Pour trad. exacte, sig. 3°° Gr
LE BARON GROS AUX COMMISSAIRES IMPERIAUX
Tien-tsin, le 5 juillet i858.
A KouEï LiANG, etc., etc., etc., Houa Cha-na, etc., etc., etc.
Le Soussigné, &c., &c.. Sec, a reçu la communication que LL. EE. les nobles Commissaires Impériaux lui ont fait Thonneur de lui adresser pour lui transmettre une copie du décret par lequel l'Auguste Empereur approuve les traités, après enavoir pris connaissance.
Le Soussigné s'empresse d'annoncer à LL. EE. que rien ne le retenant maintenant à Tien-tsin, il va le quitter avec les bâtiments et les troupes de sa nation pour retourner à Chang-Haï et dans la rivière de Canton.
Le Soussigné en prenant congé des nobles Commissaires Impériaux se félicite d'avoir eu à négocier avec des hauts dignitaires aussi éclairés et aussi bienveillants que LL. EE. et il en conservera toujours un heureux souvenir.
Les ordres les plus précis vont être donnés pour que tout ce qui a été fourni pour le service des Français soit scrupuleusement payé, la navigation des jonques dans la rivière pourra reprendre immcdialeinont, et le Soussigné ne doute pas qu'une ère nouvelle de paix et de prospérité ne s'ouvre bientôt pour la Chine.
C'est le vœu bien sincère que forme le Soussigné et qu'il adresse aux nobles Commissaires Impériaux au moment de son départ.
Sig. : Baron Gros.
Pendant que les négociations se poursuivaient à Tien-tsin, Tétat des choses à Canton laissait singulièrement à désirer : le gouvernement chinois avait donné secrètement des ordres pour qu'une forte diversion ait lieu dans le Sud, afin que les Alliés fussent amenés à porter du secours là où le danger pouvait se produire. En conséquence, le vice-roi des Deux Kouang, successeur de Yé, fit afficher une proclamation insultante pour les Étrangers. Le baron Gros protesta auprès des Commissaires Impériaux :
* LE BARON GROS AUX COMMISSAIRES IMPÉRIAUX 46 1
LE BARON GROS AUX COMMISSAIRES IMPERIAUX
AU SUJET DE l'État de choses a canton
Tien-tsin, 5 juillet i858.
A Koueï Liang, &c., &c.
Le Soussigné, &:c., &c., croit devoir porter à la connaissance des nobles Commissaires Impériaux pour qu'ils veuillent bien le transmettre au pied du Trône un fait dont la haute gravité n'échappera pas sûrement à leur pénétration.
Des rapports venus de Canton font connaître au Soussigné que le Vice-Roi gouverneur général des Deux Rouang a fait paraître et afficher dans les murs de Canton et dans les villages des environs une proclamation injurieuse pour les Alliés qui occupent la ville, mensongère dans les faits qu'elle rapporte, insolente pour les Gouvernements de France et d'Angleterre et ce qui est plus grave encore, appelant les populations de la Province et de la Ville à prendre les armes pour anéantir les soldats étrangers !
Au même instant où cette proclamation était affichée, des actes hostiles contre de pauvres soldats isolés avaient lieu avec une cruauté et une lâcheté qui déshonorent le Pays où ils peuvent se commettre.
Le Vice-Roi a été envoyé à Canton comme un messager de paix et s'il est l'auteur de cette proclamation si dangereuse pour lui et pour les populations ignorantes qu'il peut ainsi entraîner à leur ruine, c'est qu'il doit avoir perdu la raison ou que ses ennemis lui donnent des conseils pour chercher à le perdre ! Aucune tentative pour faire sortir les Alliés de Canton avant qu'ils ne le veulent ne saurait réussir, elle serait fatale à ceux qui seraient assez insensés pour l'essayer.
L'occupation de Canton est toute amicale, l'ordre y a été maintenu, pas un taël de contribution n'y a été imposé à personne, pas un seul de ses habitants n'a été maltraité, cet état de choses doit continuer encore jusqu'au moment où les traités fidèlement exécutés permettraient aux Alliés de remettre Canton entre les mains des Autorités Impériales ; mais si des actes semblables à celui que le Soussigné dénonce à l'indignation des nobles Commissaires venaient à se renouveler, ils appelleraient sur leurs auteurs une terrible responsabilité !
Le Soussigné ne doute pas que LL. EE. ne prennent les me-
sures nécessaires pour prévenir de nouveaux malheurs soit que le Gouverneur général soit vraiment coupable, soit qu'on ait abusé de son nom et de son sceau pour commettre un acte aussi dangereux pour la Chine que celui dont il s'agit.
Le Soussigné fait avec confiance cette communication à LL. EE.
(Sig.) B°" Gros.
Enfin dans un but facile à comprendre, le baron Gros rédigeait le protocole suivant :
PROJET DE protocole
Tien-tsin, le juin i858.
Les Traités de Tien-tsin entre la Chine, la France, les États- Unis d'Amérique, la Grande Bretagne et la Russie, venant d'être signés et le résultat qu'ils doivent amener soit directement, soit par référence, étant inévitablement l'ouverture de l'Empire Chinois aux Nations de l'Occident, la pensée des quatre Plénipotentiaires qui les ont signés, s'est portée naturellement sur le danger qui pourrait résulter, pour les populations si douces et si craintives du Céleste Empire, d'un nouvel état de choses qui pourrait faciliter à de hardis aventuriers la mise à exécution d'entreprises ou d'excès de tout genre qu'il est de l'honneur comme de l'intérêt des quatre Puissances occidentales de prévenir par tous les moyens dont Elles peuvent disposer.
Il est donc du devoir des quatre Puissances de garantir la Chine contre sa propre faiblesse et après avoir mûrement réfléchi au meilleur mo^cn à employer pour obtenir un tel résultat, les quatre Plénipotentiaires ont cru le trouver dans une forte organisation à donner aux établissements consulaires des quatre Puissances en Chine, établissements dont les fonctions, appuyées de pouvoirs étendus, consisteraient peut-être principalement à protéger les timides et craintives populations de la Chine contre les exactions des aventuriers de tous les pays qui voudraient abuser des larges concessions que les Traités accordent aux quatre nations intéressées.
Un bon système de passeports identiques à ceux qui sont établis en Europe devrait être adopté par les Agents diplomatiques et consulaires des quatre Puissances en Chine.
La durée des passeports à délivrer devrait être limitée à six