‹ L'expansion européenneChapitre 88 sur 160 · Voir page · texte numérisé non relu

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2. Cnpello et h/:ns (1878-1830), von Meehoa (1880-1SS1), Schiitl (1817- IBlii), Iiiichner (IMS- 1881), explorèrent le cours supérieur du Kouanyo et

lT, mais ils tarent arrâtéa parles troubles dout le pays de Loanda (Mouata-Yambo) éluit le théâtre.

Dans un second voyage (avec ses compalriol.es docteur Wolf et von François), Wissmann fonda, dans le Mouata-Yambo, la «talion de Loulouabtiwr/, et descendit la Lou/ouq jusqu'à son conlluent avec le Eassaï, et le Kassaï jusqu'au Congo.

Le docteur Wolf remonta le SanUourou et le Loubéfou (affl. du Kassaï).

Les aftluents de droite du Congo furent aussi l'objet de nombreuses explorations, qui ne sont pas encore complètes.

Le docteur Scbweinfurth avait di'ja reconnu le cours supérieur de 1" Quelle, qu'il croyait être un affinent du Cbari, tributaire du Tchad.

Le missionnaire Grtmfell, remontant VOubanghi (1884-1885), affirma qu'il se prolongeait par l'Ouellé.

En 1881, le lieutenant belge von Gelé vérifia l'exactitude de cetle assertion.

Une expédition que dirige-a Stanley, en 1887, pour porter secours à Emin-Pacha, alors bloqué dans la région du haut Nil, fit connaître la vallée de l'Arouwimi et la nature des forflls équatoriales.

Quinze ans avaient donc suffi pour reconnaître, dans ses grande» lignes, l'immense bassin du Congo.

Eipéditionda secours à Émin-Pacha.— Émin-ney ou Émin-Pacha, il1* son vrai nom Edouard Schuïlzer, né a, Oppeln (Silésie pcu^ii'inn- 1840, avait été chargé du gouvernement du Soudan équatorial, au noal du vice-roi d'Egypte. Il avait pacib'é la région, refoulé le s ni.'irehamlsrf'Sclaves, fait renaître le commerce. Grâce il aon administration, le pajs donnait les plus belles espérances, lorsque l'insurrection du mahili viul couper ses communications avec l'Egypte,

É m in songea 'l'abord il gagner, [iiir l'Ouganda, la céte orientale, mais la route lui fut fermée. Deux expéditions (Lenz et Fischer), envoyées Je Zanzibar, ne purent le rejoindre. Stanley se proposa pour tenter, a swi tour, l'entreprise. 11 emmena 9 ol'liciers européens, trois interpréta* 100 hommes euviron, recrutés a Zanzibar; il intéressa Tippo-Tip a l'entreprise en lui confiant le gouvernement du haut Congo, au nom du roi des llelges, et obtint ainsi sou concours pour le recrutement de sa curn-

II prit pour point de départ la cote occidentale, remonta le Conp> (18 mars 1881), puis son affluent l'Arouwimi, jusqu'à Yambouva, Ifmttt de la navigation. Laissant sur ce poinL une partie de sa colonne épuisée,

Le 28 juin 1892, il pénétra dans la grande forêt équ&torlale, « la sjlrt

africaine », et mit plus de cinq mois a ta traverser.

Ces forets sont des amas inextricables de lianes et d'épines, dominés p«r des futaies itr ;ih à il; m. de hauteur; elles ne reçoivent jamais l;i lumière du soleil, sont inondées pendant de longs mois pur les pluies trop et enveloppées de ténèbres presque perpétuelles, dans une atnioi

empestée; od n'y rencontre d'autre population que des nains, race hideuse et mâchante, dou tics ÛÈches empoisonnées li reut de nombreuses victimes.

Le 3 déc, on atteignit la limite des forêts, mail il fallut encore combattre pour s'ouvrir le passage a travers des populations fort hostiles et assez denses; on arriva en tin sur le lac Albert, a Kavalli, le 15 déc.

Stanley, n'y trouvant aucune nouvelle il'Émin, se préoccupa d'asaurer ses relations avec le rente de sa colonne; il retourna en arrière; il fit construire, prés d'iàouiri, le fort lii/iio, et KL enseiueuocr quelques terres.

Le 2S avril 1388, il revint sur le lac Albert, et, le 211, il fut rejoint par Ëm in- Pacha. Celui-ci disposai! encore de forces relati veme ut importantes ; il tenait quatorze postes sur la lac et sur le Nil, et il avait deux steamers. Stanley, avec ses gens épuisés, ne pouvait guère être considéré comme uu libérateur; ce fut, nu contraire, Renia qui dut lui procurer des porteurs et une escorte armée pour lui permettre de rejoindre son arriéregarde.

Stanley traversa de nouveau la forêt équatoriale. Il trouva son arriêreparde décimée par les maladies et par la faim; il en recueillit les débris et revint au lac Albert (18 jauv. 1889).

De graves événements s'étaient passés. Une partie des troupes égyptiennes avait méconnu l'autorité d'Euiin et le retenait prisonnier ; d'autre part, les forces du mahdi faisaient des progrès et avaient occupé Lado (sur le Nil).

Émin, rendu a la liberté, hésitait toutefois à ahandonner si province, que les officiers égyptiens persistaient à vouloir défendre — Sl.i'ilcv brusqua la décision et, le iU avril 188'J.ayaut réuni sa colonne, il commença sa marche de retour vers la côte orientale, emmenant avec lui Éuiiu et 600 malheureux Égyptiens (dont 133 hommes, 360 femmes et une centaine de petit; enfants), misérable épave du « peuple d'Èmiu ». Los autres n'avaient pas rejoint ou n'avaient pas voulu partir.

Le retour s'effectua en traversant la rivière du Seinlilî. qui unit les lacs Albert-Edouard et Albert. Ou passa au pied du pic neigeux du flou- ,), etl'ou coutouruale lac Victoria. Celte mairbelut marquée par des combats presque incessants contre des popui ili-<:ii' que 1rs précédents explorateurs avaient trouvées paisibles et accueillantes, mais qu'avaient surexcitées les procédés violents des Allemands qui prenaient alors possession du pays. Le 4 décembre 188!). Stanley arriva a Elagauioyo,

Son expédition a\ ait duré deux ans et neuf mois.

Stanley aaiusi donné de nouvelles preuves de son énergie; mais les conséquences de sou expédition, au point de vue civilisateur, ont été plus nuisibles qu'utiles : d'une part, il a précipité l'abandon du Soudan égyptien; d'autre part, obligé de s'ouvrir le passage les armes h la mai" et de piller pour vivre, il a rendu hostiles et plus réfractaires a la pénétration européenne, des populations, dont les dispositions étaient tout autres, alors que Livingstone vivait au milieu d'elleH et que sou influence préparait les voies ous explorations pacifiques,

Stanley rentra en Europe jouir des honneurs du triomphe; quant ù Émin, qui était resté à Bagamoyo, ."i la suite d'un accident dont il avait été victime, il retourna dans la région des grands lacs, et, depuis, ou n'a lui aucune nouvelle certaine.

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