‹ L'expédition de Chine de 1857-58: histoire diplomatique, notes et documentsChapitre 244 sur 285 · IMPERIAUX · texte numérisé non relu

IMPERIAUX

Le a4 niai, les Gonimiseatres impériaux T'an, Tsoung et Wou avaient adressé au baron Gros la communication suivante :

Il est certain que l'intention du Gouvernement chinois n'a jamais été d'agir hostilement à l'embouchure de la rivière contre votre noble nation et comme le négociant Tsoung a cherché à arranger les affaires, nous avons appris que votre noble nation désirait toujours entretenir avec nous un commerce mutuel et comme nous n'avons en vue que la tranquillité du peuple, il est de notre devoir de partir pour Pe-Ring et d'aller implorer l'Auguste Empereur pour qu'il rende un Décret qui permette de traiter les affaires sans le moindre délai ; maïs l'entrée des bâtimens de votre noble nation dans la rivière n'est pas convenable. Cependant comme nous agissons envers tout le monde avec justice et bonne foi, nous envoyons ce négociant porter ce message il V. E.

Communication spéciale adressée à Ko (le Baron Gros). Haut Commissaire Impérial, nommé spécialement, par le Grand Empire de France, Ambassadeur extraordinaire muni de pleins pouvoirs et Baron héréditaire.

Le 13' jour de la 4" lune de la a° année de Hien-Founn (aimai i858)'.

Le baron Gros fit part de cette oommunication au comh' Poutiatine :

Pour trsd. exacte (sign.) B"" Gli<

38o ARRIVÉE DES PLÉNIPOTENTIAIRES A TIEN-TSIN

LE BARON GROS AU COMTE POUTIATINE

Audacieuse^ le 38 mai i858.

Monsieur le Comte,

J'ai l'honneur d'envoyer ci-joint à V. E. la traduction d'une dépêche que les Commissaires Impériaux T'an, Tsoung et Wou m'ont fait remettre hier à bord de V Audacieuse par un négociant chinois que je crois être le surveillant ou l'entrepreneur du transport par jonques des riz qui forment le tribut impérial accumulé à Tien-tsin.

Ce négociant nommé Tsoung m'a remis en même temps une pétition pour que l'on ne fasse pas sortir les jonques de la rivière avant qu'elles n'aient déchargé leur cargaison de riz.

V. E. verra par la note si singulière des Commissaires Impériaux que le Gouvernement chinois déclare qu'il n'a jamais voulu agir hostilement contre la France, et que puisque le négociant Tsoung veut arranger les affaires et que nous voulons mutuellement faire le commerce, les Commissaires impériaux vont se rendre à Pe-King, pour solliciter de l'Empereur un décret qui les autorise à traiter immédiatement avec moi.

Cette note si extraordinaire ne change rien à la position actuelle. Nous savons que les deux Amiraux ont remonté sans obstacle le Peï-ho jusque auprès de Tien-tsin et peut-être même au delà, et j'attends des nouvelles du haut ,de la rivière pour la remonter s'il y a lieu, et si le Gouvernement chinois ne nous a pas prévenus, je lui annoncerai mon arrivée devant Tien-tsin ou près de la ville en lui faisant savoir que je suis encore disposé à entrer en négociation avec des Commissaires dûment autorisés à traiter avec moi, soit à terre, soit à bord de l'un des bâtiments français qui s'y trouveront.

Dès que les nouvelles que j'attends seront arrivées, j'aurai l'honneur de les faire connaître à V E., afin qu'elle puisse prendre, de son côté, telle décision qui lui paraîtra convenable.

J'ai l'honneur, Sac.

(Sig.) B^^ Gros.

Le lendemain, 29 mai, le baron Gros faisait part au comte - Poutiatinede son intention de remonter le Peï-ho à Tien-tsin, la rivière étant libre :

ARRIVÉE DES PLÉNIPOTEriTliIREB A TIEK-TSIN 38 1

LE BARON GROS AU COUTE PODTIATIHE

A bord de l'Audacieuse, le 19 mai ig58.

Monsieur le Comte.

J'ai l'honneur d'annoncer à V. E. que des communications qui me sont arrivées du haut de la rivière me font connaître qu'elle est libre et je crois devoir alors sans perdre de temps la remonter, et chercher encore à faire une tentative de négociation auprès des autorités de Pe-King.

Je m'empresse de faire savoir à V. E. que je compte partir pour Ta-Kou vers 3 ou 4 heures après raidi et qut dans la rivière, je trouverai la canonnière française la Dragonne^ qui me conduira devant Tien-tsin, dès que la marée le permettra. Veuillez agréer, &c.

(Sig.) B"" Ghos.

ARRIVÉE DES PLÉJllPOTEnTIAIBES A TIEN-TSIH

Après la prise des forts de Ta-Kou, les canonnières anglaises et françaises remontèrent le fleuve ; « les deux amiraux ont continué leur route et ne trouvant aucune résistance, aucun obstacle dans la rivière, ils l'ont remontée avec deux ou trois canonnières portant 5o hommes chacune et Us sont arrivés à 5 ou 6 milles au-dessus de Tien-tsin où le peu de profondeur de l'eau a seul arrêté leur marche. Le voyage s'est effectué au milieu de populations calmes, craintives et bienveillantes. Redescendu à Tien-tsin, l'amiral Seymour a mouillé le Coromandel dans le Grand Canal impérial même, à son entrée dans le Pel-ho, et l'amiral Rigault, sur VAvalanche, a mouillé auprès de lui au centre des faubourgs que traverse la rivière ; ils ont appelé à eux les autres c

I. Au moment où le B"" Gros franchit la barre de Ta-kou. le 3Q a aoa, pour s'embsrquer aur ce bâtiment, il apprit que depuis la veille était parti pour Tien-tsin ; c'est alors que notre Plénipotentiaire a'eir. barque sur le Slaney.

38a ARRIVÉE DBS PLÉNIPOTENTIAIRES A TIEN-TSIN

de Ta-Kou en laissant un camp retranché à l'embouchure du Peï-ho et ils ont fait sortir de la rivière une énorme quantité de jonques chargées d'approvisionnement pour Pe-King. Il .va sans dire que celles qui se présentent maintenant à Fembouchure du Peï-ho, n'y peuvent plus entrer* ».

La rivière étant libre, lord Elgin et le baron Gros remontèrent sur le Slaney et le 3i mai, à 4 heures du matin, les Plénipotentiaires mouillèrent au confluent du Grand Canal du Peï-ho ; le même jour, à 3 heures, le comte Poutiatine et M. Reed arrivaient à Tien-tsin sur V America.

Les Plénipotentiaires français et anglais s'installèrent avec le personnel de leur mission dans les salles d'une double pagode.

« Lord Elgin occupe le côté gauche, et le baron Gros l'autre moitié. Ce yamoun assez dégradé, a été bâti par l'empereur K'ien-Loung, l'un des ancêtres de l'empereur actuel, qui en avait fait sa résidence d'été, ainsi que l'attestent diverses inscriptions encore visibles. Il a été choisi à cause de sa grande proximité des canonnières. Par derrière s'étend un vaste cimetière qui nous envoie des émanations fétides, puis un petit village et la campagne à perte de vue. Le Peï-ho fait en cet endroit un large coude, avant de prendre son cours vers Pékin. Deux détachements anglais et français sont chargés de la garde du yamoun, et, la nuit, le cri des sentinelles européennes fait retentir les échos surpris de l'antique demeure du monarque chinois. Durant les premiers jours de l'occupation, nous n'étions que 694 Français dans une ville de 800000 âmes. Il y avait bien 2000 Anglais, ce qui ne constituait pas une armée considérable. Mais, peu à peu, des renforts nous arrivèrent du Pe Tche-li et de Canton, et notre petite armée se trouva portée à 5 000 hommes, chiffre qui nous permettait de défier toutes les attaques de nos ennemis. A peine débarqués, nous nous occupons de nous installer dans

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