‹ L'expédition de Chine de 1857-58: histoire diplomatique, notes et documentsChapitre 120 sur 285 · I . Baron Gros · texte numérisé non relu

I . Baron Gros

174 PREMIÈRES ?îÉGOCIATIONS A CANTON

MEMORANDUM DU BARON GROS, 18 NOVEMBRE l857 ^

LeToyageâan&IftPe Tche-li prescrit aux deux Plénipotentiaires -de France et ({"Angletorre par les instructions qui, en premier lieu, leur avaient été données pac leurs Gouvernements respectifs, ■étant abandonné cette année par des molifs qu'il serait inutile de rappeler ici, et la situation actuelle des afËares en Chine exigeant impérieusement qu'une action directe et décisive soit» avant toutes choses, entreprise sur Canton, mesure' que les instructions nouvellement reçues d'Europe autorisent les Plénipotentiaires à faire exécuter, s'ils le jugent nécessaire, il est indispensable de bien préciser d'avance la marche à suivre, d'un commun accord, par les deux Plénipotentiaires et de convenir, dès à présent, des démarches à faire et des dispositions à prendre pour arriver, le plus sûrement possible, au but que se proposent d'atteindre les deux Gouvernements qu'ils représentent.

Du moment où l'emploi de mesures coercitives contre Canton a été résolu, le devoir des deux Plénipotentiaires est de faire connaître officiellement la décision qu'ils ont prise à ce sujet aux Commandants militaires et maritimes des deux nations dans les mers de Chine, et de les prier de vouloir bien examiner de -concert les moyens dont ils peuvent disposer pour attaquer la ville, et, en les comparant à ceux que les autorités de Canton ont à leur opposer, de déclarer si, après avoir sommé la ville de se rendre, ils croient, en cas de refus, pouvoir la prendre, y maintenir l'ordre, et la garder jusqu'au moment où le Gouvernement Chinois accéderait aux demandes que les deux Plénipotentiaires auraient à lui présenter plus tard.

Détruire Canton ou le réduire en cendres serait assurément une tâche bien facile à accomplir ; mais un fait de cette nature, dont auraient à souffrir un si grand nombre de personnes inoffensives ne pourrait amener aucun résultat utile, et ne serait, en -définitive, qu'un acte de barbarie qui imprimerait aux deux pavillons de France et d'Angleterre une tache ineffaçable ! Uhfe éventualité aussi fâcheuse ne peut donc être ni prévue ni dis- -cutée.

Si les chefs militaires et maritimes des deux nations dans ces

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