‹ L'Expansion française au TonkinChapitre 38 sur 42 · COMMERCE · texte numérisé non relu

COMMERCE

do l'ouverture du clicniin de fer a été de décupler en quelques semaines le marché du riz à Dong-Dang. Du jour au lendemain, il s'y est vendu par voitures entières au lieu de se débiter à la mesure ou au picul (balles de ()0 kilogrammes) . Les acheteurs chinois utilisaient pour l'enlever le bout de route carrossable que nous avons mené jusqu'à la porte de Chine, où ils le chargeaient en convois à dos d'homme.

Cette activité immédiate, ce soin de profiter jusqu'au bout des voies de communication nouvelles est un indice sérieux et qu'il ne faut pas négliger. Si nous arrivons à fournir régulièrement le riz sur les gros marchés de Chine, à cjuelques centimes de moins cju'il n'y coûte actuellement, la fortune de notre chemin de fer paraît assurée.

La chose est possible mais il importe de ne pas limiter ce mouvement à une exportation intermittente. Il nous faut devenir les fournisseurs de riz attitrés du Quang-si. Le Tonkin n'y suffit pas actuellement mais il augmentera sa production et en attendant, au prix de quelques sacrifices de douanes, attirons en cas de besoin nos riz de Cochinchine ou même ceux de nos

voisins (Siam, Java, Birmanie ) pour

créer dans le Delta un marché considérable où les Chinois du Quang-si prennent l'habitude de s'approvisionner régulièrement. — Le fret de retour ne manquera pas, car la Chine surabonde de produits exportables et la clientèle est illimitée.

Voilà comment je comprends la création d'un premier courant commercial avec la Chine. \ous avons tout dans la main pour le créer. En y mettant ensuite un peu de bonne volonté, en modifiant ces tarifs cjui semblent établis pour faire déserter nos côtes, nous amènerons les

Gkandmaison. 15

Chinois à nous doinandcr dans la sullc antre cliosc que du riz. Le plus pressé serait de l'aire perdre à nos ports leur déplorable ré[)utation. Un capitaine américain voyageant au long cours et traitant dans je ne sais plus quelle revue une question commerciale, prétendait, en exagérant peut-être un peu — mais pas beaucoup — cju'ayant visite successivement les ports de Yokohama, Hong-Kong et Haïphong, il avait dû paver i6o francs de droits dans le premier, i6 francs dans le second et i,6oo francs dans le troisième. Il ajoutait : « On ne m'y reprendra pas. »

Jusqu'au jour, lointain peut-être, où le commerce, mieux accueilli, aura repris le chemin trop oublié de nos ports coloniaux, toute tentative de fourniture en Chine, toute concurrence aux importations de Hong- Kong dans le Quang-si (et bientôt de la Birmanie dans le \un-Xan) est impossible. ]Notrc chemin de fer de Langson peut vivre malgré tout à la condition d'attirer nos riz et nos produits indigènes par des tarifs raisonnables. C'est un pis aller ; mais il faut bien s'en contenter ne pouvant mieux faire pour le moment.

Nous avons demandé déjà pour les régions de la frontière une administration simple et bien disciplinée entre les mains d'une autorité forte qui sache, en pré^ parant leur bien-être, s'assurer le concours des habitants.

Sans industrie possible, habitée par une population tranquille mais peu dense et paresseuse, ne possédant aucun produit d'exportation, la région de Dong-Dang n'a pas d'avenir commercial. Les races indigènes peuvent cependant s'y développer et atteindre un degré de prospérité suffisant à leur ambition. Nous avons vu à quelles conditions.

La situation nouvelle faite au commerce local par

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