‹ L'expédition de Chine de 1857-58: histoire diplomatique, notes et documentsChapitre 269 sur 285 · TROISIÈME SÉANCE · texte numérisé non relu

TROISIÈME SÉANCE

L'Art. 7 fut adopté.

L'Art. 8 relatifaux passeports fut l'objet d'une longue discussion et la solution fut remise à la séance suivante.

L'Art. 9 à la demande et à I4 grande satisfaction des Chinois fut abandonné.

Art. i3. « Pi-hen a demandé si par liberté de conscience la France entendait parler de toutes les religions. Le Secrétaire français a répondu qu'en France, par liberté de conscience, on entendait en effet la liberté de tous les cultes en général ; que c'était un des grands principes en vigueur en Europe ; mais que dans les circonstances actuelles le Gouvernement chinois devait savoir que la préoccupation du Gouvernement français portait uniquement sur la liberté du culte chrétien qui avait été persécuté en Chine ; que si la France tolérait toutes les religions. Elle avait le droit de demander que la sienne ne fût pas proscrite. Pi-hen a trouvé que cela était juste, mais qu'en Chinois le mot liberté de conscience signifiait liberté pour tous les cultes possibles. M. de Contades a offert alors de supprimer le mot liberté de conscience et d'établir plus nettement qu'il s'agissait de la religion chrétienne, en proposant cette rédaction : « Aucune entrave ne sera apportée par les autorités chinoises vis-à-vis de leurs concitoyens, au droit qu'ils auront d'embrasser, s'ils le veulent, le Christianisme et d'en suivre, etc., etc. Le Secrétaire chinois a accepté l'article ainsi conçu, mais il a demandé encore d'insérer dans cet article une clause qui permît un recours contre les missionnaires qui se conduiraient mal ou contre ceux qui se diraient faussement missionnaires. M. de Contades a rejeté cette proposition, disant que toute allusion de cette nature était injurieuse pour les missionnaires : qu'elle tendait à jeter sur eux une déconsidération imméritée ; que les missionnaires étaient des gens de bien, ministres d'une religion qui enseignait le respect des lois et la pratique de toutes les vertus ; que c'était autoriser des abus dont il y avait de tristes exemples à citer que d'admettre ces soupçons injurieux et ces dangereuses restrictions. Pi-hen s'est rendu, non sans difficultés, à cette observation. Passant ensuite au rappel des édits impériaux contre le Chistianisme, Pihen a eu avec l'interprète français, M. Marques, une longue consultation sur le choix du caractère à employer pour exprimer, sans choquer les rites, l'abolition des Édits impériaux de proscription. Pi-hen a proposé cette rédaction : « Tous les règlements

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et lois précédemment rendus contre le Christianisme seront complètement abolis. Le secrétaire français a refusé cette rédaction, disant que l'Ambassadeur tenait à ce qu'il fût bien établi que les Ëdits impériaux de proscription étaient abolis et que la rédaction proposée laissait subsister des doutes dont pourraient s'emparer les magistrats mal disposés envers le Christianisme. Sans rien arrêter encore sur ce sujet, on a passé aux articles suivants.

Pour I'Art. Ixo. Pi-hen obtient que la revision du traité ne puisse avoir lieu que dans 12 ans.

Puis les articles séparés entrèrent en discussion.

QUATRIÈME SÉANCE, 20 JUIN l858

Sauf les articles 6, 7, 8, i3, 4o et les 6 articles séparés, réservés pour la discussion, tous les autres paraissaient' définitivement acceptés, sauf quelques corrections à faire dans le style.

L'Art. 6 fut adopté avec l'addition d'un paragraphe final relatif à Nan-King ; I'Art. 7 fut adopté sans discussion ; la discussion de I'Art. 8 relatif aux passeports ne fut pas encore terminée, malgré de longs débats :

La discussion relative à I'Art. i3 mérite d'être reproduite :

« M. de Gontades a dit à Pi-hen qu'il avait pour instructions de demander l'abolition des anciens Ëdits impériaux contre le Christianisme. Les Secrétaires chinois, sans dissimuler combien une pareille proposition les scandalisait, ont demandé comment on pouvait oser parler de l'abolition d'un décret impérial. Le Secrétaire français a répondu que c'était parce que le Gouvernement Impérial avait osé proscrire le Christianisme. Pi-hen mécontent a répondu en citant l'édit de Tao-kouang qui accordait, a-t-il dit, au Christianisme toutes les libertés possibles. Le Secrétaire français a répliqué que cet édit était loin d'avoir produit des résultats satisfaisants ; qu'il contenait, à la fin, certaines restrictions défavorables à la religion chrétienne et que ces restrictions avaient été la cause de trop d'abus. Pi-hen a répondu avec beaucoup de vivacité qu'il n'y avait pas, dans tout

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