NÉGOCIATIONS DE LA FRANCE
accédait volontiers à ce désir, pourvu que le fond n'eût rien à souflfrir de la forme.
Art. 2. — [Résidence éventuelle à Pe-King.] Adopté sans observation.
Art. 3. — [Communications officielles en français et en chinois.] Adopté sans observation.
Art. 4. — (Lagrené, 33.) — [Correspondances officielles sur le pied d'une parfaite réciprocité.] Adopté sans observation.
Art. 5. (Lagrené, 4.) — [Nomination de Consuls.] Adopté sans observation.
Art. 6. (Nouveau.) — [Ouverture de nouveaux ports.]
« Pi-hcn a. demandé qu'avant l'ouverture du Yang-tseu-kiang au commerce étranger, on attendit la cessation des opérations militaires contre les rebelles de ce pays. Quand ces opérations seront terminées, a dit Pi-hen, on pourra faire une nouvelle convention au sujet de l'ouverture du Yang-tseu-kiang. Le secrétaire français a fait observer que, puisque Ton négociait un traité en ce Aioment, il valait bien mieux régler cette question dès à présent, que le traité actuel consacre donc Touverture du Yangtseu-kiang au commerce et les autorités françaises s'engageront, de leur côté, à ne pas délivrer de passeports pour les lieux où il y aurait des opérations contre les rebelles. Pi-hen s'est rendu à cette observation. Le secrétaire français lui ayant demandé si les Hauts Commissaires accepteraient cette clause, il a répondu qu'il le pensait, mais qu'il devrait la leur soumettre. Le secrétaire chinois a demandé alors si, dans le Yang-tseu-kiang, nos commerçants emploieraient des bateaux et des matelots chinois. Il a dit qu'il craignait que dans ces contrées où les Européens ne sont pas connus et où la rébellion a fait tant de ravages, la présence des étrangers ne fût une occasion de désordre. Il faudrait, a dit Pi-hen, accoutumer peu à peu les habitants aux étrangers et prendre bien des ménagements. Le secrétaire français a répondu qu'il n'y avait aucun doute que les étrangers se serviraient fréquemment de matelots et de bateaux chinois, mais que cela ne saurait les empêcher d'avoir leurs équipages et leurs navires europjéens ; que les intentions des Français étaient des plus pacifiques, qu'ils ne seraient la cause d'aucun trouble et que tous les ménagements seraient pris pour éviter des inquiétudes au Gouvernement chinois.
M. de Gontades a demandé l'ouverture des ports énumérés dans Tart. 6. Le secrétaire chinois a refusé Touverture du port de Tien-tsin, alléguant que les Anglais avaient abandonné cette prétention. Le secrétaire français a refuse de le croire, Tien-tsin étant spécialement désigné par les Commissaires chinois dans leur note à Lord Elgin comme la résidence possible des Ambassadeurs étrangers. Pi-hen a répondu que Tien-tsin était pauvre, et qu'il n'y avait aucun commerce à y faire. M. de Gontades a maintenu la demande de Tien-tsin. Le Secrétaire chinois a fait observer alors qu'au lieu de Tien-tsin, les Anglais avaient accepté le port de Teng-tcheou, dans la province de Ghan-Toung. Il a proposé Kioung-tcheou et Tch'ao-tcheou , dans la province de Kouang-Toung, et a demandé quel était dans le Fou-kien de Ts'iouen-tcheou, Taï-wan ou Tamsoui, celui des trois ports que la France choisirait. M. de Gontades a répondu qu'elle voulait l'ouverture des trois. Pi-hen s'est récrié, a refusé Ts'iouen-tcheou. et a fini par accorder à Taï-wan et Tamsoui dans l'île de Formose (Prov. de Fou-kien). M. de Gontades a fait remarquer au secrétaire chinois les avantages que trouvent ses compatriotes à commercer avec les étrangers. Il lui a fait voir la différence qui existe entre les villes ouvertes au commerce de l'Occident, et celles qui lui sont fermées. La richesse de la Ghine y gagne visiblement. Pi-hen a répondu que la présence des étrangers amènerait des troubles. Le secrétaire français a demandé Tch'a-p'ou. Pi-hen a refusé. L'Empereur, dit-il, ne veut accorder que deux ports. M. de Gontades a insisté, disant que Tch'a-p'ou a été le premier port qui nous ait été offert. Il maintient sa demande, au nom de l'Ambassadeur français. Pi-hen a promis d'en référer aux Commissaires. Gomme il ne prenait aucune note, M. de Gontades l'a prié de le faire, de peur d'oubli. Le secrétaire français a demandé Nan-King, disant que l'on ne délivrerait de passeports pour cette ville que quand elle aurait cessé d'être occupée par les rebelles, mais qu'il désirait que le Traité en consacrât l'ouverture. Le secrétaire chinois y a consenti, mais sous référence. M. de Gontades s'est plaint de cette nécessité de s'en référer à chaque instant aux Commissaires. Gela occasionne une grande perte de temps, a-t-il ajouté. Le Secrétaire français a demandé Han-yang, dans le Hou-Pé. Pi-hen a refusé. M. de Gontades a maintenu la demande de l'Ambassadeur. Pi-hen a demandé, à propos de Nan-King, que l'on s'engageât à n'y venir, dans le début, qu'avec des bateaux chinois. M. de Gontades a répondu que cela était difficile, et que nous ne pouvions pas con-