‹ L'expédition de Chine de 1857-58: histoire diplomatique, notes et documentsChapitre 23 sur 285 · M. DE COURCY A YE · texte numérisé non relu

M. DE COURCY A YE

Macao, le ao septembre i856.

J*ai reçu, Noble Commissaire Impérial, la dépêche que Vous m'avez fait l'honneur de m'adresser à la date du 9 courant, et par laquelle vous alléguez, afin d'établir la nécessité d'une enquête au sujet du meurtre de mon infortuné compatriote, M. Ghapdelaine, la distance qui vous sépare du lieu où le crime a été commis, les coutumes et les lois qui règlent les rapports hiérarchiques entre les fonctionnaires de Votre Empire et qui ne permettent point à ses magistrats d'ajouter foi, avant un sérieux examen, aux bruits de la rumeur publique. V. E. ajoute que, dans sa conviction, ces lois et ces coutumes sont aussi celles de mon grand Empire.

Dans mon pays. Noble Vice-Roi, la loi et les sentiments du peuple, dont elle est l'expression écrite, accordent aux Étrangers la même protection qu'aux Français ; ils y jouissent de la même liberté et des mêmes privilèges ; s'il arrivait que l'un d'eux, victime de l'ignorance, de la mauvaise foi ou de la passion d'un tribunal inique, fût injustement molesté, injustement mis à mort, l'autorité supérieure en serait immédiatement et minutieusement informée, comme de tous les faits importants qui s'accomplissent dans la province soumise à sa juridiction ; Elle en instruirait, sans retard, mon Auguste Souverain qui s'empresserait de faire punir les magistrats coupables, de réparer le mal autant qu'il lui serait possible, et d'offrir au Gouvernement, dont cet étranger serait le sujet, une satisfaction complète et impartiale. S'il n'accordait pas cette satisfaction spontanément, il croirait méconnaître les préceptes de l'équité et les

I. Pour trad. conforme, Macao, i3 sept. i856 (Sig.) J.-M. Marques, Interprèle de la Légation.

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