RÉPONSE DE LORD ELGIN
chinois les demandes que nous avons à lui faire sous la pression de nos succès et avec l'appui moral des deux autres grandes Puissances ou laisser nos prétentions dans le vague et ne demander d'abord que la nomination et l'envoi à Chang-Haï de négociateurs convenables munis de pouvoirs aussi étendus que les nôtres?
Le Soussigné a déjà exprimé son opinion â ce sujet avec toute la confiance que lui inspire le caractère de son honorable collègue ; mais, si S. E. trouvait quelques inconvénients à exposer d'avance au Gouvernement de Pe-Ring les prétentions que nous avons à faire prévaloir pour l'avenir après avoir obtenu les réparations pour le passé, le Soussigné se prêterait à supprimer à la fin de sa note les paragraphes dans lesquels il énumère, à son point de vue, les nouvelles concessions à demander et les avantages qu'elles pourraient procurer aux populations des deux Empires. Sa note deviendrait alors presque identique, pour le fond du moins, à celle de son honorable collègue et cet accord serait bien fait pour impressionner le cabinet de Pe-King.
De toutes manières, il y a urgence à faire connaître au premier Ministre, chef du Conseil de l'Empire, la situation des choses et à lui donner les explications que nous avons à lui transmettre au nom de nos Gouvernements respectifs.
Le Soussigné saisit cette occasion pour renouveler à S. E. M. le Plénipotentiaire de S. M. Britannique l'assurance de ses sentiments de haute considération.
(Sig.) : Bo" Gros.
RÉPONSE DE LORD ELGIN, 2 FEVRIER l858
Lord Elgin se rendit aux raisons de son collègue et lui adressa la réponse suivante :
Le Soussigné a prêté la plus grande attention aux observations contenues dans le mémorandum que son honorable collègue le Plénipotentiaire de France lui a fait l'honneur de lui adresser à la date d'hier.
Il lui envoie sous ce pli la rédaction de quelques paragraphes que, dans le désir qu'il éprouve de se rendre aux vues de son honorable collègue, il se propose d'insérer dans sa note au Premier Ministre de l'Empereur de Chine, immédiatement avant le
dernier paragraphe et pour remplacer celui qui le précède.
Quant au ton de sa note, le Soussigné croit inutile de déclarer à son honorable collègue, qui connaît si bien ses véritables sentiments, que des motifs seuls d'humanité le lui ont fait adopter. Il a la satisfaction de savoir que l'accord le plus parfait règne entre son honorable collègue et lui sur la marche qu'ils ont à suivre pour l'accomplissement de leur mandat. Mais il est personnellement profondément convaincu que c'est un grand acte de miséricorde envers les Chinois que de parler sur ce ton à leur Gouvernement, dans l'espoir de lui faire ouvrir les yeux, si c'est possible, sur le danger auquel il s'exposerait en refusant d'écouter les justes demandes de puissances comme la France et l'Angleterre.
Le Soussigné saisit cette occasion, etc.
Steamer de S. M. le Furious, 2 février i858.
(Sig.) : Elgin and Kincardine*.
Suivent les observations qui sont insérées dans la note de lord Elgin du 11 février reproduite ci -dessus.
Dans la note de lord Elgin du 29 janvier se trouvaient à la fin les paragraphes suivants qui furent supprimés dans celle du II février et que nous avons indiqués plus haut.