Voir mon. Hist. des Relat, de la Chine, I, p. i
GoKDiER. — Expéd. de Ghine i857-58. 26
I** Quant à l'ouverture au commerce étranger de tous les ports du Yang-tseu-kiang, depuis son embouchure jusqu'à sa source ; quant à la liberté pour les sujets anglais qui seraient munis de passeports de voyager sans obstacle dans l'intérieur de chaque province, selon que les circonstances l'exigeraient ; et quant à l'établissement par le Gouvernement anglais de consuls dans les villes importantes.
3° Quant à la paix qui devra exister entre nous et les membres de la religion anglaise (chrétienne), en tant qu'ils ne feront pas le mal.
3° Quant à l'envoi par le Conseil des Finances d'un haut ou de hauts fonctionnaires pour examiner avec vous ou avec toute autre personne les questions relatives aux modifications à apporter au tarif ou au montant des droits à prélever par la suite par les douanes des ports, et à la réforme des douanes dans les différents ports.
4° Quant aux mesures à prendre en commun pour la suppression (littéralement la saisie), des pirates.
5° Quant à l'emploi de la langue anglaise dans la correspondance officielle, le Gouvernement Anglais faisant accompagner pour le moment l'original d'une traduction en chinois, traduction qui cessera d'être envoyée le jour où les interprètes que le Gouvernement chinois aura désignés pour apprendre à écrire et à parler l'anglais seront capables de remplir leurs fonctions.
Nous sommes autorisés à donner à toutes ces clauses notre .assentiment complet.
Quant à la demande concernant le fleuve et l'intérieur, il y aurait des inconvénients à ce que les étrangers se présentassent dans les provinces qui sont maintenant le siège de l'insurrection. Que les étrangers attendent donc la fin de la guerre pour aller dans ces provinces. Quant aux pays, qui ne sont point occupés par les rebelles, les étrangers pourront s'y rendre, munis de passeports. S. M. l'Empereur préviendra par un décret les Gouverneurs Généraux et les Gouverneurs des Provinces qu'ils aient à inviter les autorités placées sous leurs ordres à faire connaître par des proclamations adressées au peuple qu'il ait à se conformer à cette décision.
Quant aux indemnités que réclame le Gouvernement de V. E. pour les frais de la guerre, pour les maisons incendiées et pour les propriétés détruites, la cité de Canton a été prise d'assaut, Yé a été dégradé pour sa mauvaise administration, et comme cette question ne concerne que la seule province de Kouang-Toung, et
LES COMMISSAIRES CHINOIS A LORD ELGIN 4o3
que les autres provinces y sont complètement étrangères, c'est au Commissaire Impérial de Canton à traiter et à régler cette affaire.
Quant à la résidence permanente du Ministre plénipotentiaire de S. M. B., il n'y a pas à proprement parler d'objection à y faire. Malheureusement une collision a eu lieu avec les vaisseaux de guerre du Gouvernement de V. E., et comme notre dignité pourrait être atteinte par la présence immédiate des Plénipotentiaires dans la capitale, nous pensons que cette visite pourrait être remise à une autre époque. Le Plénipotentiaire de S. M. pourrait habiter Tien-tsin, et une résidence officielle lui serait réservée dans la capitale. Dans le cas où V. E. n'ajouterait pas foi à celte proposition de notre part, nous lui demandons d'envoyer d'avance un ou plusieurs officiers pour faire les arrangements nécessaires (littéralement pour voir et décider). Toutes les fois qu'il le jugera nécessaire, le Plénipotentiaire pourra se rendre à Pe-King, et un grand dignitaire d'un rang égal au sien sera nommé pour traiter les affaires avec lui, soit par correspondance, soit dans des entrevues personnelles. Un agent anglais ayant avec lui des élèves résidera constamment dans l'édifice. Tel est l'arrangement qui nous paraît le meilleur.
Notre Gouvernement ne désirant rien tant que de vivre en bonne intelligence avec celui de V. E., lorsque le traité aura été conclu, S. M. l'Empereur de la Chine nommera un fonctionnaire qui se rendra en Angleterre comme Commissaire Impérial, pour offrir ses compliments, et parler des relations d'amitié qui existent entre nos deux Gouvernements.
Communication nécessaire.
Les sceaux spéciaux n'étant pas encore arrivés, nous employons ici le sceau du Bureau de la Guerre. Il n'y a point, du reste, de différence dans leur valeur.
Nous espérons que V. E. accédera à nos propositions que nous lui faisons ici, et que les divers articles dont nous venons de parler ayant été signés sans perte de temps, les navires de guerre sortiront de la rivière, ce qui rendra parfaites les relations pacifiques entre nos deux Gouvernements, et nous serons très satisfaits.
Adressé au C'^ d'Elgin et Kincardine, le i^"^ jour de la 5® lune de la S^ année, ii juin i858*.
Trad. par M. Wade, secrétaire-interprète.