‹ L'expédition de Chine de 1857-58: histoire diplomatique, notes et documentsChapitre 35 sur 285 · TÉ A M. BOVET · texte numérisé non relu

TÉ A M. BOVET

Canton, le a4 octobre i856.

Le a 6 de ce mois, j'ai reçu votre lettre dont j'ai pris connaissance. Vous dites que les Anglais ne sont pas d'accord avec

nous et que déjà la guerre est commencée. Vous me demandez protection pour tous les sujets français et leurs propriétés : je connais tout.

Je sais que des citoyens de votre honorable royaume se trouvent ici pour le commerce, vous êtes avec nous en paix. Seulement les Anglais, bien que nous leur ayons rendu, le ai, les 13 malfaiteurs que nous avions arrêtés le 10, ont tiré le canon sans motif le a5 et le 36 ; ils ont bombardé les forts, blessé et tué beaucoup de soldats. Moi, grand Envoyé de l'Empereur, étant depuis longtemps en paix avec les Anglais, je n'ai résisté en aucune manière ; pas un seul soldat n'a riposté au feu.

Je pense que le consul anglais voudra faire des violences et je crains que le peuple ne s'irrite de pareille conduite et ne se porte à des exlrémités. Moi-même je ne pourrai le contenir.

Dans cette affaire pour qui est le droit? Toutes les nations savent de quel côté il se trouve et peuvent le dire ; mais assurément ceux qui sont la cause de tout ce désordre n'ont pas la raison pour eux.

Vous me demandez de vous proléger ; je ferai tout ce qui dépendra de moi. Cependant j'ai entendu dire que les .\nglais avaient à bord de leurs navires grands et petits des matelots chinois qui, à Hong-Kong, étaient de mauvais sujets. Et je crains que ces misérables ne se joignent avec leurs semblables venant de toutes parts pour piller et alors je me trouverais impuissant. 11 est mieux de vous entendre avec le Consul anglais ; c'est son affaire ; puisque, sans raison légitime, il agit de la sorte ; cela ne me regarde pas.

Cependant, s'il y avait à Canton des malfaiteurs, l es mandarins et leurs soldats feraient tous leurs efforts pour vous protéger contre eux. J'y veillerai avec vous, je vous l'écris pour que vous le sachiez.

Le a6' jour de la 9' lune de la 6° année de Hien-Foung (a4 cet. i856).

YB A H. BOVET

CantoD, le 37 octobre 1806.

Ayant reçu le a6 de la lune courante (le a/i octobre) votre Exposé, dans lequel vous me demandiez protection pour le peuple de votre noble nation, aussi bien que pour leurs per-

sonnes et leurs propriétés, moi le haut fonctionnaire, je vous ai clairement répondu, comme il est constaté par les Archives.

Bien que le Consul anglais Parkes ait détruit nos forts, blessé nos soldats et plusieurs personnes du peuple, moi le haut fonctionnaire, attendu la bonne intelligence qui règne depuis nombre d'années entre la nation anglaise et moi, je me suis abstenu d'engager la lutte avec lui. Mais à présent, ledit Consul ayant recommencé l'action et fait tirer de nouveau sur la ville de Canton, ses procédés ont soulevé le peuple, un conflit aura lieu certainement et la force décidera.

Me trouvant ainsi dans la nécessité d'y recourir et craignant de ne pas avoir à ma disposition les moyens de vous protéger, j'e m'empresse de vous prévenir que, s'il vous arrive quelque dommage, c'est au consul anglais Parkes qu'il faudra vous adresser pour demander réparation.

C'est là le but de la présente déclaration.

La déclaration ci-dessus est adressée à M. Bovet, Vice-Consul de France.

Le 29 de la 9** lune de la 6*" année de Hien-Foung (le 27 oct. i856)».

Une communication semblable fut adressée au consul américain, O.-H. Perry.

M. de Courcy s'empressa de protester contre cette manière de voir et déclara à Yé qu'il ferait peser sur le Gouvernement chinois toute la responsabilité de ce qui pourrait arriver.

LE CHARGÉ d'aFFAIRES DE FRANCE AU VICE-ROI DE CANTON

Macao, le 26 octobre i856.

M. le Commissaire Impérial,

M. le Vice-Consul de S. M. Impériale à Canton vient de m'adresser un rapport pour me rendre compte des graves événements dont la capitale des deux Kouang est en ce moment le théâtre et il m'a transmis en même temps des copies de la correspondance à laquelle ils ont donné lieu entre V. E. et lui.

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