PLAN D*ACT10N
vait — il est vrai que c'était à son consul, et non au viceroi de Canton — quel' Arrow n'avait aucun droit de hisser le pavillon anglais. La mauvaise foi du Plénipotentiaire est évidente ; les motifs ne manquaient pas pour légitimer une querelle avec la Chine ; il eût été habile de chercher un meilleur prétexte que celui de la saisie de V Arrow,
PLAN d'action
Les instructions données au commodore EUiot ne lui permettant que de saisir une jonque impériale et, d'autre part, Parkes ayant reçu l'ordre de ne faire aucune menace spéciale, ce dernier se rendit à Hong-Kong le matin du 20 octobre pour se concerter avec le Plénipotentiaire, Sir John Bowring, et l'amiral. Sir Michael Seymour. Parkes considérait qu'il était de première importance que le Commissaire impérial fût obligé d'accorder les demandes qui lui avaient été faites, c'est-à-dire que Son Excellence observe les termes de l'article IX du Traité supplémentaire, qu'il offre des excuses pour la violation qui en avait été faite dans le cas présent, qu'il donne l'assurance que le pavillon britannique serait respecté à l'avenir et qu'aucune agression semblable ne serait de nouveau répétée ; il disait que, moins dans le but de châtier l'insolence du Commissaire Impérial que dans celui de protéger les intérêts britanniques et d'éviter qu'une atteinte irréparable ne fût portée au prestige anglais, il était nécessaire d'avoir recours à des représailles et d'agir avec vigueur ; la saisie de la jonque n'ayant produit aucun effet, il devenait indispensable d'attaquer les forts entre Wham-poa et Canton et en premier lieu les a Barrier Forts » parce qu'ils étaient isolés, et qu'on ne courrait pas le risque d'endommager les maisons voisines. En conséquence, Parkes reçut l'ordre de retourner immédiatement à Canton et de donnervingtquatre heures au Commissaire Impérial pour accorder les demandes qui lui avaient été faites, s'il ne voulait pas que
de nouvelles mesures de rigueur fussent prises contre lui. Parkes communiqua aux vice-consuls de France et des Etats- Unis sa nouvelle dépêche à Yé ; d'ailleurs le commandant du navire de guerre américain, le capitaine Foote avait débarqué un détachement de soldats et de marins pour protéger les intérêts américains. En même temps, le consul anglais faisait passer une circulaire dans la colonie anglaise et étrangère de Canton pour lui faire connaître la lettre qu'il adressait au Commissaire Impérial (21 octobre, 6 heures du soir).
L'amiral anglais avait quitté Hong-Kong, sur le Calcutta^. le 21 à la pointe du jour.
Le 22 octobre, à 9 heures et demie du matin, Yé répondait à la communication de Parkes du i5, offrant de rendre dix hommes de Y Arrow, déclarant d'ailleurs que cette lortcha, au moment de l'arrestation de l'équipage, n'avait aucun pavillon étranger et que nul étranger ne se trouvait à bord. Parkes répondit que tous les hommes devaient lui être renvoyés. Un peu avant midi, les douze hommes lui étaient présentés, mais sans être accompagnés d'un fonctionnaire de rang suffisant* et sans lettre d'excuses ainsi que Parkes l'avait demandé dans sa lettre du 8. Dans ces conditions, le consul refusa de recevoir les prisonniers que l'envoyé de Yé ramena avec lui.
A 5 heures du soir, Parkes rappelait à Yé que l'ultimatum expirait à 6 heures; aucune réponse n'étant arrivée à 7 heures, le consul se référant à sa circulaire de la veille au soir, par un nouvel avis prévenait la colonie anglaise et étrangère, avec regret, que le Commissaire Impérial n'ayant pas encore accédé aux demandes qui lui avaient été présentées, le devoir d'exiger la satisfaction réclamée incomberait par suite à partir de ce moment aux officiers de la marine de Sa Majesté.
I. Ils étaient accompagnés par le second magistrat de Nan-haï. — Canton est divisé en deux arrondissements : Nan-haï ou, en cantonais, Nam-hoi^ à TOuest, et P*an-yu ou Poun-yu^ à l'Est.