‹ L'expédition de Chine de 1857-58: histoire diplomatique, notes et documentsChapitre 240 sur 285 · I. Cf. Blae Book, p. 3o · texte numérisé non relu

I. Cf. Blae Book, p. 3o

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Nous allons donc, Lord Elgin et moi, nous rapprocher de la capitale et demander encore une foia que des Plénîpotentiairea dûment autorisés viennent nt'gocier avec nous : mais comme il serait impossible de remonter la rivière sans avoir entre les mains les positions qui en dominent la sortie, il est indispensable, ainsi qu'il en a été convenu dans notre conférence, de les occuper pacillquemcnt si le Gouverneur T'an veut nous y autoriser ou de nous y établir de vive force, si, comme on doit le croire, il s'y

L'amiral Rigault répondit le 19 mai au baion (iros :

Toutes les dispositions de l'attaque des Forts sont arrêter entre mon honorable collègue d'Angleterre et moi, et demaii matin, si après le délai indiqué dans la sommation au gouver neur T'an, nous n'avons pas de réponse satisraisanle, nous le mettrons immédiatement à exécution.

I IIARO.N GROS AU\ COMMISSAIRES lyrEKIAU.

Voici la note du baron (ïros aux Commissaires impériaux T'an, Tsoung et Wou :

Le Soussigné a reçu, il y a [u Iqu | u s déjà, la lettre que Leurs Excellences lui ont la 1 1 h nn d lui écrire en réponse à celle qu'il leur avait adres el 5 d n is, au sujet des pouvoirs dont ils auraient dû se t e ëtu pour être à même de négocier avec lui.

Celte réponse n'est pas sat fa antc tl Soussigné allait cesser toute communication avec Leu Ex 11 n es, lorsque, par l'entremise du Commissaire Impe al u se la reçu des ouvertures qui pouvaient lui donner l'espoir qu'un arrangement à l'amiable allait enfm avoir lieu.

Par ces propositions, le gouvernement chinois paraissait vouloir consentir à ouvrir quelques nouveaux ports au commerce étranger.

U se serait occupé des indemnités dues aux étrangers qui ont éprouvé des pertes, lors de l'incendie et du pillage des factoreries par la populace de Canton.

U aurait protégé en Chine le culte chrétien en accordant la

liberté de conscience aux sujets de l'Empereur et en permettant aux missionnaires chrétiens de faire entendre avec sécurité dans toutes les parties de TEmpire la morale divine qui tend à rendre les hommes vertueux et les exhorte à la charité, à l'amour de leurs semblables et au respect de l'autorité de l'Empereur.

Enfin, ne voulant pas consentir à la résidence permanente des agents diplomatiques étrangers dans la capitale, ainsi que cela se pratique chez toutes les nations civilisées, il aurait proposé de demander à l'Empereur que les Agents pussent au moins se rendre à leurs frais à Pe-Ring, pour y traiter directement avec les Ministres de l'Empereur les affaires qui auraient nécessité leur haute intervention lorsque les circonstances l'auraient exigé.

Confiant dans les pargles qui lui étaient ainsi transmises delà part de Leurs Excellences, le Soussigné a cru pouvoir suspendre sa réponse jusqu'au moment où la dernière proposition, ^celle relative à une clause qui, plus que toutes les autres, était de nature à rétablir la paix et à la maintenir pour toujours entre les deux nations, aurait reçu une solution favorable ; et, si cette clause eût été admise, si les autres propositions eussent été sérieuses, le Soussigné aurait peut-être consenti de son côté à se départir un peu de ses premières demandes. Un arrangement à l'amiable aurait prévalu et après les ratifications du nouveau traité, les troupes françaises auraient évacué Canton pour remonter sur leurs navires.

Malheureusement une nouvelle communication de M. le Commissaire Impérial de Russie annonce au Soussigné que la clause dont il s'agit a été rejetée à Pe-King, et, dès lors il ne songe plus aux concessions qu'il aurait peut-être faites, et il déclare à Leurs Excellences qu'il reprend tous ses droits et qu'il ne peut que s'en référer au contenu de sa lettre du 5 de ce mois, avec cette différence, cependant, que ne voulant pas abandonner encore tout espoir, au lieu de suspendre l'action diplomatique, comme il l'avait annoncé, il la fait appuyer par des mesures sévères que l'aveuglement du gouvernement le force à prendre.

11 a donc l'honneur d'informer les nobles Commissaires Impériaux que, pour obéir aux ordres de son Gouvernement, il va se rapprocher encore de la capitale de l'Empire, pour y attendre que des Plénipotentiaires, dûment autorisés à traiter avec lui, viennent le rejoindre où il se trouvera.

L'article 3o du Traité de Whampoa donne aux bâtiments de guerre français le droit d'entrer dans tous les ports de la Chine et le Soussigné, usant de ce droit, va remonter la rivière du Pei-

ho de concert avec TAmiral qui commande les forces navales de la France qui sont en ce moment dans le Pe Tche-li ou qui y sont attendues, et qui ne laisserait pas impunie toute insulte faite au drapeau de la France.

Que Leurs Excellences écoutent donc sérieusement les paroles que le Soussigné et 1* Amiral leur adressent aujourd'hui. Elles sont encore amicales, quoique sévères, puisque le Gouvernement chinois nous a forcés à en venir là ; mais, si le moindre outrage était commis contre le drapeau de la France, que la responsabilité tout entière en retombe sur ceux qui dans leur aveuglement auraient osé s*en rendre coupables.

' Cette communication est d'une haute importance.

Le ao mai i858.

PRISE DES FORTS DE TA-KOU, 20 MAI l858

Le 20 mai*, à 8 heures du matin, la sommation des amiraux fut remise au Commissaire T'an :

Leurs Excellences, les Anîbassadeurs d'Angleterre et de France ayant pris la résolution de s'avancer sur la Capitale pour traiter avec le Gouvernement chinois, les Amiraux commandant les forces navales de France et d'Angleterre sont dans l'obligation pour garantir la sécurité de Leurs Excellences d'exiger que le Commissaire Impérial leur remette les forts des deux rives du Pei-ho et la batterie qui se trouve au coude de la rivière. Si dans deux heures les forts ne sont pas remis aux Amiraux, ils seront attaqués et pris. S'ils sont remis de plein gré aux Amiraux, ils s'en-

1. Il y avait alors dans le golfe de Pe Tche-li à l'ancre les navires de guerre suivants : Anglais: Calcutta^ 84 canons, 700 hommes ; Pique ^ 4o c, 270 h.; FuriouSt 8 c, 220 h, ; Nimrody 6 c, 120 h.; Cormoranly 6 c., 98 h. ; Surprise, 6 c., 98 h. ; Fury, 8 c, 160 h. ; Slaney, 3 c., 48 h. ; f^even, 5 c, 48 h. ; IBustard, 3 c, 48 h. ; Opossum, 3 c. , 48 h.; Staunch, 3 c, 48 h.; Firm, 3 c, 48 h.; Coromandel, 5 c, 44 h. ; Hesper, provisions, 54 h.

Français : Némésisy Audacieuse y Primauguet, Durance, Meurthe, Phlégéton, Mitraille, Fusée, Avalanche, Dragonne, Rémi, provisions.

Américains : Minnesota, Mississipi, Ahtelope.

Russe : America (L. Oliphant, I, pp. 287-288).

CoRDiER. — Expéd. de Chine i857*58. 24

gagent, les négociations finies, à les restituer au Gouvernement oliinoissans détruire ni les murailles ni Tartillerie^

Cette sommation des Amiraux ne produisit aucun effet ; le même jour, à dix heures du matin, au signal du Slaney, les canonnières anglaises et françaises se mirent en marche, le Cormorant en tête, et les batteries chinoises ouvrirent immédiatement le feu sur elles. Le Cormorant, la Mitraille^ et là Fusée étaient chargés de l'attaque des forts du Nord, le Aimrod, V Avalanche et la Dragonne de celle des forts du Sud. Jusqu'à midi moins un quart, un feu très vif était soutenu de part et d'autre. Les Chinois qui défendaient les forts, couverts d'innombrables drapeaux, étaient, dit-on, l'élite dos troupes de Pe-King que l'inaction forcée des Alliés pendant un mois à l'embouchure du Peï-ho avait permis de faire arrivera Ta-Kou, où ils firent une résistance assez sérieuse. Mais les six ou sept mille hommes qui garnissaient les forts des deux rives, et les camps retranchés qu'on avait eu le temps d'y établir prirent la fuite au moment où les premiers hommes débarqués s'avancèrent vers eux. Tout disparut, y compris quelques centaines d'hommes de cavalerie qui y étaient arrivés le jour même où les Plénipotentiaires apprenaient la réponse négative du Gouvernement chinois à

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