LES COMMISSAIRES CHINOIS A LORD ELGIN 40I
Le comte Poutiatine, qui, par hasard, s'était trouvé présent à la scène faite par Lay aux Chinois, se contenta d'aller en parler au baron Gros confidentiellement en le priant » d'intervenir auprès de lord Elgin pour qu'il voulût bien recommander à son délégué de ne pas employer ainsi des moyens vio lents peu dignes du haut caractère dont les Plénipotentiaires étaient revêtus, ajoutant plus confidentiellement encore qu'il lui serait impossible de prendre part à des négociations qui auraient de la sorte un caractère comminatoire, déployé surtout par un agent de bas étage envers les plus hauts dignitaires de l'Empire^ ». Quanta M. Reed, dont le tact n'était pas la qualité dominante, il crut devoir communiquer officiellement la dépêche chinoise à lord Elgin qui lui répondit d'une manière assez dure.
Quoi qu'il en soit, l'attitude de Lay produisit un salutaire efiet sur les Commissaires Impériaux qui, frappés de terreur, adressèrent la communication suivante à lord Elgin ainsi qu'au baron Gros avec prière à ce dernier d'en accepter toutes les clauses qui seraient relatives à la France, et de procéder immédiatement à la notification du traité. Toutefois, les Chinois n'oublièrent pas la conduite de Lay et elle ne contribua pas peu à sa disgrâce en i863^.
LES COMMISSAIRES CHINOIS A LORD ELGIN, II JUIN l858
KouEi-LiANG, Principal Secrétaire d'Etat, etc.
HouA Gha-na, Président du Conseil des Finances, etc.
EtRi-YiNG, Vice-Président titulaire, Commissaire Impérial, etc. font la communication suivante :
Dans une précédente dépêche, nous avons prié V. E. de nous envoyer un second interprète chinois, M. Lay, pour qu'il examinât avec nous les différentes questions à traiter. Le 5 et le 6 de ce mois, M. Lay est venu les discuter ; et, après de nombreux arguments présentés de part et d'autre, on en est arrivé aux conclusions générales suivantes :