LA PACIFICATION
Cependant, les clrcpies calcaires des Lung-Qué, entre ]S'a-Han et Léo-Kao (au nord de Dong-Dang), étaient encore infestés par les débris des anciennes bandes qui, après avoir trouvé un abri momentané en Chine, rentraient au ïonkin et y signalaient journellement leur présence par quelque tentative de pillage. En décembre 1893, deux convois escortés sont attacjués la même semaine et en plein jour à quelques kilomètres de Dong- Dang. En janvier 1894, nn gros village entre Dong- Dang et Langson est l'objet d'un attaque de nuit. Les habitants armés, accourus au nombre d'une centaine et soutenus par un détachement de la garnison, reconduisent les assaillants en Chine en leur infligeant quelques pertes. Au cominencement de février des maraudeurs viennent même, à la faveur des fêtes du « Têt », tirer des coups de fusil jusque sur le village de Dong-Dang.
Il serait sans intérêt de rappeler tous les menus faits de brigandage qui marquent les derniers eflorts de la piraterie dans les quatre premiers mois de 1894. Incapables bientôt de tenir la campagne, les quelques groupes armés, encore sur pied, n'opéreront plus cjue dans le voisinage immédiat de la frontière ; séjournant en Chine d'où ils ne sortent que pour tenter c|uelques coups de main et y rentrant en hâte dès que leur présence est éventée. Ce sont désormais les progrès d'une occupation militaire plus complète, le repeuplement des cantons de la frontière, l'armement des villages et une surveillance très active cpi vont amener leur diminution progressive puis leur disparition complète.
C'est après la colonne de mars 1894, balavant la frontière depuis Dong-Dang et \a-Han, jusqu'au delà du Song-Ky-kong à hauteur de Dong-Ké, que l'occupation militaire du secteur de Dong-Dang prend sa forme
délinitivc. A\aMl d'aborder celle organisation militaire ([uelques données snr la physionomie du pays sont indispensables.
Le secteur de Doni?-Dan2r est, au nord-est et sur un développement d'une trentaine de kilomètres, limité par la Chine. La ligne frontière depuis la porte d'Aï-Ro, au nord du poste de Bao-Lam, court d'abord X.-E.- S.-O., à travers une région de grands mamelons herbeux, jusqu'à la porte de Nam-Quan (3'^™,700 de Dong- Dang). Elle s'infléchit ensuite E.-O. en abordant un massif rocheux, vient toucher la route de Dong-Dang à Xa-Cham et Cao-Bang (à i,5oo mètres de Dong- Dang) pour remonter ensuite dans une direction générale S.-X. jusqu'au Song-Kv-Kong (poste de Bi-Nhi). Le territoire chinois forme ainsi, en face de Donc:-
Dang, un saillant très prononcé c|ue la configuration du sol n'explique pas. Ce tracé peu naturel a dû être accepté pour laisser à la Chine la porte de Xam-Quan et les innombrables fortifications qui barrent la route de Langson à Long-ïchéou (route impériale de Hué à Pékin), la plus connue et actuellement la plus fréquentée des communications par terre entre le Tonkin et la Chine.
De Bao-Lam à Xam-Quan la zone traversée est couverte de grands mamelons enchevêtrés, déboisés, tapissés de « brousse » et à peu près inhabités. En dehors de la cuvette assez fertile de Bao-Lam, les rares cultures qui s'y cachent au fond d'étroits vallons font vivre seulement quelques hameaux clairsemés. A partir de la porte de Nam-Ouan, la frontière chemine péniblement à tra>ers vm véritable chaos de rochers calcaires en partie boisés. Malgré l'àpreté de ce massif, d'assez