CONDUITE DES AMBASSADEURS
pour quelques-unes : le blocus du Canal impérial à l'endroit où il coupe le Yang-tseu n'avait aucun intérêt ; tout d'abord les rebelles T'aï P'ing étaient en possession de ce point; en outre l'état du Grand Canal rendait ce cours d'eau impraticable à la navigation ; il fallait ignorer tout de l'hydrographie du Houang-ho pour songer à le remonter jusqu'au Canal pour opérer le blocus ; illusoire aussi le blocus du Pei-ho pendant la saison des glaces. Naturellement l'occupation des Chousan par les Anglais impliquait également une occupation française, car c'était le seul moyen d'empêcher la création « d'un autre Hong-Kong à l'embouchure du Yang-tseu * ».
Le blocus des ports chinois pourrait être considéré par les Chinois comme une déclaration de guerre qui devait être évitée tant que l'on considérerait la lutte comme une affaire locale et tant que lord Elgin ne serait pas en état d'étendre le champ des opérations. Tout le monde en Chine était d'avis d'ailleurs sur ce point : que Canton devait être pris et gardé jusqu'à ce que l'Empereur ait consenti à traiter.
Les Plénipotentiaires s'étaient concertés pour l'envoi de communications au Gouvernement impérial par l'intermédiaire de Yé ; ils avaient décidé qu'elles ne seraient pas collectives, pour que chacun conserve sa liberté d'action, mais qu'elles seraient rédigées en termes presque identiques et remises en même temps et par le même messager à la seule autorité compétente pour recevoir leurs communications, alors qu'ils ne s'adressaient pas directement à Pe-King.
Dans son projet de note au vice-roi, le baron Gros établit une différence bien marquée entre le gouvernement de Pe- King auquel il n'adresse aucun reproche, et le gouverneur de Canton, chef suprême aussi de la province de Kouang-Si ; il prévoit qu'une réponse peu convenable lui sera adressée ; cette note ne fut pas envoyée, fut modifiée après entente avec lord Elgin et remplacée par celle du 12 décembre.