‹ L'expédition de Chine de 1857-58: histoire diplomatique, notes et documentsChapitre 19 sur 285 · LETTRE DE M. DE COURCY A AFFAIRES ÉTRAINGERES · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DE COURCY A AFFAIRES ÉTRAINGERES

3o JUILLET l856

Si je n'ai pas hésité à déclarer hautement au Commissaire Impérial que notre traité a été violé et que son Gouvernement doit à la France une éclatante réparation, si je lui ai fait clairement entendre que je n'accepterai de discussion avec lui qu'en ce qui touche les termes de cette réparation ; je n'ai rien négligé non plus pour lui donner, dans l'intérêt même des négociations délicates que je vais entreprendre, un témoignage évident de ma modération et de ma courtoisie. Je fais appel, en effet, dans [ma]note à son désir de maintenir la bonne harmonie, ainsi qu'à sa justice, convaincu qu'elle m'accordera, pleine et entière, la satisfaction qui est due à mon Gouvernement ; je le prie de m'en proposer lui-même les conditions ; enfin je lui annonce mon intention d'en conférer avec lui de vive voix attendu « qu'une heure de conversations amicales avance plus quelquefois la solution des affaires importantes qu'un mois de correspondances écrites».

La note remise à Yé était ainsi conçue :

NOTE DE M. DE COURCY A YÉ, 25 JUILLET l856

Je viens d'apprendre qu'un prêtre français. Monsieur Chapdelaine, a été arrêté, torturé et mis à mort à Si-lin bien, dans la province du Kouang-Si.

Accusé de prêcher aux populations le Christianisme, cette doctrine salutaire dont la libre profession a été autorisée dans tout l'Empire par les décrets de l'Empereur Tao-Rouang, et qui prescrit à ses disciples, comme j'ai eu l'occasion de le rappeler dernièrement à V. E., la fidélité à leur souverain et la pratique des plus nobles vertus, M. Chapdelaine a été jeté dans les fers le 24 février dernier, par l'ordre du magistrat de Si-lin.

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