NEUTRALITÉ DE LA FRAISCE
Le jour même de la prise des forts de la Barrière, le viceconsul de France à Canton, M. F. Bovet, adressait au Viceroi la dépêche suivante établissant la neutralité de notre pavillon au début des hostilités et rappelant les clauses du traité de Wham-poa en faveur de nos nationaux :
Canton, le a 3 octobre i856.
M. le Commissaire Impérial,
Le Consul anglais en cette résidence vient de me faire connaître officiellement qu'à la suite du différend qui a surgi entre V. E. et les Autorités britanniques, il y a lieu de craindre des .hostilités immédiates entre les forces respectives des deux pays.
56 l'affaire de l* « arrow »
Il est, en conséquence, de mon devoir de vous représenter. Noble Commissaire Impérial, que celte affaire ne concerne nullement le Gouvernement de S. M. l'Empereur des Français ; Et, en me référant aux art. i, 3, 26 et Sa du Traité, j'ai l'honneur de requérir, par la présente, la protection de V. E., au cas de toute attaque qui pourrait avoir lieu de la part des Chinois contre les factoreries ou ailleurs, pour les sujets français ainsi que pour tous ceux que le pavillon de France protège.
Je m'empresse donc de prier V. E. de vouloir bien aviser à ce que, eu égard aux stipulations précitées, le pavillon de France, ainsi que les personnes et les propriétés desdits sujets français soient partout soigneusement respectées et que ces derniers jouissent d'une protection qui les mette à l'abri de toute insulte ou tout dommage.
J'ai l'honneur d'être, etc., etc., etc.
(Sig.) F. BovET.
Le vice- consul de France invitait, en même temps, les sujets suisses, nos protégés, ainsi que les missionnaires, à se réfugier au moindre péril au consulat protégé par 18 hommes envoyés gracieusement par le commandant de la corvette américaine Portsmouth, A. H. Foote.
D'autre part, il était utile que notre chargé d'affaires, tout en gardant la neutralité, fît comprendre au vice-roi, que les sympathies françaises étaient acquises à la cause anglaise. La démarche était délicate ; Yé offrit lui-même l'occasion de la tenter par les deux déclarations suivantes adressées à M. Bovet dans lesquelles il se déclarait impuissant à faire respecter les clauses du traité et rejetait sur les Anglais la responsabilité des événements.