PROCLAMATION
Les Plénipotentiaires de France et d'Angleterre, etc., pic., s'adressent aujourd'hui aux habitants de Canton et de ses fnubourgs pour leur faire savoir que les forces de Sa Majesté rEm~ pcreur des Français et celles de Sa Majesté Britannique voni occuper l'ile de Ho-nan et les eaux de la rivière qui avoisinerit la ville, pendant le délai qui a été fixé pour recevoir une réponse aux lettres envoyées au Commissaire Impérial Yé par les rcprè' sentants des deux nations et que si, à l'expiration du terme dont il s'agit, le Commissaire Impérial n'a pas accepté les propositions qui lui ont été faites et qui ne s'écartent en aucune manière de la plus stricte justice, la ville de Canton sera altaquée par Its forces réunies des deux Puissances.
Il est donc instamment recommandé aux habitants de Cunlmi de prendre toutes les mesures qui leur paraîtront les plus ci>n\ fnables pour mettre h l'abri de tout malheur leurs personnes ut leurs propriétés.
les Plénipotentiaires de France et d'Angleterre s'empresscut de faire savoir en même temps aux habitants de Canton el de SCS faubourgs que les forces alliées qui s'avancent pour entourer la ville ont reçu l'ordre formel de n'agir hostilement que conire ceux qui s'opposeraient à leur marche ou qui chercheraient à
L'escadre française quittait la rade de Macao le 1 1 décemlirc au matin et jetait l'ancre h Boca Tïgris où, depuis quelqnrs jours, se trouvait le Calcutta portant le pavillon de rainicil Seymour.
a03 SUITE DES KËGOCIATIONS
Pendant ce temps, le ministre américain Reed avait une singulière attitude : il aurait désiré de remonter devant Canton avec lord Elgin et le baron Gros avec pavillon neutre et sans prendre part aux hostilités, avoir le bénéfice sans les difficultés ; il aurait voulu se porter (à leur insu) comme médiateur entre les Chinois et les Plénipotentiaires anglais et français ; mais ceux-ci lurent dans son jeu et déjouèrent les combinaisons de l'astucieux en même temps que naïf diplomate des États-Unis ; M. Reed était un homme doux et bienveillant, mais inexpérimenté.
« La mission de M. Ribourt et de Tofficier envoyé par l'amiral Seymour s'accomplit sans difficulté; les notes de M. de Rourboulon et de Sir John Bowring furent envoyées le vendredi matin à Yé avec un avis officieux pour provenir le vice-roi que le samedi 12, à midi, deux parlementaires, l'un Français et l'autre Anglais, s'avanceraient vers Canton pour remettre au délégué du Gouverneur général, les deux notes des nouveaux Plénipotentiaires de France et d'Angleterre, et une communication qui lui était adressée par l'amiral français*... »
« Le samedi 12, à midi, les deux canonnières anglaise et française* portant chacune, en tête de mât, un pavillon blanc sur lequel on avait tracé les caractères chinois qui se traduisent par cette phrase : « Pas d'hostilités » se sont présentées un peu au Nord-Ouest de la pointe de l'ile de Ho-nan, et se sont avancées vers le cours d'eau cjui sépare cette île des faubourgs méridionaux de la ville. Elles y ont trouvé une jonque mandarine assez élégante mouillée déjà assez loin de la ville, et lorsqu'elle a aperçu les canonnières, elle a déployé un grand rouleau blanc sur lequel était tracé en caractères rouges le nom du mandarin Hiu Ven-chen, magistrat du district de Nan-haï situé à l'extrémité de l'île de Ho-nan, dans la partie la plus rapprochée de Canton.