CAPITULATION
Les Anglais s'avançaient vers cette capitale par la rive gauche du Nil, et les Turcs par la rive droite.
Le général Belliard, qui y commandait, sortit avec six mille hommes pour arrêter les Turcs. Mais ceux-ci se gardèrent bien d'accepter une seconde bataille d'Héliopolis. Ils se dérobèrent à l'approche des Fran- 5 çais, et, quand Belliard fut obligé de rentrer au Caire menacé par les Anglais, ils le suivirent pas à pas jusqu'aux portes de la ville.
Dès ce moment tout espoir était perdu. On avait devant soi quarante mille ennemis, sans compter les
lo Cipayes qui, débarqués à Cosséir, allaient descendre le Nil avec les Mameluks. On avait derrière soi une population de trois cent mille âmes prête à se soulever. Combattre était impossible. Il n'y avait plus qu'à capituler.
15 On envoya des commissaires au camp des Anglais et des Turcs afin de négocier une capitulation. Les généraux accueillirent cette proposition avec joie. Ils accordèrent les conditions les plus avantageuses pour l'armée. On convint qu'elle se retirerait avec les hon-
20 neurs de la guerre, avec armes et bagages, avec son artillerie, ses chevaux, tout ce qu'elle possédait enfin, qu'elle serait transportée en France, et nourrie pendant la traversée aux frais de l'Angleterre.
Cette convention fut signée le 28 juin 1801, et
25 l'armée qui capitulait comprenait sept mille hommes de troupes actives, plus cinq à six mille malades, blessés et employés de l'armée.
Depuis la bataille de Canope le général Menou était assiégé dans Alexandrie avec le reste de l'armée. Il
30 se défendit vaillamment pendant plus de cinq mois. Enfin, quand il fut réduit à la derrière extrémité, il capitula le 30 aoiàt 1801, aux mêmes conditions que