, Fourneau, etc.

Le résultat de ces efTorls multiplexe été d'établir nos droits d'avenir et de prouver par le fait :

\" La liaison entre nos possessions du haut Niger (Soudan français) : d'une part, par le Fouta Djailon, avec la côte de Guinée occidentale (missions Bayol et autres); d'autre part, par le pays de Kong, avec la cote de Guinée orientale (missions Binger);

2° La liaison entre le Soudan français et le bassin du lac Tchad, en constatant les relations déjà établies entre les marchés du bassin du Tchad d'une part, la Tripolitaine et le sud 'I'.' l'Algérie d'autre part [mission Monteil);

3e La liaison entre la région du lac Tchad, le Congo françaiset la côte sud de Guinée (mission Mizon).

!. Sous rattachons le Congo français au Niger et aux cites de Guinée, '" talion des rapports qui existent entre les intérêts français dans ces Hjm. Le Con^o français devrait, au point de vue géographique, ae rattacher ii la région du Congo.

Ces récentes explorations ont accentué les regrets que doit faire éprouver l'abandon, inconsciemment fait par la France, en 1881, des intérêts que ses négociants avaient créés dans le Niger inférieur. Si ces intérêts avaient été soutenus et l'avenir réservé, le rêve de réunir un jour, sous le pavillon protecteur de la France, le Sénégal et le Niger entier, le lac Tchad et [es pays au nord du Congo eût pu être réalisé.

Actuellement, tes Anglais, maîtres du Niger inférieur, prétendent s'interposer entre nous et le Tchad, et nous avons eu quelque peine à établir (convention de 1890) des jalons pour limiter leurs droits d'extension au nord (de Say sur le Niger à Barroua sur le lac Tchad).

L.CB expéditions militaires, comme les explorations scientifiques, auront marqué un progrès considérable. La barbarie aura reculé. Ici, des populations paisibles, réduites en esclavage et périodiquement dévastées ou massacrées, retrouveront, peu à peu, la sécurité qui leur permettra de se développer sur un sol fécond ; là, des peuples, plus intelligents et plus forts, constitués di'j.i en ï.L>ciél''3 relativement policées, sont amenés au contact de la civilisation et augmenteront, à leur tour, son champ d'action.

Dans la pénétration en Afrique, à laquelle la France a pris une si honorable part, grâce au dévouement, au désintéressement, a l'ardeur généreuse des meilleurs de ses enfants, il faut voir autre chose que la satisfaction d'intérêts de commerce, que nous sommes d'ailleurs souvent assez malhabiles à diriger. De grandes pensées conduisent nos voyageurs et nos soldats lorsqu'ils vont affronter les périls des expéditions africaines et qu'ils ont fait, d'avance, le sacrifice de leurs vies. Ces dévouements ne peuvent être stériles. Tût ou tard, l'humanité en recueillera les fruits.

A coté de la France, l'Allemagne et l'Angleterre ont fourni aussi un noble contingent d'explorateurs dévoués, et un plus grand nombre de commerçants audacieux, quelques-uns trop dégagés de scrupules. Mais si l'on examine la carte d'Afrique. on verra que les efforts anglais et allemands se portent davantage vers l'Afrique australe et vers l'Afrique orientale,

tandis que, de notre temps, l'Afrique nord- occidentale est plutôt réservée à l'activité française.

Les territoires anglais de la Gambie, de Sierra-Leone, de la Cote de l'Or, et de la Cote des Esclaves, ceux mêmes du Niger malgré leur grande étendue; les territoires allemands de la Côte des Esclaves et ceux de Cameroun n'apparaissent, pour ainsi dire, que comme des enclaves dans la zone française.

Sénégal.

Au nord, depuis le cap Blanc ', limite des possessions françaises, jusqu'au fleuve Sénégal, la côle est aride et inhospitalière.

Petite-Côte. — On donne le nom de Petite-Côte à la région, relativement fertile et bien arrosée, qui s'étend, au sud, depuis le Sénégal jusqu'à la Saloum.

La Petite-Côte eiporte, principalement par le port de Ruflsque, de grandes quantités d'arachides et d'huiles de palme. Le port de Dakar, londé en 1863, a pris une grande importance.

L'entrée du Sénégal étant obstruée par une barre qui reste parfois impraticable, pendant six à sept semaines, aux navires calant plus de 4 m., les installations maritimes delà colonie ont été faites h Dakar, sous le cap Vert, eu face de l'Ile de Goret:. Le port est d'un accès facile; il est devenu l'escale des navires qui se rendent d'Europe sur les côtes occidentales d'Afrique et sur les côtes de l'Amérique du Sud. Un chemin de fer de 264 kil., terminé en IWA, relie Dakar à Saiut-Louis. Une ligne est a l'étude entre Dakar et la Saloum. Dakar est en communication télégraphique avec l'Europe.

Rivières dn Sud. — On donne le nom de Rivières du Sud à l'ensemble des estuaires compris entre la Saloum et la côle de Sierra- Leone. Ces estuaires sont creusés dans un sol d'alluvions profondes, «ouvert d'une végétation tropicale (rnanglier, karilé ou arbre à leurre, palmier à huile, etc.). D s'y fait uu très actif commerce, principalement en gommes, caoutchouc, huiles qui alimentent une partie «les savonneries de Marseille, etc.

La Saloum a un large usluairc navigable, avec le poste de Ktiol>tlih.

La Gambie, qui appartient aux Anglais, est navigable pour les

). C'est au sud du cap Blanc, sur le banc d'Argwn, qu'eut lieu, en ■181", \i; célèbre narifiMfje de I;l Mn.ln.su, qui |i<irluit un ërjnûgal le persou- *ld chargé de reprendre possession du la colouie du Sénégal.

L'EXPANSION EOP.OPÉENNE

pelîles canonnières jusqu'à Gcorgns-Town, dans l'Ile Mac Carthy {180 kil. de l'embouchure environ), limite des possessoins anglaises.

La Casamance est navigable jusqu'à Sedhiou (225 kil.); à son embouchure est le comptoir de Curabane.

Les estuaires suivants s'ouvrent sur le territoiie portugais, en face de l'archipel des Iles Bissagos :

Rio Cachéo; Rio Géba, avec les postes de Gela et BiH Grande, Eio Cassinl.

e français :

n lace des ilols désorts des Alcatras; cle posLe de Botiê;

c Konakry, résidence du lieutenant-gou

>s t'iolos, vulgairement appelée Ile de L

Sur le ten

Rio Compony, t

Rio Nunez, a

Rio Fongo, a

Rio Doubreca, ; en face se trouve l'Ile de l dont les Anglais ont pris p

La Mellacorée, avec Bentij, dernière rivière française.

Sur le territoire anglais : la Grande et la Petite Scarcîes et i. Rokelle, qui forme l'esluaire de Slcrra-Leone.

Toutes ces rivières descendent d'une région élevée de 800 m. en moyenne, avec des sommets de 1,800 à 2,000 m., relativement fertile, au climat relativement sain, à laquelle on donne le nom de Fouta-Djallon. Le Sénégal et le Niger en reçoivent les eaux sur le versant nord.

Le fleuve Sénégal. — Le Sénégal est formé, à Bafaulabé, par la réunion du Eafing (fleuve noir) et du Bakhoy (fleuve blanc). Largeur au confluent, 800 m.

Le Baflng prend naissance dans le Fouta-Djallon, près de Timho ; le Bakhoy sort d'un marigot (étang temporaire), dans le Bouré; il reçoit (r. d.) le Baoolé.

Le haut Sénégal coule entre des murailles rocheuses ou des falaises eu terre, hautes de 10 à 13 mètres au-dessus des basses eaux. Il entre en plaine à Bakel. A Matam, il se sépare en deux bras, qui entourent l'Ile à Mor/U (lie de l'Ivoire).

On donne le nom de Fouta à la région de la r. g. du Sénégal, en aval de Bakel ; on la divise en Fouta'Damga, Fouta-Fouta, et Fouta.- Toro. Cette région, habitée par une population relativement dense, est bordée, au sud, par un pays désert et aride.

Les lits du Sénégal et de ses affluents sont coupés par des bancs déroches, véritables barrages naturels, qui forment une succession de biefs en eau profonde et sans courant sensible.

Le Sénégal esl navigable jusqu'aux Kayes (à 11 Uil. en aval de Mèdine; 014 kil. de Saint-Louis), du 15 juin au 1S octobre, pour les bateaux de S00 tonnes calant 3 m., et en juillet et août pour les bateaux de 1,500 tonnes avec un tirant d'eau de 5 à 6 m. Pendant la saison sèche, la navigation esl arrêtée, pour les navires calant 3 m., au barrage de Mafou (330 k. de Saint-Louis) et, à Podor, pour les navires calant 4 m. La marée se Tait sentir jusqu'à 422 kil, de l'embouchure1.

Saint-Louis, chef-lieu de la colonie, est situé dans une lie à 16 kil. de l'embouchure.

Le Bakboy et le Baling ne sont pas navigables.

Le principal affluent du Sénégal est la Falémé (r. g.), qui descend du Fouta-IJjalion et traverse le Bambou!:, navigable pendant 120 kil. à l'époque des hautes eaux. Elle charrie des sables aurifères.

En aval de Podor, le Sénégal reçoit le trop-plein des lacs Cayor (r. d.) elGuier(r. g.),

Le climat de la côte est humide et malsain. Il ne permet pas aux Européens un séjour prolongé. L'année se partage en saison sèche, de décembre à fin mai, et saison des pluies ou hivernage, de juin a Qn novembre5.

Pendant la saison sèche, des nuits relativement fraîches succèdent a. des journées d'une chaleur excessive. Le thermomètre oscille entre 11° et 25°; il monte à 42L1 par les vents d'esl, ou harmatan. — Pendant l'hivernage, température de 27° à 32°. C'est la saison la plus dure pour les Européens : chaleur humide, miasmes pestilentiels, orages ou tornados d'une violence extrême.

Dans le haut Sénégal, saison sèche du 1er décembre au 15 mars; hivernage, du 13 mai au 1" octobre ; pendant la saison intermédiaire, du 15 mars au 15 mai, !a chaleur est pénible, mais relativement saine. Du 1" octobre au 1e' décembre, régnent des miasmes faludéens dangereux.

1, Route de Saint-Louis au Niger. — DeSaiut-LouUà Maïou, 'SiU kil. ; 4 QnUé, 4S0 kil. ;a Mat ara, tiOO kil.; à Bakeï, IGOkil.; a Mèdine, 910 kil.; à Uiil'«uhiljé, 1,030 kil. ; i Badoumbé, 1,110 kil. ; ix Kita, 1,240 kil. ; a Koimdou, 1,350 kil. ; a Bammalio, 1,463 kil. DeTinibo a la Doubrëka, 10 jours; à Boké, 14 jours. S. En juillet, maximum des crues : 1»,20 à Saint-Louis ; 6 m. a Podor, '"ii- .i Dnlcel, - Débita l'hivernage, 5,0(10 mètres cubes.

i/kxi'ansion européenne

Soudan français et Niger.

On donne le nom de Soudan français à une région sans limites précises, qui comprend les bassins supérieurs du Sénégal et du Niger.

La Niger a environ 4,000 lui. de longueur. 11 sort des ramifica- [ions orientales du Foula-Djallon (moûts du Mandé), au mont Haro ' (1,340 m.). — Il peut être divisé en ; haut Niger, ou BjgUba, de ses sources à Koriomé, port de Timbouctou ; rnuyan \i;;.-''. jusqu'aux chutes de Boussang (env. 10" lat. N.); — bas Niger, ou Kouara, de Boussang à la côte.

Le haut Niger est séparé en deux biefs par les rapides de Sotuba (20 kil. en aval de Bammako, 700 kil. de la source): premier bief, de Kourousaa à Sotuba ; — deuxième hief, de Soluba à Koriomé. Les roches de Sotuba peuvent être évitées peudant les hautes eaux (août et septembre) par un canal naturel.

Le premier bief est séparé du BaQng et du Bakhoy, sources du Sénégal, par un plateau pierreux (altitude 300 m. environ), traversé par quelques collines d'un relief peu accentué (ISO m. euv.j Ce plateau, où domine le grés, est coupé de dépressions où l'on rencontre, aiusi que dans la vallée même du Niger, des terrains argileux, propres à la culture du riz, du mil et du maïs. Le premier bief est navigable: dV-puis Koitroussa, pendant les hautes eaux, pour des embarcations à tirant d'eau de 0m,50 environ.

Dans cette partie de son cours, le Niger reçoit (r. g.) le Taukisso, qui descend du Fouta-Djallon, passe près de Diagatray et huit à

se) et Moustier (Ki

Bafoulahé (Derrien)

Hadonoibë

Kita

Sommet du massu" [Derrienj.

Ni.iH.lf -dliL

Crète de partage avecle Niger (200 mètres de relief, missiou Galliéni)

Point culminant ( pic de Koilma-Khana)

Thalweg du Niger

iroiroj. Htm.

1 11 Mont Daro,aources du Niger. 1,3111 145 Mont Curuworo, prÈs des

358 sources du Niger, env. . . . L.1SI

642 Sikasao (Bingerl 78ft «

400 Kong (Binger) C50«a

l'ic de Koniono (à l'est de

Kong) (liiuger) 1,4%*

450 Pic de Naouri (haute Vol ta)

(Binger) I ,S **-

';' Moût Agoba, sud de Gogo. 1,*^=

l/AFRJQUE CENTRALE 307

Siguiri. 11 reçoit (r. d.) le Milo, dans la vallée duquel ont été créés (1802) des postes à Kirouane et ffcmfew».

Le second 6ief (de Sotuba à Koriomé} est navigable, pendant la saison des hautes eaus, pour des embarcations calant 1 m. au maximum. Sa largeur varie de 600 à 2,000 m. Dans cette partie de son cours, le .Niger traverse le Macina, pays relativement riche et peuplé, ancien royaume d'Ahmadou.

De Diafarabé à Sufai, le Niger est divisé en deux bras principaux, tous deux navigables, entre lesquels est le lac Deboé. A 50 kll. en aval de Sotuba, il est barré par des rapides qui ne sont franchissables que de juillet à octobre.

Son principal afiluenL de droite esc le Mayel-Balevel, qui reçoit lui-même plusieurs cours d'eau importants, qui viennent du Mandé.

Les points les plus notables du second bief sont : Koiilikoro, mouillage des canonnières françaises (2 canonnières en 1802), Nyambia, Scgott, Sansanding, villes du Macina; Kori'.-mc et Kabara, ports de Timbouctou.

Timbouctou (1j kil. environ du fleuve), ville autrefois florissante, est, actuellement, en pleine décadence. Disputée par les Touareg et les Toucouleurs, elle a été successivement occupée par les uns et par les autres, après des luttes sanglantes, qui ont dépeuplé ces régions et ruiné le commerce. Timbouctou est occupé, depuis janvier 1894, par une garnison française.

La pacification permettra peut-être de relever ce marché; elle augmentera, sans doule, l'importance des transactions (or, ivoire, plumes d'autruche, gomme, sel, etc.) et permettra aux habitants de lirer du Macina les approvisionnements qui leur manquent.

Le Higer moyen (entre Koriomé et les chutes de Bousaang) est *onuu principalement par le voyage de Darth, qui a longé lo lleuve * la période des basses eaua. Il n'a pas encore été exploré de Sa'J

En aval de Bamba (

ii [,il. ,

îval de Koriomé), le fleuve tra-

1. En ISS!, te lieutenant de vaisseau Carnu est descendu jusqu'à. Kor'">nié, avec util; eaniinniére ayant un tirant d'eau :1e 1 m.

En 1889, le lieutenant île vaisseau Jaîme a ell'cctuii uu second voyage Jusqu'à Kabara.

En janvier 1894, des canonnières descendirent de nouveau jusqu'à Ko- '"'OHié et concoururent !i I (V.'iiijialioiL de Tiuiliouctou.

Timbouctou est appela '/"/ ■ - -ln-kl par les Arabes. Thubefct e^t un dérivé île -'^*Au, qui panifie un amas de sables accumulés par le veut Kurleilauc d'une '"ontagoe (communication faite a la Société de gûi.ijjraidiii.'. lévrier 1894;.

verse plusieurs iêfllésmcheiut, véritables portes de fer, et forme des rapides e» aval desquels le ileuve prend la direction du sud-est et passe à Gogo, que l'on indique comme la limite du Sahara. Cependant la navigation est, dil-on, presque partout possible pendant la saison des hautes eaux.

Bamba, Gogo, autrefois villes florissantes, ne sont plus que des bourgades sans importance.

Le Niger inférieur s'étend des chutes de Boussang, où remontent les bâtiments du la flottille de la Compagnie anglaise du Niger, au golfe de Guinée, dans lequel il aboutit parmi vaste delta aux branches multiples (113 à 18 embouchures), qui gagne peu à peu sur l'Océan. En aval de Boussamj ("a'O kil. de la cote), ses rives se garnissent, peu à peu, d'une végétation cquatoriale. Les lies du delta sont malsaines et couvertes de forfits impénétrables. L'entrée dans le Niger se fait ordinairement par le bras du rio Forcados, qui conduit en aval d'Abo.

La compagnie royale du Mger possède de nombreux comptoirs sur le Niger inférieur : King\ Gtyirgvî-Tiiwii, Aktissa, Urans, Abo, Onitchii, Asafat, Lo/wdja, au confluent de la Dénoué, etc. (Voir plus loin.!

Le régime du Niger est irrégulier, en raison des diverses latitudes qu'il traverse et des obstacles que rencontre son cours. A Koulikoro, la crue dure de juillet à décembre (étiage, mi-septembre); à Timbauctou, de juillet à mars (étiage en janvier) ; ù. Ikéziriden (13° lat. nord), étiage vers le i-'i décembre.

La largeur est de 200 a 300 mètres dans les branches du delta, de 1,200 à Abo, de 2,000 en amont d'Onitcha, de 700 à 800 à Bamba.

Le Niger inférieur reçoit h Lohodja (r. g.) un important affluent, la Bénoué ',3,000 m. à son confluent, avec un débit aussi considérable que celui du Niger. La Béiinué offre une voie navigable pendant les hautes eaux (juillet à décembre) jusqu'à Ribago, à 1,500 kil. de son conlluent. De janvier a mai, son lit est presque à sec. La Bénoué descend des hauteurs de l'Adamoua et coule d'abord du sud an nord. On estime à 3,000 m. l'altitude du mont Alantiha sur sa r. g. — A Ribaijo, elle se replie perpendiculairement à l'ouest, passe près de Yoin, centre important, et traverse une région riche, peuplée, et bien cultivée.

A Ribago, elle reçoit (r. dr.) un a fi]., le Mayo-Kehbi, par lequel

1. Explorée pour la première fois par les Lander, eu 1851, puis pur l'Anglais li.iikk er 11819-1835).

n avait espéré trouver une voie de communication dans la direc-

1 du lac Tchad; :

;eusc, impraticable, i

ce cours d'eau sort d'une région marécas de Toubouri, jusqu'ici encore inexplorée.

Une es du Soiidnn I i-iiin;;iîs.

n distingue dans la région du Sénégal et du haut Niger quatre races principales : race bltmrhe, ruer; îien/Ae, ruée (ùwoiik'itr ou race mixte, race noire.

La race blanche comprend les Maures, d'origine berbère, fortement mélanges de sang noir'. Les Maures, actuellement refoulés sur la rive droite du Sénégal, et dont les principales tribus sont les Trarza, les Brakma, les Douaich, sont nomades et musulmans. Ils font- le commerce des caravanes.

La race peulhe, remarquablement intelligente, forme le fond principal de la population. Les traits des Peulhs son! fins et comparables à ceux des Européens; ils ont le teint cuivré, les cheveux plats, et parlent une langue harmonieuse. Un a prétendu qu'ils devaient être originaires de l'Egypte, ce qui expliquerait le nom de Fellahs ou Foulbis, qui leur est aussi donné. Ils ont autrefois formé dans le Soudan de vastes empires. Ils sont on p'-nénil pasteurs, agriculteurs; quelques-uns passent, en outre, pour habiles artisans. Les Peulhs sont de fervents musulmans3.

Les Toucouleurs^ sont des métis de peulhs et de noirs, chez lesquels l'élément noir domine; intelligents, guerriers, fanatiques, les Toucouleurs sont répandus un peu partout dans le Soudan et lo Sénégal. Ce sont eus qui ont fait a l'expansion française la résistance la plus acharnée.

La race noire comprend deux subdivisions : les Mandés et les Ouolofs.

Les Mandés sont des noirs aux cheveux crépus et au nez épaté. Ils se subdivisent en Mundës-'UouUi, Biimbarus, Malinkés, Smiiidés,

!. Les Maures Zenagn, rie r.ice berbère, lui ont donné leur nom nu Sénégal, ont été une nation puissante, do laquelle sout sortis 1rs Almoravidos, conquérants de l'Espagne.

2. Dana toutes les peupladi/s ibi Si!iiéiînl et du Soudan t'i'.-i m;;i is, la prai ..[n- !■■ l'Islam est plus ou moins associée avec les anciennes superstitions. M ii ratio uts, tétielieurs, griots (Ironlim.ieui's. iuiligriiu», réputés sorbiers), vîvcut, Il peu près parlent, cùlL'icAle v.l eu nssuz bonne intelligence,

Page 1