I. Souvenirs, Baron d'Osten-Sacken, p
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comans des rives de la Caspienne et aux razzias qu'ils faisaient en Perse pour enlever des hommes qu'ils revendaient ensuite comme esclaves aux Khans de l'Asie centrale ; c'est Poutiatine qui établit une station maritime permanente sur l'île Achour Ada dans le golfe d'Astrabad ; après avoir combattu les Turcomans, il introduisit une bonne police parmi ces tribus insoumises ; c'est lui également qui prit l'initiative du service des bateaux à vapeur sur la Caspienne ; naturellement il profita de l'occasion pour faire accorder par le Gouvernement Persan divers avantages aux pêcheurs et aux trafiquants russes sur la côte méridionale de cette mer ; le régime introduit par Poutiatine dans la partie Sud-Est de la Caspienne est resté presque intact jusqu'en 1869, époque à laquelle la Russie a occupé définitivement la côte orientale en s'établissant à Krasnovodsk.
La première mission de Poutiatine au Japon (i 853-55) a eu pour résultat la conclusion du traité de Simoda (7 février i855); c'est pendant cette mission que, pendant un treniT blementde terre, le 11 décembre i85/i, la frégate D/ana fit naufrage dans le port de Simoda; la position de l'Amiral était critique ; il se trouvait sans ressources dans un pays encore assez hostile aux étrangers et à une époque où les vaisseaux ennemis (anglais et français) battaient les mers environnantes : il. courait grand risque d'être fait prisonnier avec ses 467 matelots et 24 officiers ; dans cette situation difficile, Poutiatine conserva son sang-froid ; il construisit un schooner, la Ileda, sur lequel il s'embarqua avec l'élite de son équipage (5 officiers et 42 matelots), parvint à échapper à la poursuite des Anglais et à atteindre l'embouchure du fleuve Amour pour prendre part aux mesures de défenses ; le reste de l'équipage avait été embarqué sur un navire de commerce brémois et fut capturé par les Anglais ; cette expédition valut à Poutiatine le titre de comte.
Nous avons vu (p. 1 68) le début de la mission de Poutiatine en Chine. Pendant son séjour dans ce pays, Poutiatine s'est
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rendu trois fois au Japon et il a conclu deux traités, Tun à Nagasaki (24 octobre 1867), l'autre à Yedo (7 août i858).
La fin de la carrière du comte Poutiatine fut assez triste ; nommé en 1861, ministre de l'Instruction Publique, il ne se montre pas à la hauteur de sa tâche à cette époque de troubles dans presque toutes les Universités de Russie, et il dut quitter son poste au mois de décembre de la même année ; il fut nommé membre du* Conseil de l'Empire ; il est mort à Paris, le 16 octobre i883 \
Le succès du comte Poutiatine avait été précédé d'un autre considérable remporté par Mouraviev en signant à Aïgoun sur l'Amour le 16 mai i858 un traité qui délimitait les territoires russes et chinois dans la région de ce fleuve.
TRAITÉ dVïGOUN, 16 MAI l858
Le grand empire de Russie, et de sa part le Gouverneur général de la Sibérie orientale, Taide de camp général de S. M. l'empereur Alexandre Nicolaïevitch, le lieutenant général Nicolas MouRAViEw, — et le grand empire Ta-Ts'ing. et de sa part Taide de camp général prince I-Ghan, grand de la cour, commandant en chef sur l'Amour^ — voulant établir une éternelle et plus intime amitié entre les deux empires, et dans l'intérêt des sujets respectifs, ont arrêté d'un commun accord :
La rive gauche du fleuve Amour, à partir de la rivière Argoun jusqu'à l'embouchure de l'Amour, appartiendra à l'empire de Russie, et sa rive droite, en aval jusqu'à la rivière Oussouri, appartiendra à l'empire Ïa-Ts'ing; les territoires et endroits situes entre la rivière Oussouri et la mer, comme jusqu'à présent, seront possédés en commun par l'empire Ta-Ts'ing et l'empire de Russie, en attendant que la frontière entre les deux Ëlats y soit réglée. La navigation de l'x^mour, du Soungari et •
I. D'après des renseignements que S. E. M. le Baron Fred. d*Osten- Sacken m'a obligeamment communiqués. ^Â
GoRDfER. — Expéd. de Chine 1857-08. 27
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I-CnAN, Commandant en chef sur l'Amour ; DziRAMiNGA, adjoint du chef de division.
Contre- signé :
J. ScuisGHMAREFF, Secrétaire de gouvernement, interprète attaché au Gouverneur général de la Sibérie orientale ; AïjiNDAï, chef de compagnie.
Ce traité ne fut connu à Chang-Haï qu'au oiois d'août i858; il produisit une émotion profonde que marquait le baron Gros dans la dépêche qu'il écrivait le 26 août au Département pour lui annoncer à la fois la signature du traité d'Aïgoun €t la révolution qui, au Japon, suivit la mort du Shogoun lyesada ; malgré un complot pour lui donner comme successeur Hitotsubashi, le premier ministre (tairo) li Kamon no Kami, fit nommer lyemochi shogoun.
La question de TAmour, tant au point de vue du fait qu'au point de vue diplomatique, avait été ouverte ou mieux soulevée sérieusement pour la première fois par Nicolas Nicolaievitch Mouraviev, Gouverneur général de la Sibérie orientale. A la suite de ses représentations très énergiques, le gouvernement chinois fut invité par une note en date du 16 juin i853 à nommer des Plénipotentiaires pour trancher les questions de frontières pendantes depuis le traité de Nertchinsk*. En i854, l'Empereur Nicolas P**, en autorisant Mouraviev à organiser une première expédition navale sur l'Amour, ajouta ces mots significatifs : « Mais surtout qu'il n'y ait pas la moindre odeur de poudre I » A la même époque, c'est-à-dire le 4 février i854, le gouvernement chinois fut informé que Mouraviev était muni de pleins pouvoirs pour régler les affaires de délimitation ; le i4 avril, le Gouverneur général de la Sibérie orientale faisait^ savoir à Pe-King le prochain départ d'une