LE VICE-ROI DE CANTON AU CHARGÉ D* AFFAIRES DE FRANCE
Les passages suivants de la réponse que V. E. a faite à la communication de M. Bovet ont particulièrement fixé mon attention. « Dans cette affaire, écrivez- vous à M. le Vice-Consul de « S. M. Impériale, pour qui est le droit? Toutes les nations sacc vent de quel côté il se trouve et peuvent le dire, mais assuréce ment ceux qui sont la cause de tout ce désordre n'ont pas la « raison pour eux » ; et vous ajoutez plus loin : oc Je pourrais a me trouver impuissant pour contenir ce peuple. Il est mieux « de vous entendre avec le Consul anglais. C'est son affaire, ce puisque sans raison légitime, il agit de la sorte. »
II ne m'appartient pas. Noble Commissaire Impérial, de me faire auprès de vous l'interprète des sentiments qui animent tous les représentants des puissances étrangères ; mais, en ce qui me concerne, V. E. me permettra de ne pas partager l'opinion qu'Elle exprime à M. le Vice-Consul de France sur l'origine du conflit qui vient d'éclater.
J'espère, d'ailleurs, que vous aurez pris des mesures afin deprotéger ceux de mes nationaux qui résident à Canton contre les violences de la populace chinoise. V. E. n'a pas oublié, sans; doute, que dans le cas où ils auraient à souffrir de ces violences, l'art. XXVI de notre Traité en rendrait son Gouvernement responsable.
Je renouvelle, etc., etc., etc.
(Sig.) : C*® René de Courcy.
Ce ne fut que le 3 novembre que notre chargé d'affaires reçut la réponse suivante ; la situation ne s'était d'ailleurs pas améliorée :
LE VICE-ROI DE CAÎÎTON AU CHARGÉ d' AFFAIRES DE FRANCE
GantoD, le 3 novembre i856.
J'ai reçu le 6 de la lo® lune (le 3 nov.) une dépêche de V. E. et j'ai pris connaissance de son contenu.
11 est de fait que les soldats de notre Empire ont arrêté sur une Lortcha quelques criminels chinois et qu'ensuite les Anglais sous le prétexte que nous avions déchiré leur pavillon, ont brûlé les forts et ont tiré sur la ville de Canton. Alors le Vice-Consul de Votre noble nation (Bovet), m'a adressé un exposé pour me demander protection, et je lui ai répondu le 26 de la 9^ lune.
\i^ ili^iuVho (|U0 je reçois en ce moment de Y. E. me fait conli^|((«0 \i\\^ Imlit Vice-Consul vous a adressé un rapport à ce sujet.
i Hmui i^ U\ protection dont vous me faites mention dans votre Ut^juVht^i jo tua suis expliqué clairement en ce qui la concerne \\i\\\* lu (liVUration que j*ai adressée le 39 de la lune dernière k\\\\\\\ Vit^t^-lionaul, et vous pourrez vous en convaincre si vous \«i\l)t^4 MtM) prondrc connaissance de ce document. Nos deux Emu(lo« mmU depuis longues années dans des rapports de bonne IuIoIIÎH^MUH^ ot d'amitié; il est donc de mon devoir d'agir confornuMnohl nu Truite. Mais à présent, comme le peuple de Canton ilii i^^\\\{ pnM MO Houmettre aux exigences des Anglais ; comme HOtu uttUM (rouxons au moment où la force va décider, je crains iitril \\^ tM)U(4 Hoitdillicile de prêter toute Tattention qu'il faut «voir ïMïVtM'» h'i* négociants et le peuple de votre noble nation. Aini*i» il nio mmiiIjIo mieux qu'ils changent de résidence le plus liM no^i^il)!^! iiliiHprils ne viennent pas à souffrir. Les Anglais ont l'iûl anpol h lu violence : ils sont la cause de tout ce qui se nnwn ; 00 w»nl «hix (pii ont attiré sur les sujets de Votre Noble Kninit't^ Iii^ r^niburruH ot ces craintes: mais ce n'est pas moi qui ne v(MU \m loi* pml(''giT.
J'flnroMO on coiiNéipionce cette réponse à Y. E. en lui souhaitant U)\\[on \vn pnwpérités.
(IVrI là lo but (l« lu présente communication.
Lu réponso ci-(lt»MtiH est adressée à M. le Comte de Courcy,
ftr.. etc.
Le de la 10 Inno de la G** annéie de Hien Foung*.
DKCLAIUTION OFFICIELLE DE LA I^UPTURE
Ij* 2:1 octobre, Sir John Bowring avertit ofEciellement l^^;;r^ chargé d'affaires, de la rupture avec le Commissaire mifi'riiiK i>ar la lettre suivante:
SIR JOHN nOWRlNG A M. DE COURCT
Superintendency of Trade HoDg-Kong, 2 ad October i856.
»xov ^►>* \hc honor to advise you thatan undoubted breach ^»*«- M(C ^vmConno (sig.) J.-M. Marques.
M. DE COURCY A SIR JOHN BOWRING 6l
of Treaty has been committed by the Ghinese Aulhorities at Canton ; — a vessel bearîng the British Flag havîng been boarded — the flag lowered and her crew carried away by force without the intervention, and in spite of the remonstrances of the British Consul ; and I hâve, in conséquence, demanded from the Impérial Commissioner réparation for the outrage and an engagement that it shall not be repeated.
Having received no satisfactory communication from H. E. Yeh, H. B. M*s Naval Commander in chief has left Hongkong with a sufiicient naval force to give effect to those reprisais which the case demands, should the Impérial Commissioner persist in his refusai to comply with the requirements of Treaties.
I think it due to the union of purpose and action, the préservation of which, I bave sincerely at heart, to advise you of what is taking place.
I hâve, etc., etc.
(Sig.): John Bowring.
M. de Courcy envoya à Canton le comte Kleczkowski, non-seulement pour qu'il prît de concert avec notre viceconsul toutes les mesures que réclamerait la prudence et pour qu'il le tînt au courant des événements, mais encore afin qu'il exprimât, en son nom, à l'amiral Seymour et à Parkes les vœux qu'il formait pour le succès de leur entreprise, afin que sa présence à bord des bâtiments et dans les postes anglais fût un témoignage manifeste de la sincérité de ces vœux et prêtât ainsi à nos alliés l'appui moral de la Légation de France.
Notre chargé d'aflaires répondit le 28 octobre à la dépêche officielle de Sir John Bowring :