NÉGOCIATIONS DE LA FRANGE
Les Plénipotentiaires des quatre Puissances ayant décidé que la discussion relative à la rédaction des articles du Traité aurait lieu, non pas directement entre les Commissaires, mais bien par l'intermédiaire des secrétaires de chacune des missions, l'ouverture des conférences entre Français et Chinois fut fixée, d'un commun accord, tant par correspondance que par les soins des interprètes, au jeudi i5 juin. Les négociations françaises durèrent six séances.
PREMIÈRE SÉANCE, l5 JUIN l858
M. Du Chesne de Bellecourt, premier secrétaire de la mission, accompagné de l'interprète Marques, porteur du projet de traité en 42 articles, auxquels étaient joints, 5 articles séparés et destinés à rester secrets mais devaient avoir même force et vigueur que les articles du traité eux-mêmes, se rendit à la pagode Hai-Kouan où il se rencontra avec le premier secrétaire de la mission chinoise, pi-hen, accompagné de trois attachés rédacteurs.
L'examen des articles du traité et des clauses secrètes amènent des réserves nombreuses de la part de Pi-hen et cette première séance ne peut être regardée que comme une entre vue préparatoire.
DEUXIÈME SÉANCE, l8 JUIN
La pagode étant fort éloignée, sur la demande de M. Du Chesne de Bellecourt, le lieu de cette réunion fut fixé au Kong-Kouap*, à Tien-tsin ; mais notre premier secrétaire étant indisposé et forcé de prendre le lit, il fut remplacé par M. de Contades, second secrétaire.
ce Après avoir échangé quelques compliments, le secrétaire français a fait dire à Pi-hen qu'avant de commencer la discussion des articles du traité, il devait demander compte d'un fait qui avait excité la surprise et le mécontentement de l'Ambassadeur de France. Gomment s'est-il fait, a-t-il ajouté, que la note remise au B°^ Gros par les Commissaires et contenant les concessions que le Gouvernement chinois se montre disposé à faire, soit si peu semblable à celle qui, le 1 1 juin, a été envoyée sur le même sujet à Lord Elgin? Nous savons, a dit le secrétaire français, qu'une première note avait été remise au Commissaire de S. M. Britannique et qu'elle n'avait point été acceptée par lui parce qu'elle ne renfermait pas les clauses qui avaient été verbalement promises. Nous savons aussi que cette première note avait été remplacée par une seconde plus satisfaisante et dont les stipulations avaient été agréées par Lord Elgin qui s'était entendu à ce sujet avec le Baron Gros ^ ».
Pi-hen protesta de ses bonnes intentions, rejeta sur le copiste la faute d'avoir négligé d'envoyer la nouvelle note au baron Gros, promit que l'oubli serait aussitôt réparé et fit toutes ses excuses ; la discussion commença alors sur les articles du traité :
Article I*^ — [Amitié, paix constante, etc.] adopté sans autre observation qu'une demande faite par Pi-hen de retoucher le style de tous les articles nouveaux du traité. Cet acte étant destiné à la publicité, dit-il, il est désirable qu'il soit dans un style plus élégant ; le secrétaire français répondit qu'il