Pour Irad. exacte (sign.) B^" Gaos
Sga ARRIVÉE DES COMMISSAIRES IMPÉRIAUX A TIEN-TSIN
RÉPONSE DU BARON GROS AUX COMMISSAIRES IMPÉRIAUX
4 juin i558.
A LL. EE. Koueï et Houa, Sec, Suc.
Le Soussigné a reçu la dépêche que LL. EE. lui ont fait l'honneur de lui adresser le 3 de ce mois pour lui faire connaître qu'ayant reçu de l'Auguste Empereur leur souverain, l'ordre de venir traiter les affaires avec les Plénipotentiaires des quatre Nations, Elles étaient arrivées à Tien-tsin le 2 «de ce mois et qu'elles désiraient que le 6 à quatre heures du soir une entrevue puisse avoir lieu entre Elles et le Soussigné.
Le Soussigné se rendra avec plaisir à cette entrevue dans laquelle il se bornera à donner connaissance à LL. EE. des pleins pouvoirs dont il est muni, et dont il laissera une copie entre les mains de Leurs Excellences, qui voudront bien, de leur côté, faire connaître au Soussigné les pleins pouvoirs dont ils sont revêtus.
Cette communication importante est adressée. Sec, &c.
PLEINS POUVOIRS DES COMMISSAIRES IMPÉRIAUX, I*"* JUIN l858
Les Ministres du Conseil Privé de la Guerre envoyent secrètement aux Commissaires Impériaux Kouei, Ministre d'État, et HouA, Président du Conseil des Finances, le décret impérial suivant, reçu le 20® jour de la 4® lune de la 8^ année de Hien- Foung (ler juin i858).
Comme plusieurs nations ont déjà fait dès réclamations et que T'an T'ing-siang et ses collègues ont mal conduit les affaires, nous avons spécialement nommé Koueï-liang et Houa Cha-na pour qu'ils se rendent en poste à Tien-tsin, afin d'y délibérer et d'y bien traiter les affaires. Mais, comme par les dépêches écrites par lesdites nations, on voit qu'elles conservent des doutes sur les pouvoirs conférés à Kouei et à Houa, pour résoudre les questions, nous ordonnons à Kouei et à Houa qu'ils préviennent ces nations avec instance et qu'ils leur disent que si les points en question sont raisonnables, et que si Elles veulent sincèrement suspendre la guerre, tout ce qui ne sera pas nuisible à la Chine sera sans aucun doute accordé, et qu'il est inutile qu'Elles conservent à ce sujet, ni crainte, ni soupçon. Kouei et son collègue ayant été spécialement nommés par nous doivent avec zèle veiller
PLEINS POUVOIRS DE Ki-YiNG ET d'i-li-pou SgS
sur l'honneur national, et mûrement examiner tout ce qui peut avoir rapport aux personnes et aux choses.
A l'exception des points qui se rapportent aux rites, nous ordonnons que tous ceux qui pourront dire résolus en vertu des pleins pouvoirs donnés aux Commissaires soient, en raison des circonsUnces, mis k exécution.
Ne perdez pas un moment I
Que le présent décret soit porté à la connaissance des Commissaires Impériaux, et qu'il soit respecté.
Cette copie a été faite avec respect le 34' joilr de la 4' lune de la 8" année de Hien-Foung (5 juin i858) '.
Il est intéressant de comparer ces pouvoirs àceux quîavaient été remis sous l'empereur Tao-Kouang et à Ki-ying et à I-lipou et dont l'original avait été trouvé dans les archives prises à Canton après la capture de Yé :
PLEINS POUVOIRS DE KI-YING ET d'i-LI POU, l842
Attendu que les Barbares ont sollicité trois choses avec instance, nous avons déjà, par un Décret confidentiel, donné l'ordre à Ki-ïihg et à I-li-pou de se concerter k ce sujet et dp chercher le moyen de résoudre la question ; mais comme dans la réponse qu'ils ont faite, les Barbares paraissent croire qiu Ki-ying et 1-li-pou n'ont pas la faculté d'agir selon leur volonti' ÎNous ordonnons h Ki-ving et à l-li-pou de les ramener aiTectueusement à la raison. '
Si véritablement ils veulent abandonner leurs armes, s'iU demandent sincèrement que nous accédions k leurs vœux, ils peuvent se passer de cet exci's de prévoyance inquièle I
C'est un choix tout spécial que nous avons lait en nommant ces Commissaires. Qu'ils veillent avec sollicitude à la dignité lic l'Empire ; qu'ils se montrent bienveillants et indulgents pour les désirs des Barbares et s'il se présente des dilTicultés qui exigent pour les résoudre qu'on agisse avec prudence, qu'ils suivent alors une politique de circontilance i à la distance où ils se trouvent de nous, nous ne voulons pas les restreindre !
Allons, du zèle ^ !
I. Pour trad. «acte (sign.) B"" Ghos, a. Pour Irad. exacte (iign.) B»" Gros.
Lorsque ces instructions avaient été montrées au Commissaire impérial T'an, à l'embouchure du Pei-ho, celui-ci déclara que si Ki-ymg les avait réellement produites, il ne pouvait que les avoir forgées et que c'était ce qui avait motivé sa disgrâce !
Dans les premières entrevues qui eurent lieu entre les Plénipotentiaires et les Commissaires Impériaux, on se borna à l'examen et à la discussion des pleins pouvoirs.
Voici le rapport sur l'entrevue du 4 juin de lord Elgîn et des Commissaires Impériaux :
RAPPORT SUR l'entrevue DE LOiÎd ELGIN ET DES COMMISSAIRES IMPÉRIAUX, 4 JUIN l858.
Après les compliments d'usage, Koueï-liang a engagé la conversation en disant qu*il n'avait pas eu le temps de répondre à la lettre que S. E. lui avait écrite le matin, mais que les Commissaires pouvaient s'entendre maintenant verbalement avec S. S. au sujet de son contenu.
S. S. a fait observer que c'était pour Elle le sujet d'un vif regret qu'aucune réponse n'ait été faite par le premier Ministre Yu aux communications répétées adressées par Elle à ce fonctionnaire, et que les cartes que LL. EE. lui avaient envoyées hier renfermant néanmoins des caractères attestant qu'EUes ont reçu, des pleins pouvoirs, S. S. n'avait fait en conséquence aucune difficulté de se rendre à la présente entrevue.
Koueï-liang a fait remarquer que des pleins pouvoirs, tels que nous avons l'habitude de les formuler ne sont point donnés aux Chinois : mais que pour condescendre à nos désirs, l'Empereur avait inséré le mot Plénipotentiaire, tel que nous l'employons dans le décret qui établissait leurs instructions, et en vertu duquel lui et son collègue étaient autorisés par l'Empereur à accéder à tout ce qui serait possible.
Les pleins pouvoirs de Lord Elgin ont été produits et montrés aux Commissaires. Une traduction leur en a été remise.
Après l'avoir lue, Koueï-liang a fait observer immédiatement que ce n'était point l'usage dans son pays de donner un document spécial de la nature des pleins pouvoirs de S. S. à des fonctionnaires nommés comme lui et son collègue, pour remplir
ENTREVUE DE LORD ELGIN ET DES COMMISSAIRES IMPÉRIAUX SqS
une mission temporaire, et que par la même raison, en tant que ministres Plénipotentiaires ils n'avaient point de sceaux, mais avaient un décret de l'Empereur qui les investissait de leurs présentes fonctions, et ils le produisaient.
Lord Elgin ayant pris connaissance de ce décret a dit qu'il en emporterait une copie, et qu'il laisserait aux Commissaires la traduction de ses pleins pouvoirs : mais que, comme LL. EE. n'étaient point en possession d'un document semblable aux pouvoirs qui lui étaient donnés, et que les pouvoirs conférés par le Décret impérial aux Commissaires paraissaient limités en comparaison des siens, il prendrait le temps de la réflexion pour voir s'ils pouvaient lui permettre d'entrer avec LL. EE. dans la discussion des différentes questions sur lesquelles il avait si souvent adressé des Communications au Gouvernement Impérial, depuis le 1 1 février dernier. i
Lord Elgin a pris ensuite congé des Commissaires Impériaux et leur a annoncé qu'il leur ferait connaître sa réponse.
S. S. s'est levée aussitôt après et les Commissaires, après avoir fait de vains efforts en gestes et en paroles pour la retenir, l'ont accompagnée jusqu'à sa chaise.
(Sig.) Th. Wade.
Lay, Secrétaires-Interprètes pour le Chinois*.
Le 6 juin, à 4 heures, eut lieu l'entrevue du baron Gros avec les Commissaires Impériaux ; une garde d'honneur, sous le commandement du capitaine de frégate Vrignaud, musique en tête, mise par l'amiral Rigault de Genouilly à la disposition de l'ambassadeur, était rangée sur la berge de la rivière, des deux côtés de l'entrée principale du yamen ; devant le tertre où s'élevait la pagode, 2 ou 3oo soldats chinois se trouvaient rangés sans armes.
PROCÈS-VERBAL DE l'eNTREVUE DU BARON GROS ET DES COMMISSAIRES IMPÉRIAUX, 6 JUIN l858
Tien-lsin, 6 juin i858.
...A l'arrivée du Plénipotentiaire de France dans l'édifice